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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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riLOTIS.

PILOTIS.

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que l’échappement de la vapeur peut avoir lieu dansl’air extérieur.

Les ouvertures pratiquées à la partie supérieure ducylindre (fig. 3679) servent à laisser sortir l'air lors-que le piston remonte, et à le laisser rentrer lorsqu’ildescend. La capacité fermée de toutes parts, ménagéeau-dessus de ces ouvertures, forme un matelas d’airqui empêche le piston de venir, en vertu de sa vitesseacquise, frapper le fond supérieur du cylindre.

Le tiroir et le mécanisme de distribution appliqués àce genre de machine à vapeur présentent des disposi-tions spéciales utiles à signaler.

Le tiroir (fig. 3679) est fixé, d’une part, à sa tigede mouvement, qui traverse la boîte à étoupes dela partie inférieure de la chambre de distribution, et,d’autre part, à la tige d’une espèce de piston plongeurglissant dans la boîte à étoupes placée à la partie supé-rieure do cette meme chambre de distribution.

La pression de la vapeur, en agissant sur ce piston,tend constamment aie soulever et à ramener le tiroirdans la position opposée à celle que représente lafigure, c'est-à-dire dans la position où le tiroir laitcommuniquer le cylindre avec la chaudière, et non pasavec le tuyau d’échappement.

Le tiroir est donc ainsi constamment sollicité de basen haut, comme il le serait par un ressort puissant; lemécanisme de distribution n’a d’autre fonction que defaire agir ou de supprimer l’action de cette force entemps opportun ; à cet effet, le corps du moutonen remontant, avant d’arriver à la limite supérieurede sa course, rencontre le levier coudé dont la grandebranche est figurée en lignes ponctuées dans le hautdelà boîte en tôle (fig. 3679), et dont la petite branches’engage dans l’œil de la tige directrice du tiroir. Lagrande branche de ce levier, ainsi poussée de bas enhaut, produit naturellement sur l’extrémité de la petitebranche un mouvement do haut en bas qui amendetiroir dans la position indiquée par la figure. Pendantce mouvement, un doigt porté par le mécanisme quel’on voit au bas de la boite en tôle, près de la tetc dumouton, et constamment poussé par un ressort qui lepresse contre la tige directrice du tiroir, vient s’appuyercontre un talon venu de forge sur cette tige. Ce doigt outaquet s’oppose au relèvement de la tige du tiroir et dutiroir lui-même; de sorte que l’échappement de la va-peur a lieu aussi longtemps qu’un nouvel effort ne vientpas enlever le doigt delà position qu’il a prise au momentde l’abaissement du tiroir par l’action du premier levierdont on a parlé.

Mais aussitôt que la communication du cylindre avecl’ouverture d’échappement a été établie comme on vientde le dire, le mouton retombe par son propre poids enentraînant le piston avec lui. Dans sa chute , il presse,par un levier logé dans l’intérieur de sa masse, sur legrand côté d’une espèce de parallélogramme faisantsaillie dans l'intérieur de la caisse en tôle, et qui portele doigt qui retenait la tige directrice du tiroir dont ona déjà parlé. Cette pression, on plutôt ce choc, produitréchappement du doigt ou taquet de retenue; le tiroirse trouve libre alors d’obéir à la pression de la vapeurqui tend à le relever, la lumière d’échappement devapeur se trouve fermée et celle d’introduction ouvertede nouveau. Le pj^ton remonte en soutenant le mou-ton, et la succession de mouvements que l’on vient dedécrire peut se produire de nouveau.

Si, par une cause accidentelle, le mécanisme de dé-clanchement du doigt d’arrêt ne fonctionne pas aumoment de la chute du tiroir, il suffit, pour produire lemême effet, de tirer une corde ou une chaîne attachéeau levier de ce mécanisme.

L’exti'émité inférieure de la tige directrice du tiroirporte un piston engagé dans une capacité alésée, dont1 air fait matelas pour amortir les chocs qui résulte-

raient dans le mécanisme du mouvement rapide d’as-cension du tiroir, lorsque la vapeur agit tout à couppour le faire remonter.

Voici les dimensions principales du mouton à vapeuret de la chaudière qui met en jeu toutes les parties du

mécanisme >

Longueur du foyer. 0 m ,685

Largeur du foyer. 0 ni ,835

Hauteur de la boîte à feu au milieu du

dôme.. 1 *w,060

Hauteur de la boîte à feu sur les côtés. . . 0 m ,900

Nombre des tubes. 43

Diamètre intérieur des tubes. 0 m ,040

Diamètre extérieur des tubes . .0 m ,018

Surface intérieure des 45 tubes.I5 œ, b7691

Surface de chauffe directe. 3 ra, i,653S

Surface de chauffe réduite. 8 n ' < i,9102

Surface de chauffe totale.19 m 'i,4~29

Surface de la grille.. 0 ra i,572

Longueur des tubes.2 m ,790

Diamètre intérieur de la partie cylindrique

de la chaudière. 0 m ,700

Diamètre extérieur de la partie cylindrique

de la chaudière.0 m , 726

Diamètre intérieur de la cheminée. 0 m , 32

Hauteur de la cheminée au-dessus de la

boîte à fumée. 2 m , 90

Hauteur de la cheminée au-dessus de la

grille... 4 m ,33

Capacité de la chaudière, espace occupé par

l’eau et la vapeur.2 mc ,220

Capacité de la bâche. 0 œc ,7*10

Section de la lumière du cylindre du pi-lon.0 m ,1u0x 0 m ,032

Diamètre du piston.0 ,n ,354

Course du piston ou volée du mouton , . . 0 m ,82

Poids du mouton seul.4,150 kil.

Poids du piston et de sa tige. 350 kil.

Poids de la caisse du mouton , du cylindreet de toutes les pièces qui composent lo

pilon proprement dit. 4,000 kil.

Tension de la vapeur employée . . . 3 atm. et demi.

Il est maintenant facile de comprendre la manœuvredu battage d’un pieu à l’aide du pilon à vapeur placésur un bateau ou ponton flottant.

Après avoir amarré le bateau à l’emplacement dubattage, au moyen de cordes enroulées sur deux treuilset sur un cabestan, on relève jusqu’au sommet de labigne la caisse en tôle qui renferme le pilon en faisantfonctionner le treuil de la grande chaîne. On procèdealors à la mise en place du pieu à battre en le hissantau moyen de la petite chaîne et du treuil correspon-dant, et en le maintenant verticalement le long de labigue à l’aide de cordes, comme on le ferait pour unesonnette ordinaire. Lorsque le pieu est en place et quesa pointe repose sur le sol, on laisse descendre sur satête le pilon à vapeur. Ce mouvement décharge le ba-teau du côté du pilon; pour rétablir l’équilibre, onrapproche du bord opposé deux ■\vaggons chargés delest disposés à cet effet. On donne alors, avec précau-tion, quelques coups de mouton pour faire prendre ficheau pieu, et aussitôt qu’il présente une stabilité suffi-sante . on lo dégage des amarres qui le maintenaientvertical et on bat jusqu’au refus le plus activementpossible.

En moyenne, la mise en fiche a exigé une heure;un enfoncement de 9 mètres exigeait trente volées decinquante coups, ou quinze cents coups de mouton. Ladurée d’une volée est de 1’,2”,o, soit I”,25 par coup.Le refus était fixé à 0 m ,02 ou 0 rn ,03.

Les pieux battus au pilon ont traversé en moyenneune couche de gravier plus épaisse de 3 mètres au moins