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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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PILOTIS.

PISCICULTURE.

que les pieux battus au déclic, et on a vu que ceux-ciétaient presque toujours brisés, tandis que ceux battusau mouton n’ont éprouvé que de rares accidents. A cesavantages s’ajoute une grande économie.

La dépense quotidienne d’une sonnette, au pont deTarascon, était en efTet, en moyenne, la suivante :

Un marin. 4 r ,00

Un charpentier cnrimeur, chef d’atelier . . 5 00

Huit manœuvres de choix. 24 00

Faux frais, cordages, graisse. 2 00

Dépense quotidienne. . 33 f ,00

Le battage des pieux à la sonnette a été payé de 40h 45 francs. A cette somme il faut ajouter '10 francspour détérioration des appareils, ce qui porte la dépensed’un pieu battu au déclic de 50 à 55 francs.

La dépense du battage d’un pieu à la vapeur s’éta-blit, au contraire, de la manière suivante, en moyenne :

Un mécanicien. 5 f ,00

Un chauffeur. 3 00

Un charpentier eurimeur. 4 50

Deux marins. 8 00

Deux aides-marins. 6 50

Quatre manœuvres ordinaires. 10 00

Salaires. 37 f ,00

Combustible de mise en train, extinctionet temps perdu pendant une journée de

dix heures, 450 kil. à 3 fr. 43 50

0*,60 par volée do 50 coups, soit par huit

pieux ou 240 volées, moins de 150 kil. 4 50Réparations, G e ,18 par pieu, soit pour huit

pieux. 49 44

Faux frais, huile, etc. 4 00

Dépense quotidienne. . . . 408 f ,44

Soit par pieu. 13 50

On peut tenir compte de la moins-value del’appareil, qui a été vendu 25,000 fr., enajoutant par pieu. 21 52

Dépense totale. 35 e ,02

Un dernier mode d’enfoncement des pieux de fonda-

Fig. 3680. — Pieux eu fer forgé.

Pour ponts Four phares Dans une roche

(63 kil.) (305 kil.) madréporique.

tion dont l’usago se répand beaucoup, et qui permetd’exécuter des travaux impossibles à entreprendre au-

trement, *doit encore être signalé. Nous voulons parlerdes pieux à vis imaginés par M. A. Mitchell de Belfast.Les pieux de cette espèce présentent une très-granderésistance à l’arrachement ou à la compression, et per-mettent d’établir des constructions solides sur des solset dans des conditions extrêmement difficiles.

La forme des vis Mitchell varie nécessairement beau-coup avec la nature du terrain et le but à atteindre.Comme lo montrent les figures, la vis est large et le

0,76 Oyb'l

Fig. 3G81.—Viset sabot en fonte Fig.3082.—Viseufonlcréunis par une tige en fer, pour pour terrain résistantporter un pieu de bois (457 kil.) (190 kil.)

filet fait peu de tours pour les terrains peu résistants;au contraire, dans les terrains très-durs et dans le ro-cher, on le réduit à une espèce de tarière de formeconique, à filets peu saillants et faisant plusieurs tours.

L’enfoncement de ces vis est extrêmement simple.On place sur la tête du pieu des barres de cabestan,auxquelles on imprime un mouvement de'rotation. Lavis s’enfonce ainsi jusqu’à ce qu’on rencontre un ter-rain suffisamment résistant pour l’effort à supporter.

Les vis Mittchell s’appliquent aussi bien aux con-structions les plus considérables qu’aux usages les plus,ordinaires. Elles conviennent très-bien, par exemple.pour poser rapidement et solidement, avec pçu demain-d’œuvre, des montants de grilles, de barrières,des poteaux télégraphiques, des palées de ponts deservice, etc. Ce mode de fixation des pieux est appeléà rendre de grands services à l’art des constructions.

1IEKVÉ MANGON.

PISCICULTURE. Les recherches qui se sont mul-tipliées depuis que l’on a cherché à développer lesmoyens directs de production des poissons, de fécon-dation des œufs, ont bien souvent échoué, et l’expé-rience a ramené sur un terrain plus pratique que celuisur lequel on s’était d’abord placé. Je donnerai une con-naissance très-satisfaisante des résultats obtenus en rap-portant ici les règles pratiques fixées par un hommetrès-expérimenté, M. Millet, inspecteur des forêts, quidepuis longtemps s’occupe de pisciculture. Il a fait àla Société d’encouragemeut, dans la séance du 9 juil-let 1856, une communication verbale dans laquelle ila exposé les modifications et les perfectionnements qu’ila apportés dans la récolte, la fécondation, le transportet l’éclosion des œufs, dans l’établissement des frayèresartificielles, et dans la dissémination et l’élevage desjeunes poissons; il a, en outre, décrit divers appareilsservant à l’éclosion des œufs, à la conservation et autransport des poissons vivants.

Voici, à ce sujet, les différentes instructions donnéespar M. Millet.