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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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43S

PLATINE.

PLATINE.

rer dans un petit four à réverbère dont la sole enmarne ou en brique doit être hémisphérique, de ma-nière à ressembler entièrement à la sole d’un fourneaude coupelle. Pour traiter à la fois 100 kilogrammes deminerai, il sufHt que cette sole ait une capacité de50 litres environ. Dans le cas qui nous occupe, il vau-drait mieux employer pour la sole la forme d’une ca-lotte empruntée à un ellipsoïde de révolution. Un petitfour ayant une longueur de sole d’environ 1 mètre,de 1 décimètre ^ environ de profondeur moyenne etune largeur de bO centimètres, suffirait amplement autraitement de 100 kilogrammes de minerai. En don-nant au foyer la même largeur que la sole, c’est-à-dire50 centimètres sur 35 à 40 centimètres dans l’autre di-mension horizontale, on aurait une chaleur suffisante.Mais il faudrait opérer avec une épaisseur de combus-tible de 30 centimètres au moins pour avoir constam-ment une flamme réductrice et ne pas précipiter partrop l’oxydation de la galène, et par suite la produc-tion du plomb.

Une fois le four chauffé, on jette le mélange de ga-lène et de minerai à poids égaux, ôn fond en brassantconstamment jusqu’à ce qu’on ait produit une matteplombeuse et l’alliage de platine et de plomb. Alors enjetant un peu de verre fusible sur la matière, poussantla chaleur, on introduit peu à peu les 200 kilogrammesde litharge qui sont à peu près nécessaires pour termi-ner l’opération et chasser le soufre. Lorsque la réactionest terminée, on laisse le bain métallique dans le reposle plus complet pour que l’ostniure se précipite au fond,et après avoir fait couler la scorie plombeuse, on décantele platine plombifère au moyeu d’une cuiller de fonteet on le coule dans des lingotièrcs. La partie inférieuredu bain contenant l’osraiure d’iridium est ajoutée à lafonte suivante, jusqu’à ce qu’il soit devenu très-riclie* en osmiure.

La sole du four à réverbère devra être, autant quepossible, garnie dans toutes ses parties inférieures et la-térales, même du côté de l’àutel, au moyen d’une caissede fonte sur laquelle reposeront les briques, de manièreque du plomb platinifere très-fusible ne puisse pénétrerbien profondément entre les briques, et exiger, pour leretrouver, la démolition des pièces du four les plusimportantes et le plus solidement reliées entre elles*L’autel devra, pour la même raison, être creux etrefroidi par un courant d’air intérieurement.

Coupellation . — Cette opération se fait de la mêmemanière que la coupellation de l’argent et dans les

mêmes appaieils. Seulement à la fin de l’opération,quoiqu’on pousse le feu, l’alliage très-riche en platinese solidifie, cX on peut l’enlever après avoir refroidibrusquement sa surface avec de l’eau. La plus grandepartie du plomb peut être brûlée dans un appareil ana-logue aux fours destinés à la liquation du cuivre ar-gentifère. Seulement ici les pains de platine plombi-fère, soumis à l’action d’une flamme oxydante et dontla température est très-élevée, laissent transsuder desgouttelettes de litharge et sc transforment enfin en ungâteau en forme de chou-fleur qu’on n’a plus qu’à fon-dre après l’avoir mis en fragments.

Fusion du platine. — La fusion et l’affinage du pla-tine devront se faire dans des fours contenant 15 à20 kilogrammes de platine. En versant dans le mêmemoule la matière fondue dans trois ou quatre de cesfours, on pourra obtenir des lingots de 60 à 80 kilog.,plus pesants par conséquent que les plus grosses piècesque l’on ait jamais eu à faire en platine. D’ailleurs,rien n’empêchera d’augmenter les dimensions de cesfours à fusion, qui, évidemment à cause des principesde leur construction, peuvent recevoir des dimensionsillimitées en largeur. Il suffira de déterminer parl'expérience la profondeur qu’on devra donner auxbains de platine et peut-être aussi le nombre des tuyè-res à oxygène qu’il conviendra d’y placer.

Extraction du platine par simple fusion . .— Rienn’est plus simple que de préparer, avec un minerai deplatine convenablement choisi, un alliage triple deplatine, d’iridium et de rhodium, ayant toutes les qua-lités du platine, avec l’avantage de présenter un peuplus de roideur et une résistance sensiblement plusgrande à l’action des réactifs et de la chaleur.

11 est évident que si on enlève au minerai de platinetoutes les matières oxydables ou volatiles.qu’il con-tient, on aura un alliage de platine, d'iridium et derhodium. L’or, dont on peut priver le minerai avantson traitement, le palladium, sont volatils, et si on leslaisse dans la matière avant de la fondre, on les trou-vera dans les fumées condensables. L’osmium se volati-lisera à l’état d’acide osmique. Le cuivre, le fer s’oxy-deront, et si on les met en contact avec la chaux, ledernier formera un ferrite de chaux fusible. La plusgrande partie du cuivre passera dans les flammes.

Le tableau qui suit donne la composition des allia-ges que fournissent ces minerais, quand on en a expulséles parties oxydables et volatiles qui se rapportentaux minerais les plus importants.

MATIÈRES.

COLOMBIE .

CALIFORNIE .

RUSSIE .

,

2

3

4

6

11

12

Platine.

96,10

91,09

90,70

96,80

90.50

93,00

94,00

Iridium.

2,40

2,98

7,90

2,10

7,20

3,70

o,70

Rhodium.

1,60

2,93

1,40

1,10

2,30

3,30

0 30

100,00

100,00

100,00

100,00

100,00

100,00

100,00

Fondant. — Il suilira pour obtenir ces alliages defondre le minerai dans de la chaux, il se dégagera del’acide osmique, qu’on pourra recueillir au besoin aumoyen d’un tube engagé dans une cheminée à fort ti-rage et dans lequel on dirigera la flamme contenantl’o.-inium (un bassin plein d’ammoniaque dont les gazseront obligés de lécher la surface permettra d’y re-cueillir l'acidc osmique, »i on ne préfère le perdre).Mais, pour éviter d’attaquer la chaux du four lui—même, il est bon d’ajouter au minerai un fondant qui

] s’empare de l’oxyde de fer pour le transformer en une! matière fusible, laquelle s’imprégnera dans la chauxdu four comme dans une coupelle. Ce fondant sera lachaux elle-même, et il conviendra d’en employer unequantité égale à la proportion de fer qui existe dansle minerai.

En effet, la chaux ale même équivalent que le fer,de sorte que pour obtenir la combinaison KeHPCrtO,spinelle ferrico-calc-aire, il suffit de la moitié seulementde ia chaux inrroduite comme fondant; le reste so com.