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PLONGEUR.
PLONGEUR.
Cependant Sturm, ayant étudié la question avec plusde soin, reconnut que l’on s’était déjà servi de clochespour plonger; il le prouva par des textes de Bacon , deTaisnier et d’Aristote . ( Tentam . Collegii curiosi quccd.Append.).
François Bacon avait en effet parlé, en 1G20, docuves en métal que l’on descendait renversées au fondde l’eau. Elles étaient soutenues par trois pieds d’unelongueur un peu moindre que la hauteur d’un homme.Les plongeurs, au lieu de remonter à chaque instant àla surface de l’eau, allaient y reprendre haleine, et re-commençaient leurs opérations. (xVot*. Organ., lib. II,aphor. L.)
Taisnier dit avoir vu, en 1538, deux Grecs plongerà Tolède, dans les eaux rapides du Tage , en présencede Charles-Quint et de près de dix mille spectateurs,sans se mouiller et sans éteindre un feu qu’ils portaient.Ils s’étaient servis d'un vaste chaudron (cacnbus) ren-versé, suspendu à des cordes , et portant un plancherdans son intérieur. [Opusc. perpétua memoria dignissi-mum...de Motu celerrimo; Colonie?, )562.)
Enfin, du temps d'Aristote , on employait des clochespour porter de l’air aux hommes qui travaillaient sousl’eau à la récolte des éponges.
Le Journal des Savants reproduisit le dessin de Stuvmet résuma sa dissertation (numéro du 31 janvier 1678).Dès que son article eut paru, l’anthot, médecin à Lyon ,écrivit au rédacteur qu’il avait vu une cloche fonction-ner avec succès dans le port de Caduques, en Catalogne ,pour retirer des piastres de navires coulés. Elle étaitde bois avec cercles de fer; de gros boulets suspendusà son bord formaient le lest nécessaire à l’immersion.Deux Maures s’en servaient alternativement. Un dessinaccompagne la lettre de Ranthot, que l’on trouve dansle numéro du journal du 4 avril 1678.
Presque tous les savants qui se sont occupés de phi-losophie naturelle à la fin du dix-septième siècle et aucommencement du dix-huitième ont parlé de la clocheà plonger; plusieurs la représentent comme un appa-reil assez fréquemment employé, mais on ne trouveaucun fait nouveau dans leurs livres ; il faut toujoursrevenir aux Grecs de Tolède , aux Maures de Caduqueset au mécanicien de l'île de Mnll. Robert Boyle ditcependant que deux personnes s’étaient servi de clochespour des explorations, l’une sur les cotes de l’Afrique ,l’autre dans les régions du Nord. (Relations about thebottom ofthe sea , section il.)
L’air n’était pas renouvelé dans ces appareils, et,par suite, il fallait les remonter souvent. Halley pro-posa de les alimenter par des seaux renversés dont onaurait composé des norias à air. Il indique, pour per-mettre au plongeur de travailler hors de la cloche, uneespèce de scaphandre communiquant avec elle par untube flexible. (Phil. TYaus., vol. XXIX, p. 492, etvol. XXXI, p. 177.) Nous ne nous arrêterons pas auxdispositions proposées par Halley, parce que nouscroyons qu’elles ont été peu employées.
En 4788, Smeaton employa à Ramsgate une clocheen fonte pour enlever des pierres couvertes de 9 à40 pieds'fde 2 m ,74 «à 3 m ,04) d’eau. Elle avait 4 pieds
6 pouces (1 ,n ,37) de longueur et de hauteur, et 3 pieds(91 cent.) de largeur. Son poids était suffisant pourdéterminer l’immersion. Une pompe placée clans unbateau lui envoyait un courant d’air. C’est la premièrefois que nous trouvons cette disposition, qui a été sifréquemment employée depuis cette époque.
Rennie se servit d’une cloche analogue à celle deSmeaton pour la fondation des quais de Sheerness à
7 et 8 mètres sous l’eau, et de la jetée de Ilowth à30 pieds.
La manoeuvre a été perfectionnée, mais les clocheselles-mêmes n'ont reçu, depuis Smeaton , que peu demodifications. On a continué de les faire en fonte; ce-
pendant celles de bois n’ont jamais été abandonnéesentièrement. M. Rendel en a employé une de ce genre,il y a quelques années, pour les fondations du pont doLary, près Plymouth.
Les cloches ont rendu de grands services pour lestravaux ; mais elles ne peuvent contenir qu'un petitnombre d’ouvriers, quatre au plus, et leur manœuvre,toujours difficile, devient dangereuse quand le courantest un peu rapide.
Bateau à air. — Dès 1778, Coulomb avait proposé,pour les petites profondeurs, un bateau dont la partiocentrale eût été disposée en forme de cloche : on l’au-rait échoué sur le’ lieu du travail. Un bateau à air (c’estainsi que Coulomb a nommé cet appareil) a été construiten 1845 pour des déblais de rocher dans la passe d’en-trée du port du Croisic; il portait une machine à va-peur, et des pompes pour la compression de l’air.
On obtenait le lest nécessaire pour déterminer l’é-chouage et résister à la sons-pression, en laissant l'eauentrer dans une caisse qui formait la partie inférieuredu bateau autour de la cloche. Pour la mise à flot, onrefoulait la plus grande partie de l’eau en faisant agirsur elle l’air comprimé : la machine à vapeur achevaitlepuiscment. Ou échouait le bateau au jusant, on lerelevait au flot; les manœuvres étaient faites très-ra-pidement. Cet appareil a donné de bons résultats pourdes travaux à 2 ,n ,25 sous Tcau dans un courant très-rapide. Dans les années 1843 et 1849, M. Cavé a fait,pour le Nil et pour la Seine , des bateaux à air quirestent à flot pendant le travail. Un tube télescopiqueprolonge la cloche jusqu’à une profondeur de 4 m ,75;il est relié à elle par une nappe en cuir qui se déroulesuivant son abaissement et arrête le passage de l’air. Lasous-pression est détruite par une simple diminutiondu déplacement. Une chambre intermédiaire, qui fonc-tionne comme un sas, permet de communiquer avec lacloche sans interrompre le travail : cette dispositionavait été indiquée par Coulomb et a été réalisée parM. Trigcr dans ses travaux remarquables.
Les bateaux à air sont de bons appareils pour lespetites profondeurs; ils permettent de descendre sousl’eau un atelier un peu nombreux : la chambre de tra-vail des bateaux du Nil a une section de 40 mètres car-rés. Dans les rivières , il paraît préférable de les tenirà flot; mais, à la mer, il est bon de les échouer pourles assujettir fortement contre les courants des maréeset l’agitation de l’eau.
Nous empruntons la description du bateau doM. Cavé à M. Mongel qui l’a fait construire pour lesgrands travaux du barrage du Nil .
L’appareil se compose :
4° D’un bateau en tôle de 5 millimètres d’épaisseur,ayant 33 mètres de longueur sur I0 m ,30 de largeur.
Il a dans son milieu une ouverture de 8 mètres delongueur sur 6 mètres de largeur, un peu arrondiedans les angles. Cette ouverture, servant de fourreauà la cloche, est revêtue de montants en bois très-rapprocliés, qui sont comme des guides, pour empê-cher la cloche de se déverser dans le sens du cou-rant du fleuve.
2° D’une grande chambre en tôle de 4 5 mètres delongueur et 5 ,n ,40 de hauteur, dite chambre à air, etd’une antichambre, également en tôle, qu’on peutappeler écluse à air , car elle sert à passer de la pres-sion extérieure à la pression intérieure, au moyen dedeux robinets communiquant l’un avec l’intérieur etl’autre avec l’extérieur. La chambre à air est consoli-dée par des montants en bois, dos tirants et des bou-lons en fer; elle a une galerie supérieure sur laquellesont fixés deux forts treuils pour monter ou descen-dre la cloche, qui n’est autre chose qu’une caisse entôle de 5 millimètres, ouverte par le bas et par le haut.