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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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PLONGEUR.

PLONGEUR.

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vailleurs. En enlevant avec une petite pompe à mainune partie de l'eau formant lest, l'appareil reviendraitde lui-même flotter à la surface.

Le nautilus est retenu par trois ou quatre cordesfixées ù de petites ancres, ou à d’autres points fixes.Ces cordes traversent des boîtes à étoupes d’une formespéciale et viennent s’enrouler sur des petits treuilsplacés dans la chambre de travail, de sorte que lesouvriers peuvent eux-mêmes se transporter dans tou-tes les directions nécessaires.

Une des propriétés les plus utiles du nautilus est lapossibilité de l’employer comme grue pour transporterdes fardeaux au fond de l’eau. Cette manœuvre est ex-»trêmement facile ; on attache l’objet Ù une fortechaîne réunio à l’appareil; puis on fait sortir des cham-bres à air un volume d’eau suffisant pour faire flotterl’ensemble du système.

Quand il suffit de soulever la cloche de quelquescentimètres, les ouvriers marchent sur le sol et pous-sent facilement l’appareil dans la direction voulue. Sil’on se maintenait à une certaine hauteur au-dessusdu fond, on se baierait de l’intérieur de la chambre dotravail h l’aide des cordes d’amarre. La machine ac-tuelle peut soulever ainsi un poids de G tonnes 4/2,mais rien 11 e serait plus simple que de lui donner plusde puissance. A l’aide de cette machine, on peut doncexécuter à toute profondeur sous l'eau les travauxd’appareillage de maçonnerie les plus délicats. Rienne serait plus facile, par exemple, que de faire desjetées à la mer, en blocs artificiels jointifs, maçonnéset rejointoyés entre eux, qui exigeraient un cube bienmoins fort que nos jetées ù blocs perdus, et seraientbeaucoup moins altérables qu’eux par l’action de l’eausalée.

Un grand nombre de dispositions très-ingénieu-ses sont réunies dans le meme appareil pour lui per-mettre d’exécuter les différents travaux que réclamel’art do l’ingénieur. Nous n’en citerons ici qu’uneseule. C’est une petite machine à piston et à cylindre,fonctionnant il l’intérieur de la chambre de travail parl’air comprimé. Ce moteur peut être employé à tousles travaux de force à exécuter sous l’eau, et, en par-ticulier, à forer les trous de mines qu’elle creuse avecune grande facilité. Le moteur du ponton, sans autretransmission de mouvement qu’un tuyau flexible, en-voie ainsi, presque sans perte, une partie de sa forceau fond de l’eau, comme on le ferait à terre avec lacourroie d’une locpmobile.

Scaphandres . — Les cloches et les bateaux à air ontle grave inconvénient de ne pouvoir servir que quandles ouvriers doivent travailler sous leurs pieds.

Les scaphandres ont résolu le problèmo pour tousles genres de travaux.

Ces appareils sont fort anciens, dit M. La Goiirne-rie, que nous allons encore citer. Dans un de ses cé-lèbres manuscrits écrits à rebours, celui qui est coté H,Léonard de Vinci représente un scaphandre plongeurfait pour envelopper la tête et une petite partie de lapoitrine, semblable, dit-il, à un appareil usité dansl’Inde pour la pêche des perles. Un tube flexible faitcommuniquer l’air extérieur avec l’atmosphère ; sonextrémité est soutenue au-dessus de l’eau par unflotteur.

Cet appareil ne peut servir que pour de très-petitesprofondeurs, car le plongeur y respire de l’air à la pres-sion atmosphérique. Coriolis pensait que la différencede pression entre l’air extérieur et celui de la poitrinene peut guère dépasser celle qui correspond à unecolonne d’eau de O m ,GO.

Dans le croquis de Léonard de Vinci , le flotteur estreprésenté à une hauteur de quatre hauteurs de têteenviron au-dessus delà bouche. Veuturi parle de cct

appareil, mais le dessin qu’il en donne diffère beaucoupde l’original.

On trouve dans le recueil de Gcrli deux dessinsde scaphandres plongeurs, extraits de celui des ca-hiers de Léonard de Vinci qui est coté N, et qui ap-partient à la bibliothèque Ambrosicnne. Le premierde ces appareils se compose d’un tube flexible avantl’une de ses extrémités soutenue hors de l’eau par unflotteur, tandis que l’autre s’élargit et enveloppe labouche du plongeur. Pour se servir de cet appareil, ilfaudrait faire les inspirations par la bouche et les expi-rations dans l’eau par le nez; on aurait alors de l’airtoujours pur, avantage que no donne pas lo scaphandreindien.

Le second appareil consiste en une outre (probable-ment cerclée) disposée comme ees larges cravates quel’on appelle cachc-nez. La bouche s’ouvre dans sonintérieur. Un aussi petit réservoir d’air ne peut êtrod’aucune utilité, car un homme exhale par minute prèsd’un quart de litre d’acide carbonique.

Saint-Clair dit, en parlant du plongeur de l’ile deMull, qu’un tuyau en cuir ne lui amenait pas, à traversl’eau, l’air nécessaire à sa respiration, mais qu’il enentraînait, à chaque descente, une quantité suffisantepour une heure presque entière. Ce passage pourraitfaire supposer que Saint-Clair connaissait le scaphandrede la mer des Indes.

Du temps d’IIalley, on se servait quelquefois pourplonger d’un vêtement imperméable, composé, en par-tie, d’une armure, dont les joints étaient rendus étan-ches par du cuir. Deux tuyaux établissaient la com-munication avec l'atmosphère, et remplissaient, pourl’air, le rôle d’artère et de veine; on établissait le cou-rant par des soufflets placés à l’extrémité de l’un d’eux.Cct appareil était trouvé convenable pour les petitesprofondeurs jusqu’il 12 et IG pieds (3 m ,GG et 4 m ,88) ;mais au delà, la pression de l’eau arrêtait la circulationdu sang dans les membres.

On voit que l’on était arrêté, pour les scaphandres,par la difficulté de donner à l’air inspiré une pressionassez grande ; tandis que, dans les cloches, comme leremarque Saint-Clair, l’équilibre s’établit spontané-ment entre les pressions qui agissent il l’intérieur et àl’extérieur.

Lorsque Smeaton eut employé des pompes pour re-fouler de l’air dans des cloches, l’idée aurait dû venirnaturellement de s’en servir pour les scaphandres ; ce-pendant, on a pensé d’abord à un réservoir d’air com-primé [Méchante’s Magazine; 25 june 1825). Les sca-phandres avec courant d’air continu paraissent avoirété employés pour la première fois en Amérique , d’oùils ont été introduits en Angleterre vers 1830, Ce n’é-taient alors que de simples casques. MM. Dean etSiebe ajoutèrent, en 1837, un vêtement imperméableanalogue à celui dont parle Halley. Les scaphandresont pris alors une grande importance. Maintenant laquantité d’air qui enveloppe le corps du plongeur estassez grande pour que sa vie ne coure aucun danger,si le jeu des pompes est interrompu pendant quelquesinstants, et tout son corps est à la même température;de graves accidents arrivaient quand la tête était en-tourée d’un air échauffé par la compression, et qu’unegrande partie du corps était dans une eau plus ou moinsfroide.

Des perfectionnements ont été apportés aux oculai-res, aux soupapes, à la composition du vêtement et auxpompes.

Ces appareils sont d’une manœuvre assez facile pourqu’on les regarde comme donnant à l’ingénieur un nou-veau procédé de fondation. On s’en est servi avec suc-cès au nouveau môle d’Aurigny , pour commencer lesmaçonneries sous l’eau.

Dans les travaux du pont de Tarasco», les plongeurs