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POLISSAGE.
POLISSAGE.
de fer à ceux des rodoirs ordinairement employés audressage des glaces* je veux dire des moellons tour-nant sur eux-mêmes pendant la translation qu’ilséprouvent longitudinalement ou transversalement à lapièce à dresser, dont les dimensions, souvent portéesà trois mètres de largeur sur () et 7 mètres de lon-gueur, devaient exclure toute idée de mettre en œuvreles planeuses anglaises à chariot porte-pièce, rectiligneet mobile, pour y substituer le système à table ou bancfixe, d’après le principe déjà appliqué par MM. deLamorinièrc et Mariotte, au dressage des longuestables de fonte employées au coulage même des gla-ces dans la manufacture de Saint-Gobain . Ce banc,en effet, est ici composé d’un lit horizontal de pierresde taille jointives, dressées à leur superficie avectout le soin possible, au moyen de la machine clic-même, pour y recevoir les glaces sur le coté uni,par lequel elles reposaient primitivement sur la soleplane de la table à couler, et être dégrossies ensuiteparallèlement sur la face opposée, venue du coulage,plissée, ondulée irrégulièrement, malgré l’espèce delaminage qu’elle a primitivement subi, sur cette mêmetable, au moyen de lourds cylindres en fonte.
Le banc en pierre dont il s’agit, porté sur des sup-ports à châssis-consoles en fonte, reliés par des entre-toises pareilles, est entouré d'escarpements, de rigoleségalement en fonte, où le résidu de l’eau et de la poudreusante va se rendre de toutes parts, en s’échappant dedessous du rodoir; ses longs côtés sont accompagnésextérieurement, et à une petite distance, de rails ourègles triangulaires placées debout et servant à guider,à soutenir des patins à coulisses que surmontent lesflasques verticales en fonte et a cntretoiscs solides del’équipage à chariot, mobile longitudinalement, quiporte à la fois les rouages et le système, mobile trans-versalement, du rodoir horizontal à trémie alimentaireet auget oscillant, susceptible, au moyen d’une romaineou bascule à contre-poids curseur, d'être maintenudans une sorte d’équilibre à la hauteur minimum ré-clamée par l’épaisseur de la glace ou l’avancement durodage aux divers instants du travail de la machine;hauteur réglée d'ailleurs par le moyen do dentures etde vis micrométriques a cadran qui permettent d’at-teindre jusqu’aux fractions de quinze centièmes demillimètre. D’autre part, à l'aide d’un solide et ingé-nieux dispositif de support à plaque verticale et’cou-lisses horizontales en fonte régnant dans tout l’inter-valle compris entre les flasques de l’équipage à chariot,le porte-rodoir lui-même, la roue d’angle «pii en sur-monte l’arbre vertical, leurs chaises ou porte-coussi-nets, ceux mêmes de la romaine ou bascule de déchargoet du pignon engrené dans cette roue, dont le man-chon , la boîte glisse, à rainure et languette, le longde l’arbre horizontal supérieurqui reçoit, spontanémentou automatiquement, le mouvement rotatoire du mé-canisme à embrayage de friction de la machine; toutcet ensemble, dis-je, reçoit d’une crémaillère horizon-tale à fuseaux et pignon oscillant, qui rappelle celledes presses à calandres et d’imprimerie automatique,un mouvement parallèle transversal très-lent, dépen-dant du mouvement transitoire même du chariot lelong de son banc à coulisses, et s’étendant à l’inter-valle entier compris entre l’un et l’autre de ses flasquesou supports, c'est-à-dire de manière que le rodoirpuisse atteindre successivement, comme l’outil desplaneuses ordinaires, toutes les parties ou bandes rec-tilignes parallèles dans lesquelles on peut concevoir laglace décomposée dans le sens de la longueur du banc.
Quant au mécanisme qui imprime le mouvement àl’équipage et aux divers organes du chariot, il consistedans un courant de lanières ou cordons sans fin passantsur une paire de poulies verticales fixes, l’une motrice,l’autre de renvoi, placées en dehors et aux deux extré-
mités du banc ou de la course du chariot, et venantembrasser, extérieurement et intérieurement, deuxautres poulies verticales sans gorge, dont les arbreshorizontaux, montés sur ce chariot parallèlement à sesentretoises et cheminant avec lui le long des rails oudu banc, impriment le mouvement rotatif, d’un côté,an manchon d’embrayage de l’arbre moteur horizontaldu rodoir, de l'autre, à un équipage de roues dentéesou à courroies motrices, dont les arbres, parallèles auxprécédents, donnent le va-et-vient, soit intérieurementà la crémaillère à chevilles du porte-rodoir glissant surses coulisses horizontales, soit extérieurement auxflasques h patins du chariot, par des roues d’angle quimettent en action de petits pignons à arbres verticauxengrenant le long de crémaillères dentées horizon-tales, fixées latéralement ou extérieurement aux cha-peaux des consoles de soutien du banc à dresser, et parlesquelles la marche, progressive ou rétrograde, maistrès-lente, est imprimée au chariot, tandis que ses al-ternatives d’aller et de retour sont réglées par les bas-ctilements d’un auget à boule roulante, que des cliquetsà cames fixes ou tocs , placés aux extrémités de sacourse, viennent alternativement pousser.
Il serait nécessaire de compléter cette rapide des-cription par celle de plusieurs autres ingénieuses dis-positions de détail qui, no se rencontrant pas dans lesanciennes planeuses anglaises ou françaises, offraienttoutes de très-grandes difficultés à vaincre dans lanouvelle combinaison des pièces; mais cette descrip-tion, tout imparfaite qu’elle soit, doit suffire, sans autredémonstration, pour convaincre que ce genre de ma-chines, d’une puissance et d’une précision très-remar-quables, a atteint une supériorité incontestable entreles mains habiles et savantes de M. Carillion,' jugédigne de la médaille d’or à l'Exposition française de1849, pour l’ensemble de ses travaux, et qui, succes-seur en quelque sorte de l’honorable M. Pihet, le vé-téran de nos grands constructeurs de machines, a rendude particuliers services aux manufactures de glaces, enles dotant d’utiles appareils pour le laminage, le trans-port, le retournement de ces glaces, sources, jusque-là, de tant de fatigues et de dangers pour les ouvriers.
Quoique beaucoup d’établissements, en France ou àl’étranger, soient tentés de n’accorder qu’un assez faibleintérêt ou mérite industriel à des perfectionnements decette espèce, parce qu’ils apportent, comme la ma-chine meme ci-dessus, plutôt des moyens de sûreté etde précision mathématique qu’une forte et appréciableréduction de prix dans les travaux et les produits desmanufactures ; néanmoins on doit espérer que le senti-ment public et le goût de plus en plus sévère et épurédes consommateurs ne tarderont pas à répandre, à con-sacrer les belles et utiles conceptions mécaniques del’ingénieur Carillion.
Dans la machine à polir les glaces que M. Carilliona mise à l’Exposition de 1863. le mouvement de va-et-vient des polissoirs doit être donné par une machine àvapeur horizontale de la force de six chevaux ; l'ampli-tude de ce mouvement doit être de 80 centimètres ; latranslation de la pierre a lieu au moyen d’une séried’engrenages et d’une crémaillère; la pierre est trans-portée de o millimètres pour deux mouvements depolissoirs.
L’ouvrier qui conduit la machine est complètementle maître de ce mouvement; il peut rendre la pierreimmobile, si cela est nécessaire, et faire mouvoir lespolissoirs, soit à droite, soit à gauche, a sa volonté.
De temps en temps, c’est-à-dire environ toutes lesquatre heures, il faut remettre les polissoirs en état,en les imprégnant de nouveau rouge (peroxyde de fer) ;il faut enlever les mains qui les font mouvoir pour lesretirer, et ces mains reposent alors sur-un support quile? empêche de toucher à la glace.