Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
457
JPEG-Download
 

POTERIES.

POTERIES.

457

tioti ot «le hi cuisson, certaines précautions. Toutefois,nous devons dire que si la plasticité, qui rend écono-mique la fabrication de la grande généralité des pote-ries, est indispensable dans certains cas, elle ne l’estque lorsqu’on fait usage de quelques méthodes déter-minées ; dans d’autres conditions, elle n’est pas absolu-ment nécessaire, comme, par exemple, lorsqu’on opèreau moyen du coulage ou par moulage mécanique effec-tué sur des pâtes pulvérulentes. L’eau n’est pas au sur-plus le seul agent qui donne la plasticité voulue. Onobtient une plasticité tout artificielle, en ajoutant auxpâtes qui n’en ont aucune des matières mucilagineuscstelles que* le lait, l'huile, la colle de peau, le savonvert. Dans certaines limites, l’eau combinée dans lespâtes crues n’est donc pas clle-mèmc un élémentindispensable.

PREPARATION DES PATES.

Sous quelle forme convient-il d’introduire, dans lafabrication que nous étudions, les éléments dont nousvenons de reconnaître et d’apprécier le rôle? Quelssont les matériaux auxquels ou les emprunte?

En général, les uns sont pris dans la nature,- et c’estle plus grand nombre; les autres proviennent d’unepréparation spéciale, ce sont des produits d'art. Onpeut classer ees différents matériaux soit sous le pointde vue de leur nature, soit sous le point de nue du rôdequ’ils jouent dans la fabrication. Cette méthode seraitla plus naturelle, s’il ne s’agissait point de produitspour lesquels il faut tenir compte des différentes tem-pératures de cuisson. Or, dans telles circonstances don-nées, une même substance a des effets tout opposés.(Test ainsi que la chaux qui ne fond pas devient unélément très-actif pour faciliter la fusion, quand elleest unie à des proportions convenables d'argile et quele mélange subit à la fois une température suffisam-ment élevée.

Néanmoins, en regardant comme essentielle la plas-ticité de la pâte, on est autorisé dans le plus grandnombre des cas à distinguer parmi les matériaux em-ployés dans l’art céramique ceux qui sont plastiques etceux qui ne le sont pas; ees deux sortes de matériauxont, en effet, leur utilité, leur rôle dans l’industrie.

Si, d’une part, la plasticité de la pâte permet un fa-çonnage rapide, une ébauche facile, une trop grandeplasticité, d’autre part, s’opposerait à la rapidité dutournage, et principalement à la dessiccation uniformede la pièce fabriquée : il existe donc pour le fabricant unintérêt réel à diminuer la plasticité lorsqu’elle est tropdéveloppée dans les matériaux plastiques qui compo-sent la pâte dont il fait usage. On donne le nom de ma-tières dégraissantes aux substances qui remplissent cedouble but, d’enlever une trop grande plasticité et defaciliter le départ de l’eau d’imbibition ou de combinai-son soit à la dessiccation, soit au four. M. Malaguti sesert du mot antiplastique pour désigner la qualité deces matières; nous croyons l’expression heureuse; carelle peint parfaitement le but qu’on veut atteindre.

Les matières plastiques sont :

1” Les argiles plastiques , employées plus spéciale-ment dans la fabrication des faïences fines et des terrescuites en grès.

2° Les argiles figulines qui sont la base des terrescuites, desquelles on n’exige pas les qualités réfrac-taires.

5° Les argiles marneuses, auxquelles les faïencescommunes doivent leur propriété de recevoir une gia-çure stannifere.

4° Les marnes argileuses, dont l’usage est le mêmeque celui des précédentes, mais auxquelles on ajoutedesargiles plastiques ou figulines.

5° Nous classerons encore dans ce groupe les colly-rites, les cymolites, les talcs, qui n’ont été jusqu’à ce

C.

jour employés que dans de* circoi^tances très-rares.

(3° Les marnes calcaires et limoneuses sont encoruemployées; mais leur plasticité très-faible les feraitclasser aussi bien parmi les matériaux antiplastiques.

7° Les éléments les plus importants de cette classe,si l’on tient compte de la valeur vénale, sont les kao-lins, espèces d’argiles dont nous avons donné les qua-lités et l'histoire détaillée dans notre article argile doce Complément, p. 33. Ces matériaux sont la base desporcelaines dures.

Les matières dégraissantes sont beaucoup plusnombreuses et plus répandues .sur la surface du globeou plus faciles à produire dans les ateliers industriels.On distingue :

Le quartz (sable ou silex);

2“ Les leldspatlis, l’orthose, l'albitcct la peginatite;

3° Le ciment et les escarbilles;

■i° La craie, le sulfate de chaux, le sulfate de baryte;

5° Le phosphate de chaux ;

G 3 Les frittes vitreuses;

Les matériaux que nous venons de nommer n’entrentdans la fabrication qu’après avoir été lavés et broyés.Nous ne voulons ni ne devons répéter ici les diversmoyens usités pour obtenir ces résultats. On procèdegénéralement par écrasage, délayage et décantage. Lebroyage comporte le cassage, le pilage et la porphyri-sation.

Ces opérations sont rendues plus économiques etplus rapides quand on les fait précéder de la calcina-tion, qui, sans apporter de modifications dans la com-position chimique des matériaux à broyer, fait naîtreun grand nombre, de fissures qui les rendent fragmen-tables. La calcination ortre encore cet autre avantagede rendre plus facile un épluchage soigné; elle déter-mine des différences de coloration qui rendent possiblel’élimination des parties ferrugineuses, point impor-tant lorsqu’on se propose de fabriquer des poteriescomme les porcelaines, pour lesquelles la plus grandeblancheur est de rigueur.

La description des divers appareil! au moyen des-quels on obtient le concassage et la porphyrisation pro-prement dite ferait double emploi, sans avantage au-cun, avec l’article précédemment cité. Nous devonsdonc nous borner à renvoyer le lecteur au Dit tionnaire,t. II, en rappelant qu'il faut, avant de mettre les ma-tières en fabrication, vérifier si le broyage est suffisant.A cet effet, on compare les matières à des poussièresprises pour étalon: on choisit donc un bocal cylin-drique pouvant contenir 500 grammes environ, divisédans sa hauteur en parties égales. Si l’on délave250 grammes de matière broyée dans 500 grammesd’eau, et qu’on observe le temps que cette matièremettra pour so déposer et prendre un niveau déter-miné, on aura tous les éléments nécessaires pour fairela comparaison, en admettant toutefois que toute ma-tière de même nature, amenée par le broyage au mêmeétat de ténuité, doive se comporter de la même ma-nière. Si le temps mis par la poudre pour atteindre leniveau marqué sur le vase est moins court que dansl’expérience normale, il faudrait nécessairement ajou-ter au broyage. Ces méthodes, auxquelles il fautjoindre le craquement sous la dent ou même entre lesongles des deux pouces, suffisent, quoique purementempiriques, dans la pratique des arts céramiques^

Certains liquides augmentent la viscosité de l’eau,comme d’autres, an contraire, hâtent la précipitationdes matières que ce liquide peut tenir en suspension.Le vinaigre, une solution faible de gomme arabique,ont une influence très-marquée sur la lenteur avec la-quelle s’effectue le dépôt. La température à laquellel’expérience se fait agit sur les résultats. Il est doncindispensable, comme le fait remarquer M. Brongniart,d’opérer toujours dans les mêmes circonstances.

53