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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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de son voisin. On y arrive au moyen de freins quisont placés à proximité de chaque tour, et qui permet-tent de régler le mouvement des arbres indépendam-ment les uns des autres. J’ai vu, dans l’une de nos plusimportantes fabriques, des tours ainsi montés sur les-quels, au moyen de surface de frictions mobiles et depédales, on pouvait ébaucher par moulage et tournage.(*e résultat résout de la manière la plus heureuse ledifficile problème de l’ébaucbage mécanique sur le tour.

L'opération de l’ébauche sur le tour prend alors unegrande régularité; personne n’ignove que la fabricationsur le tour est l’une des plus délicates de l’industriede la porcelaine; la porcelaine dure elle-même peutêtre faite mécaniquement; on évite alors un grandnombre de défauts, entre autres celui du vissage; onéconomise ensuite un temps considérable, puisque lemoulage supprime les lenteurs du tournassage. On n’aplus à se préoccuper de l’épaisseur considérable à la-quelle on devait ébaucher, puisque la pâte n’a reçu,dans toutes ses parties, qu’une pression identique, cequi ne se présente pas dans l’opération du tournage or-dinaire. Comment donc s’effectue l’ébauchage sur letour sans le secours du moulage? Quelles précautionscette opération exigc-t-cllc? itépondre à ces questionsc'est exposer la théorie des opérations du tournage.Nous allons entrer dans quelques détails.

Nous avons dit que toute pâte céramique doit, pourpouvoir entrer dans une fabrication régulière, présen-ter une homogénéité des parties et des masses. C’est enraison de cette circonstance que les tourneurs élèventpuis abaissent, relèvent, pour abaisser encore, la masseinforme qui doit devenir une tasse, une coupe, un vase.On peut voir dans la figure 3G90 d’autre part la série desformes par lesquellesdoit passer, par exemple, un ballonde pâte pour devenir une bouteille à conserver l’encre.

Je pense que pour conduire à des produits fabriquésdans des conditions normales, chaque ballon de pâtedoit joindre aux sortes d’homogénéité que nous avonsrappelées l’homogénéité de tendance. 11 est évidentque la pièce ébauchée peut être considérée comme for-mée par une lamo de pâte hélicoïdale qui s’applique-rait sur une surface de révolution occupant le milieudo l’épaisseur de la pièce. C’est en sens inverse dumouvement qui a développé celte bande de pâte, c’est-à-dire en sens inverse du mouvement rotatoire du tour,(pie la retraite a lieu pendant la cuisson. Or, il faut,pour qu’il n’y ait ni déchirures ni fentes, que toutesles particules qui composent la pièce, celles du haut,celles du bas, celles de l’intérieur de la pâte, aient, lorsde la retraite, la même direction avec la même vitesse.Elles ne suivront cette direction que lorsqu’elles au-ront toutes et tour à tour reçu l’impression de la maindu tourneur, élevant et aplatissant la masse lenticu-laire sous laquelle se présente tout d’abord le ballonqui doit fournir l’ébauclie. Cet usage, qui ne souffrepas d’exception, n’aurait ainsi d’autre but que d’entraî-ner toutes les molécules d’une pièce dans une directionunique.

ha pâte de porcelaine plus que toute autre pâte, enraison de sa fusibilité propre, est ébauchée sous uneépaisseur considérable ; ccttc pratique a moins poureffet de s’opposer à la fente ou il la déformation, qued’éloigner le plus possible de la pièce réelle les sur-faces interne et externe de l’ébauche terminée. Ces sur-faces ont reçu toutes les pressions successives qui ontamené la transformation de la masse lenticulaire, etdont l’influence n’est plus sensible à une certaine dis-tance. Un a donc d’autant plus de chances d’éviter lesvissages, qu’on ira chercher plus au loin dans le blocde l’ébauche la pièce qu’on veut fabriquer. La fig. 361) f,qui représente une coupe de l’ébauche d’une soucoupeconforme au dessin donné, fait bien voir la place occu-pée clans 1 ébauche par la pièce elle-même.

Le tournage ne peut donner que les pièces de révo-lution. On a fait emploi du moulage, qu’on peut diviser

en moulage à lapresse , s’exerçantsur pâte sèche ousimplement mélan-gée d’une substancetrès - ngglutinative .et moulage en pât«molle, à la balle, àla croûte, àlaLouise,s’exerçautsurla terreréduite à la cousis •tance pâteuse, molleet plastique.

On a fait, dans ccsderniers temps, l’ap-plication la plus heu-reuse du mode de fa-çonnage par Temploide la presse à la fa-brication des briquespreuses et des tuyauxde drainage. C’estencore à l’aide de lapresse qu’on Afrique les énormes tuyauxpour conduite d’eau ou peau* cheminées que le com-merce rencontre aujourd'hui. Nous indiquons dans lafigure qui suit une disposition en usage en Angle-terre pour faire les gros tuyaux de drainage.

Un fort cylindre en fonte, fixe d’une manière inva-riable dans une position bien verticale, après avoir étérempfi de pâte dans l’état voulu pour un travail rapide,se vide pur l’effet du piston qui monte et descend alter-nativement au moyen d’une crémaillère (fig. 3692).

La pâte comprimée dans le cylindre ne peuts’échapper que par une ouverture annulaire qui setrouve dans le fond du cylindre. A l’intérieur, on voitparla coupe (fig. 3693), une sorte de noyau suspendu,solidement fixé sur des traverses métalliques, dont lebut est d'arrêter la descente du piston; elles sont éle-vées à l’intérieur pour que la fissure qu’elles formentait le temps de sc ressouder sur elle-même; le noyauforme avec la couronne qui sert de base au cylindre unespace annulaire qui détermine la section du tuyau dedrainage. Il est reçu à sa sortie du cylindre sur unetournette qui descend avec lui, puis coupé de longueurvoulue.

J'ai vu dans plusieurs établissements en France unedisposition semblable employée pour la confection destuyaux de cheminées dans le système Gourlier, avec• cette seule modification qu’il y a deux cylindres aulieu d'un seul. Ils sont fixés sur un chariot qui glissesur des rails, et se place de telle sorte que lorsque l’undes cylindres est en travail, l’autre est en charge àdroite ou à gauche en dehors de faction du piston ; iln’v a pas de temps perdu, comme dans la première dis-position que nous avons décrite.

Le moulage se pratique encore sur les pâtes liqui-des; on a donné le nom do coulage à ce procédé spécial.Nous entrerons ici dans quelques détails au sujet de cedernier mode de façonnage, surtout à cause de l'exten-sion considérable qu’il a reçue dans la manufacture de; Sèvres depuis ces dix dernières années : on s’en est; servi dans plusieurs circonstances pour obtenir soit despièces si minces, qu’il eût été difficile de les obtenir parles procédés du tournage ordinaire, soit des piècesd’une dimension et d’une épaisseur telles, qu’il eût étéde toute impossibilité de les mouler ou de les ébaucheran tour. C’est ainsi que des tasses minces comme de»coquilles d’œuf et de grandes jattes chinoises ont été fai-1 tes avec une rare perfection par le procédé du coulage.

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