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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TOT KRI ES.

POTERIES.

péricur du second tube. Si l’anse doit avoir une cr- itaino épaisseur, on répète l’injection, mais en prenantpour orifice d’entrée celle qui servait d’orifice de sor-tie dans l’expérience précédente ; on opère de la mêmemanière. Si la largeur du canal évidé de l’anse est con-sidérable, on doit avoir le soin de retourner le moule defaçon que lu face supérieure devienne l’inférieure, afinque toutes les pariies aient, autant que possible, lamême épaisseur. On évite ainsi, le liquide séjournantles deux fois dans les mêmes parties inférieures, que lefond prenne plus d’épaisseur que les points donnés parla coquille supérieure

Les soucoupes de tasses minces sont aussi préparéespar le coulage; il faut éviter que le îlot de barbotine,en arrivant dans le moule, n’éclabousse, et n’occasionneun frémissement qui se traduit sur la pièce cuite pardes ondulations. Dans ce but, on dispose sur le mouleun faux bord incliné, métallique, sur lequel le jet debarbotine s’aplatissant déverse sans secousse le flotdans l’intérieur du plâtre.

On a pu voir aux Expositions de Londres et deParis de grandes jattes de forme chinoise de 0 ,n ,83 dediamètre. On peut se faire une idée de la manièredont on procède par l'inspection de la fig. 3G94.

o représente la bâche qui fournit la barbotine, et ble moule percé d’un trou par la partie inférieure : untuyau qui s’ajuste dans ce trou introduit par le basla pâte liquide, qui monte giwduellement sans bullesni secousses. Une cuve c, placée sous la table qui sup-porte le moule, reçoit l’excédant de barbotine qu'onsoutire au moyen d’un robinet.

S’il n’est pas déjà sans difficulté de couler une piècede cette dimension, les difficultés s’accroissent encorepar la nécessité de boucher le trou qui transperce lefond de la pièce. On s’y prend de la manière suivante :Après avoir nettoyé le moule, c’est-à-dire après avoirenlevé avec une lame compacte la partie de pâte quis’est épanchée sur la surface horizontale qui le termine,et coupé les bavures de l’ouverture pratiquée dans lefond et qu’il s’agit de boucher, en laisse tomber dansle fond du moule, par cette ouverture, un bouchon deplâtre parfaitement sec et bien ajusté, pour qu’il com-I lète la calotte sphérique que présente la partie infé-rieure du moule. Ou verse alors de la barbotine très-épaisse qu’on mélange légèrement avec les parties unpeu raffermies qui limitent l'ouverture à boucher et quivient s’y souder d’une manière intime. On donne aufond formé de la sorte une assez grande consistance, eton le finit par un tournassage qui le ramène à uneépaisseur convenable. Le pied de ln jatte est couléd’autre part, et sert de support à la pièce pendant lacuisson au grand feu : il res’e indépendant; on le réu-nit par des liens métalliques après toute cuisson. On aremarqué que toutes les fois qu’on voulait coller lepied soit en pâte, soit au moyen de la glaçure, les diffé-rences de retraite, occasionnées par la distance desdeux centres de contraction de la jatte et du pied né-cessairement eouh’-s séparément, entraînaient ou le dé-collage, si le collage était mal fait, ou la casse lorsquele collage était bien fait

Ou a modifié le procédé de coulage d’une manièreheureuse pour en obtenir sûrement les plateaux quicomplètent les cabarets minces. Au lieu de remplir lemoule de pâte liqui le, on fait glisser légèrement cemoule dans un bain de barbotine. Le moule se recouvreextérieurement et intérieurement do pâte raffermied’une épaisseur en rapport avec le temps de l’immer-sion, l’épaisseur du moule et la viscosité du bain. Ounettoie le moule au dehors; on enlève avec un couteaula pâte adhérente sur la face horizontale, en mêmetemps qu’avec une pointe on détache légèrement, pourfaciliter la dépouille, le faux bord du plateau. On exa-mine attentivement s’il ne se fait pas quelques fissures

pendant la dcss’ccation et la retraite qui raccompagne,et on arrête par ua trait de pointe et en travers toutescelles qui se déclarent tant qu’elles restent sur le champdu faux bord. Ce plateau n’a pas de pied

Ou combine souvent les deux méthodes du moulageet du tournag ï pour obtenir dans une même opérationdes ébaudies plus fines et de meilleure réussite.

Dans le moulage à la housse, on fait une ébauche surle tour sans secours d’anpui ou de moule; on la ter-mine par le moulage. Tantôt, suivant le cas, on placela housse sur le moule, qui a la forme d’un noyau etqui peut donner directement des dessins à l’intérieur.Le moule est placé sur un tour. Le. tourneur comprimeavec une éponge la housse contre le moule; tantôt onla met à l’intérieur du moule, dont la forme est creuse,et qui peut donner alors directement les reliefs dont lasurface extérieure est ornée.

La lioiiS'C peut être simplement une balte, lorsque lemoule est creux; c’est ainsi que pour mouler mécani-quement un grand nombre de pièces dites de petitcreux, ou se borne à placer dans le moule, animé d’unmouvement circulaire qu’il tient du tour, une balle depâte qu’on fait monter en la perçant avec les doigts lelong des parois du moule. 0:i modifie cette méthodeen faisant descendre dans le creux une sorte de noyauqui remplace les doigts. Cette méthode est appelée sanscontredit à modifier notablement le prix de revient despièces de porc daine.

Ou donne le nom de calibrage au procédé mixte ré-sultant de la combinaison du moulage et du tournagedans lequel le moule donnant la forme intérieure ouextérieure de la pièce, la surface extérieure ou inté-rieure est donnée par le tournage avec l’aide d’un profilfixé d’une manière invariable. On obtient, au moyen ducalibrage, des pièces d’une régularité, d’une minceur,et partant, d’une légèreté remarquables ; on ne fait pasautrement à Sèvres les assiettes de toute dimension,unies ou à reliefs.

Pour ccs derniers objets, il convient d’apporter leplus grand soin à la confection des moules. A ce titre,nous relaterons ici lo procédé proposé par M. HubertMoreau de Mehun , pour obtenir des mères d’une exé-cution irréprochable, seules capables de reproduire lesmoules dont on a besoin pour la fabrication des as-siettes. Le travail de l'auteur a reçu de la Société d’en-couragement l’accueil le plus favorable, et le rapportque j’ai fait peut trouver ici, en substance au moins,une place convenable. Les considérations suivantesnous paraissent de nature à faire comprendre les avan-tages de ce système, tant au point de vue de l’écono-mie, qu’à celui de la régularité, de la perfection et dela rapidité du travail.

I,a fabrication de l’assiette nécessite l’établissementdu modèle, qu’on enduit d’une couche d’huile sic-cative ; il donne l’intérieur de l’assiette ; sur ce mo Iè.eon coule un plâtre qui prend le nom de mère; on Jedurcit aussi par l’huile siccative ; c’est sur cette mèrequ’on coule ensuite les moules en plâtre sur lesquelson moule les croûtes. Ces procédés sont ceux qu’onpratique généralement et depuis longtemps dans toutesles manufactures de porcelaine. Ils entraînent certainsinconvénients qui ne peuvent être évités par la plusscrupuleuse attention, car ils sont inhérents au plâtre.On sait, en effet, que pendant qu’il fait prise, le plâtre. augmente de volume; or, l’expérience a démontré que,

. après vingt tirages dérivés l’un de l’autre, la dernièreépreuve d’un modèle de 25 centimètres en présente 27.

Indépendamment de cet inconvénient qui conduit àl’altération du volume des objets, et quelquefois ausside leur forme, on est exposé, par le gauche que peu-vent prendre les moules, à fabriquer des assiettes plusdéfectueuses encore que le moule lui-même. Enfin lanécessité de faire par le tournassage la poignée des