SAVON*.
SAVON*.
Ü03
de poussière auxquels elles servaient de lien, ainsi iqu’une adhésion pour ces petits fragments de matière Iqui les rende susceptibles de sortir du tissu avec 1 • plus !de liquide, quand on exprime l’eau savonneuse dontles tissus étaient imprégnés. Les qualités accessoiressont de ne pas avoir de mauvaise odeur et de ne pas enacquérir par l’action de l’air à laquelle il doit êtresoumis; d'avoir une pâte homogène qui ne permette al’eau de n’agir qu'à la surface, et une dureté qui luipermette d’exercer une friction utile à l'effet détersif àla surlace du tissu.
C’est cet ensemble de qualités, que possèdent, à unhaut degré, les savons d’huile d’olhc, qui eu avaientsi généralement popularisé l’usage. On les retrouveaussi dans les savons d’huile de palme qui, pas plusque ceux d’huile d'olive, ne rancissent à l’air, et pren-nent même par la \étusté une odeur agréable. S;, nsavoir absolument Les memes qualités, l’huile de cocopeut intervenir d'une manière utile , et surtout, ens’alliant aux autres corps gras, fournir les élémentsd'un bon savon. Mais on conçoit que si ces corps gras,et plus spécialement l’huile d’olive et l’huile de palme,se prêtent le mieux à la confection d’un excellent sa-von, les suifs, où domine toujours l’odeur des acidesgras odorants; les huiles de poisson, plus odorantesencore; les huiles de navette et du lin, altérables àl’air et si disposées au rancissement; les graisses d’os,des qualités les plus infimes et odorantes, peuventêtre, avec avantage, employés à la fabrication de sa-vons susceptibles de servir à des usages grossiers di-vers; et l’on doit encourager toute tendance à profiter«les matières grasses, même les moins pures, pour enfabriquer un savon possédant les propriétés essentiellesde ce genre de produits.
On a cru pendant longtemps que la fabrication dessavons consistait dans une combinaison pure et simpledes corps gras et de l’alcali, et la pratique avait apprisà préparer d’excellents produits avant qu’elle pût êtreéclairée par la théorie. Les beaux travaux de Si. Che-vreul sont venus, il y a quarante années, apprendreaux savonniers ce qu’ils faisaient, et montrer aux chi-mistes que ccs corps gras se décomposaient sous l’in-fluence de l'alcali, et que de cette décomposition résul-taient des corps nouveaux dans la production desquelsinterviennent les éléments de l’eau, des acides gras secombinant avec la soude-et constituant le savon, et uncorps neutre, la glycérine, qui est étrangère à ses pro-priétés. Les savons sont donc des sels, et l’on conçoitqu’on peut les obtenir dans un état de pureté plus oumoins grande, selon les méthodes employées pour leurfabrication.
Lapins simple de toutes est celle que l’on emploiepour fabriquer les savons mous, à base de potasse,dont la production a certainement précédé celle dessavons durs, savons dont l’usage pourra bien se main-tenir dans les manufactures de draps, dans le foulon-nage , mais qui sont destinés à disparaître de l’emploidomestique et à être remplacés par des savons doux, àbase de soude, malgré la qualité qu’ils ont de commu-niquer une souplesse remarquable aux tissus qu’ils ontcontribué à blanchir. Elle s’opère en faisant bouillir,dans des chaudières en fer à fond conique , des huilesde chènevis, de colza et de navette, etc., etc., avec deslessives de potasse caustique que l’on y introduit àtrois reprises, en commençant par les plus faibles.Lorsque le mélange est parvenu à une consistance con-venable, qu’il est homogène et transparent, on le couledans des tonneaux pour l’embariller après le refroi-dissement, elle livrer an commerce. Mais on conçoitqu’avec un pareil mode de fabrication, le produit doitcontenir toutes les impuretés du corps gras, toutescelles qu’a apportées l’acali, qui est aussi loin d’être pur,ainsique la glycérine provenant de son dédoublement.
Ce fut une découverte réelle que l’observation de ce-lui qui, utilisant, sans s’en douter, la faible solubilitédes sels dans une solution saturée d'un sel de mCunobase, se servit du sel marin ou des soudes salées pourprécipiter le savon de soude, et obtenir ainsi ces savonsdits lavés sur lessives ou sur gras, produit aitssi pur quele serait un sel qui se serait cristallisé ou qu’on obtien-drait par précipitation, et qui abandonne dans les les-sives qu’il surnage toutes les matières qui lui sontétrangères. C’est là la base du procédé dit à la grandechaudière^ et dont il serait important de voir étendreet généraliser l’emploi.
C’est là le mode exclusif de fabrication des savons deMarseille .
Dans cette ville, où sc sont conservés sans altéra-tion les procédés do fabrication dont une longue expé-rience avait appris l’utilité, on emploie ordinairement,pour la fabrication du savon, une partie d’huile et deuxparties de cette soude hrute, dite savonnière , qui estpréparée dans les nombreuses fabriques de produitschimiques de cette localité pour cet usage spécial. Lasoude mêlée avec de la chaux est obtenue par un lessi-vage fait dans des réservoirs en maçonnerie, sous laforme de lessives caustiques plus ou moins concentrées,que l’on mêle de manière à obtenir une moyenne de10 degrés. Dans des chaudières de 10 mètres cubes docapacité, dont le fond est en fonte et les parois en ma-çonnerie , on verse les 9/10 e * de cette lessive, et lors-qu’elle a été amenée à l’ébullition, on ajoute toutel’huile destinée à l’opération. Les deux substances semêlent et sc pénètrent, la masse devient pâteuse; delà le nom d’emputage qu’on donne à cette premièrephase de la fabrication. La masse pourrait adhérer à lachaudière chauffée seulement par le fond et à feu nuet s’y brûler; mais l’ouvrier qui dirige l’opération em-ploie le dixième de la lessive qu’il a tenue en réserve ,et en la versant au moment opportun, il empêche cetteadhérence. Le premier effet de la solution alcaline aété d’émulsionner l’huile, c'est-à-diro do la rendre mis-cible au liquide aqueux. Dans cet état de contact in-time de l’aleali et du corps gras, la saponification com-mence; mais, pour la rendre complote, il faut, aprèseette opération de l’empatage, maintenir la masse àla température de l’ébullition de la lessive et cuire lesavon. Quand cette cuisson, qui dure plusieurs jours,c’est-à-dire, quand la saponification est complète , ouajoute des lessives dites salées, qui ne sont presque enréalité qu’une solution de sel marin, dans lequel lessavons de soude sont peu solubles ; cosavon , par cetteopération, désignée sous le nom de relargage, se séparede son eau mère qui en baigne les petits fragments, etque l’on écoule par ce qu’on appelle Yépinage, aumoyen d’un robinet placé au fond de la chaudière. Cesavon précipité est loin d’être pur; il contient, outrel’eau mère qui en baigne les fragments, le savon inso-luble dont l’alumine et le fer que renfermaient les sou-des ont pu déterminer la formation. Il faut donc pro-céder à la purification ; c’est là la partie la plus délicatedu travail. Enlever eette eau mère salée et la rempla-cer par des lessives faibles plus pures, dans lesquellesle savon puisse la dissoudre sans se dissoudre, purifierparle dépôt des matières insolubles, sans cependantabsorber une trop grande quantité d’eau, est le but del’opération, que l’on atteint plus aisément en ajoutantclans la chaudière des lessives plus fortes ou plus fai-bles, de manière à maintenir la liqueur à 17 degrés dupèse-sel environ. L’ouvrier, placé sur une planche quitraverse la chaudière, en pourra rompre, avec un agi-tateur de bois, la pâte savonneuse, tandis qu’un autreverse la lessive dans le sillon qu’il a fait, et cette opé-ration sc continue jusqu’à ce que la masse, qui pré-sentait une agglomération de grumeaux, soit devenuehomogène. Elle est alors maintenue chaude pour que ,