SOLUBILITÉ DK S SELS.
SriIÉROIDAL (ÉTAT). 507
SOLUBILITE DES SELS DANS L'EAU. Gay-Lussac a déterminé )a solubilité des principaux selsdans l’eau aux diverses températures et a dressé le ta-bleau que nous reproduisons ci-après. Le fait le plusremarquable qu’il ait constaté est celui qu’offre le sul-fate de soude qui présente un maximum vers 33°.Mais on doit remarquer que ce sel offre alors uuctransformation, c’est-à-dire que le sel qui se précipitede la liqueur saturée au-dessous de 33° est du sulfatehydraté, et au-dessus de ce point du sulfate anhydre.
Sel dissouspar
Chlorure de potassium
Chlorure de barium anhydre . .
Chlorure de sodium
Sulfate de potasse,
Sulfate de magnésie anhydre . .
Sulfate de soude anhydre. . . .
Azotate de baryte,
Azotate de potasse
1 0 °19,3552.2979,58109,GO
1 15,6449,3I74,89105,42( 13,89) 10,90\ 59,93[109,73l 42,72) 49,08•\ 63,90(401,50
1 14,5839,8649,0864,3597,03/ 0,0011,6713,3017,9125,0528,7630,75/ 31,84.( 32,73\ 33,8840,1545,0450,4059,7970,6184.42'103,17
! 0,0014,9517,6237,8749,2252,1173,7586,21101,65
1 0,005,0141,6717,9124,9435,1345,1054,7265,4579,72. 97,66
29,21
34,53
43,59
50.9359,2634,8643,84
50.9459,58
35.8135,8837,1440,38
10.5716,91
19.2926,33
32.7545,05
49.18
56.75
72.305,02
10,12
11,74
16,73
28,11
37,05
43,05
47,37
50.6550,0448,78
47.81
46.8245,4244,35
42.96
42.655
8,18
8,54
13,67
17,07
17.9725,01
29.57
35.1813,3216,7222,2329,3!38,40
54.82
74.6697,05
125,42
169,27
236,45
Chlorate do potasse.
0,00
3,33
13,32
5,60
15,37
6,03
24,43
8,44
35,02
12.03
49,08
18|9(»
74,89
35,40
104,78
60,24
En représentant ces résultats par des courbes tra-cées en prenant les températures pour abscisses et lessolubilités pour ordonnées, on a des lignes qui indi-quent à première vue les solubilités relatives des diverssels et la marche de l’accroissement de cette solubilitéen raison des accroisssements des températures.
SPHÉROÏDAL (ETAT). Les travaux de M. Bou-tigny (d’Evreux ) sur les phénomènes qu’on appelaitautrefois de caléfaction, et qu’il rapporte à ce qu’il anommé l’état sphéroïdal des corps, l’ont conduit à derésultats du plus haut intérêt qu’il a rapportés daus unvolume qu’il a publié sous le titre d 'Etudes sur l'étatsphéroïdal des corps, et qui va nous permettre de com-pléter l’idée sommaire de ses curieux travaux, déjà in-diqués à l'article vapeur.
Lorsque, après avoir chauffé au rouge une capsulemétallique d’argent ou de platine, par exemple, l’ony verse quelques grammes d'eau, le liquide ne s’vétale plus et ne la mouille pas comme il le fait àla température ordinaire ; il prend la forme d’unglobe aplati, ce que M. Boutigny exprime en disantqu’il passe à l’état sphéroïdal. A cet état l’eau prendun mouvement giratoire rapide et elle ne se vaporiseplus que très-lentement, 50 fois moins vite que dansles cas ordinaires à 200°. Enfin si la capsule se refroi-dit, il arrive un moment où l’état sphéroïdal cesse;l’eau mouille alors la capsule et une ébullition violente,une espèce d’explosion, se produit subitement.
Tous les liquides peuvent prendre l’état sphéroïdal,à des températures d’autant plus élevées que leur pointd’ébullition est plus élevé. Pour l’eau la capsule doitGtre chauffée à 200° (et il se maintient jusqu’à 442°},pour l’alcool jusqu’à 134°.
Si l’on cherche à déterminer la température dessphéroïdes, on reconnaît qu’elle estinférieure à celle dupoint d’ébullition, quelle que soit d’ailleurs la tempé-rature du corps qui les contient. Elle paraît d’ailleursinvariable et pour l’eau s’élève à 96°,-5, pour l’alcoolà 7o.o, l’éther à 34°, environ 3 ou 4 degrés au-des- (sus du point d’ébullition. C’est cette propriété des li- 'quides qui a conduit M. Boutigny à une bien curieuseexpérience, que l’on ne peut jamais voir sans sur-prise, et qui consiste à changer de l’eau en glace dansune capsule chauffée au rouge blanc. Si l’on y verse del’acide sulfureux liquide qui se vaporise vers — 40°,la température du sphéroïde qu’il forme sera infé-rieure à — 40°, et par suite une petite quantité d’eauversée dans celui-ci formera immédiatement un glaçon.L’expérience réussit encore dans le vide. On peut con-geler de meme le mercure avec l’acide carbonique.
Par une application directe des principes sur les-quels repose cette expérience, on peut ;
4° Remuer dans l’eau, avec les mains, du verre in-candescent qui constitue à l’état sphéroïdiil l’eau quil’approcbc.
2“ Plonger le doigt dans le plomb fondu aprèsl’avoir mouillé avec de l’éther, ce qui fait éprouver unesensation de froid.
3° De même couper avec la main un jet de fontede fer sortant d’un haut fourneau.
Si l’on étudie expérimentalement ces curieux phéno-mènes, on reconnaît bientôt que le fait de la constitutionde l’état sphéroïdal coïncide avec un écartement du li-