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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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508
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STÉRÉOSCOPE.

508 SPHÉROÏDAL (ÉTAT).

quidc (le la paroi échauffée ; ain.û >1. Boutigny a putrès-nettement voir la flamme d’une bougie entre l’eauet une plaque rougie. 11 est donc naturel de supposerque la vapeur dégagée au contact de la goutte d’eau,dont la température est en raison de celle de la cap-sule, soulève l’eau, et la soustrayant ainsi par sa for-mation continue à l’action de la pesanteur, à peu prèscomme dans l’expérience de M. Plateau rapportée àl’article cafillaritk, permet à l’ntiractiôn de fairenaître la forme sphérique. Ceci posé, étudions avecsoin les mouvements de rotation dont M. Bout : gnvne nous paraît pas avoir tenu un compte suffisant dansl’explication des faits :

La clialenr communiquée aux liquides produisantdes mouvements moléculaires orbitaires, dans le cas oùla pesanteur gêne ces mouvements, ils ne peuventêtre, pour la plus grande part au moins, qu’h<>ri/.on-taux. Mais lorsque cet effet se trouve détruit, les mou-vements résultant de réchauffement peuvent se pro-duire dans tous les sens; dans l’état de liberté engendrépar cette cause, et de division de la masse en globulesqui en résulte , ces mouvements orbitaires s'éten-dent et passent de l’état de mouvements moléculairesà la nature des mouvements de masse. Ceci seulementpeut rendre compte de la puissance extrême des explo-sions produites, lorsque toute la chaleur de l’eau à l’étatsphéroïdal, plus la force vive emmagasinée à ce mêmeétat , et repassant à l’état de forces vives atomiques,c’est-à-dire de chaleur, viennent à agir en même tempssur les parois du vase qui renferme l’eau. Sans cetélément de transformation de force vive en chaleurou pression de vapeur, on ne peut se rendre comptede certaines explosions effrayantes, telle qu'une ex-plosion de locomotive notamment brisant les railset les enfonçant dans le sol par une pression énorme.

Les mouvements orbitaires sont manifestés, lors-qu’on projette une poussière fine sur les sphéroïdes,par des ellipses qui s’entre-croisent et se succèdent avecune grande rapidité, par des sons, variables en raisonde la température, que rend la capsule dans laquelleest le sphéroïde.

Cette explication fait comprendre comment l’effetd’évaporation à la surface peut abaisser la températuredu sphéroïde au-dessous de celle du point d'ébullition,du liquide, la chaleur rayonnante pro luisant princi-palement une force vive au lieu d’un échauffement,se transformant ainsi sans que la conversion en gazait eu le temps de se faire, mode habituel de commu-nication de cet excédant de forces vives.

Nous ne croyons pas absolument nécessaire d’ad-mettre avec M. Boutigny que les sphéroïdes sont main-tenus en l’air par l’action répulsive du caloriquerayonnant, ni encore qu'ils réfléchissent toute cettechaleur. La chaleur rayonnante, émise par unesource de chaleur à une haute température, les traversefacilement pendant qu’une partie produit, croyons-nous, des accélérations de mouvements ovbitaires gé-néraux comme nous venons de le dire. La répulsionnaissant au contact du liquide et du métal incandes-cent, par l'action de ressort qu’exerce la vapeur ins-tantanément formée, nous semble parfaitement suffirepour rendre compte du phénomène de la suspensiondu sphéroïde, même dans le cas où M. Boutigny faitnaître l’état sphéroïdal entre les spires non serrées d’unfil de platine.

L’intérêt de cette étude pour analyser certains casd’explosion de chaudières à vapeur, difficilement expli-cables, doit nous faire entrer dans quelques détails surl’étude expérimentale de ces curieux phénomènes.

Nous rapporterons ici l’expérience fondamentale ;

Une petite chaudière, dont le fond est chauffé jus-qu’au rouge par une lampe, est fermée par un bouchonà travers lequel passe un tube terminé à l'extérieur par

une ouverture de 1/2 millimètre de diamètre par lequelpasse un petit jet de vapeur qui ne paraît pas avoirde tension tant elle (?st rare, tant que l'cnu mise dansla chaudière est à l’état sphéroïdal (fig. 3717;. Aus-

3717.

sitôt que la température est abaissée suffisamment,après qu’on en a retiré la lampe, pour que l’eaumouille la chaudière, un jet de vapeur d’une grandevitesse passe par le tube, et le bouchon est aussitôt jetéviolemment en l’air malgré la présence de cotte espècede soupape de sûreté.

Une remarque très-importante est que la pressionindiquée par le manomètre baisse brusquement lorsquel'eau passe de l’état ordinaire à l'état sphéroïdal. Oncomprend alors quel danger fait courir l’introductiond’une grande quantité d'eau froide ; la seule chance desalut est de supprimer l'alimentation, et, sans diminuerles feux, de vider la chaudière par tous les moyens donton dispose.

M. Boutigny a conclu des dangers des explosionsl’utilité de construire des chaudières sans eau. 11 em-ploie à cet effet des cylindres portant à l'aide d’unaxe central des diaphragmes percés de trous, dont lasurface est alternativement convexe et concave. L’eauversée à la partie supérieure est vaporisée presquecomplètement avant d’arriver en bas ; malgré des sur-faces de chauffe extérieure assez exiguë*, ces chau-dières ont donné des résultats assez satisfaisants. (Yoy.Guide du Chauffeur.)

STÉRÉOSCOPE. L’idée première de cet instrumentest duc à M. Wheatstonc; il l’avait réalisée, dès 1838,sous nue forme peu commode, il est vrai, mais suffi-sante pour faire ressortir le principe éminemmentneuf qu’il avait introduit dans la théoiie de la \isionbinoculaire. En effet, avant M. Wheatstone , les physi-ciens et les physiologistes ne s’étaient pas renducompte, d’une façon suffisamment nette, de l'influenceque la double impression reçue par l’organe visuelpouvait avoir sur l'appréciation de la forme que lesobjets présentent. On pensait bien que le mouvementplus ou moins grand de convergence, communiquéaux axes optiques des deux yeux pour les diriger enmême temps sur un même objet, permettait de recon-naître la distance plus ou moins grande à laquelle ilse trouve; on savait aussi que les personnes privéesd’un œil manquent de précision dans l’appréciationdes distances et ne peuvent arriver à suppléer à la vi-sion binoculaire que par le sentiment de la perspective