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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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STÉRÉOSCOPE.

SURCHAUFFE.

ces admirables vues des beaux sites de la Suisse , desgrands monuments de l’Italie ? Est-il un moyen quipuisse rendre plus complètement, dans un aussi petitcadre, les beautés de la nature ou les merveilles desarts ?

Les effets stéréoscopiques peuvent, on le sait, êtreobtenus à l’aide du strabisme. Le stéréoscope évite ledéplacement des yeux en déviant les pinceaux qui ar-rivent des divers points des images ; or cette déviationdoit être telle que les images occupent la même positiondans l’espace à la distance à laquelle elles se fout.

Il résulte de là qu’un stéréoscope , réglé pour unmyope, ne l’est pas pour un presbyte, et inversement.Quand l’effet est satisfaisant pour une vue moyenne,les autres vues s’en accommodent par une légère dévia-tion des axes optiques, qui se fait instinctivement parsuite de l’habitude que nous avons de la vision bino-culaire. Néanmoins cette accommodation exige une ten-sion des muscles d’autant plus forte que la distance àparcourir est plus considérable ; de là ce tiraillementdes yeux et cette fatigue continue que certaines per-sonnes éprouvent en regardant dans le stéréoscope. J1arrive même que, pour certaines personnes, la super-position 11 e peut pas se faire, malgré l’effort instinctifde l’organe visuel.

Four remédier à cet inconvénient, M. Duboscq a sé-paré dans le stéréoscope la partie de l’appareil qui pro-duit la déviation de celle qui rejette l’image à la dis-tance de la vision distincte. Dans le stéréoscope deM. Brewster, ces deux fonctions étaient remplies parles demi-lentilles; dans le stéréoscope nouveau, ellessont séparées. La déviation est produite par des prismesfixes, le grossissement par des lentilles, que l’on peutavancer ou reculer à volonté. Telle est la dispositionreprésentée fig. 3718, telle évidemment que les deuximages placéos cun, n’, vienuent se superposer eu m.

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On peut donc, en déplaçant les lentilles, vendrel’effet satisfaisant pour chaque vue. Quand on opèreavec ce stéréoscope, le relief se produit sans que l’œiléprouve de fatigue, pourvu que les lentilles aknt uneposition convenable ; mais, dès qu’on déplace le sys-tème, les yeux éprouvent un tiraillement qui augmentejusqu’au moment où ils ne peuvent plus maintenir lacoïncidence des images, ce qui confirme les principessur lesquels l’appareil est fondé.

Cette séparation du prisme et de la lentille a, enoutre, permis de corriger un défaut qui se présentequand on regarde des épreuves de grande dimension.

Par suite de l’effet prismatique, les lignes verticaleset horizontales, comme, par exemple, les arêtes desmonuments, paraissent courbées d’avant en arrière ,comme si la partie moyenne avait reculé dans certainequantité; cet effet, qui exagère la proportion de cer-tains dessins parce qu’il fait fuir la partie centrale del’image, s’explique de la manière suivante. Quand onregarde à travers un prisme une ligne verticale, elleparaît courbe, et la partie centrale est moins déviéeque lc3 parties extrêmes ; cette impression, se produi-sant en sens inverse sur les deux yeux par l’effetprismatique des deux lentilles, donne donc le senti-ment d’un arc curviligne dont le centre n’est pas surle même plan que les extrémités.

M. Dubosq corrige ce défaut en donnant aux lentillesune légère inclinaison, de façon que les parties con-tiguës des deux lentilles soient plus près de l’œil queles bords opposés. De cotte manière, les lentilles pro-duisent dans les lignes de l'image une incurvation in-verse de celle produite par les prismes ; ces deux effetsdéterminent donc une compensation plus ou moinscomplète, et. par suite, une rectification satisfaisante.On peut donc, avec le stéréoscope ainsi disposé,obtenir de I ons effets, même avec de grandesépreuves.

Nous devons signaler, en terminant, un perfection-nement important apporté par MM. Knight et Du-bosq aux lentilles du stéréoscope. Autrefois les lentillesemployées étaient do petit diamètre et montées surdes bonnettes susceptibles d’un mouvement transversalpour les amener à l’écartement des deux yeux.MM. Knight et Dubosq ont remplacé ces lentillesétroites pur des lentilles à large surface qui viennentse toucher par leur bord : les bonnettes sont doncsupprimées, et une cloison intermédiaire terminée àun double diaphragme permet d’écarter les imagesétrangères à la production de l’effet stéréoscopique.

SURCHAUFFE dk la vapeuk. L’idée d’employerla vapeur d’eau surchauffée, c'est-à-dire chauffée horsdu contact de l’eau à un degré plus élevé que celui quicorrespond à la saturation, est une de celles que les in-venteurs reproduisant le plus fréquemment de nosjours. C’est assez dire que bien des conceptions qui nesont pas fondées sur des lois physiques se produisent àce propos ; mais y a-t il quelque emploi véritablementutile à faire de la chaleur surchauffée? C’est là unequestion intéressante à se poser et qu’a fort bien étudiéeexpérimentalement un ingénieux observateur, M. HirndcLogelbach, près Colmar , dont les travaux sur les frot-tements et les machines à vapeur sont si justementremarqués parmi ceux qui remplissent les bulletins dela savante Société industrielle de Mulhouse.

La première observation de M. llirn, observationparfaitement juste, c’est que la plupart des inventeursse trompent grossièrement en combinant des disposi-tions propres à séparer la vapeur à surchauffer docelle qui remplit la chaudière, de manière à en éleverla pression en même temps que la température. Eneffet, comme il faut toujours que la vapeur soit àune pression plus élevée dans le récipient dont ellesort que dans celui dans lequel elle entre, on voit queImpression ne saurait être sensiblement plus élevée dansla capacité où elle est surchauffée sans qu’il y aitdifficulté d’y faire rentrer de nouvelle vapeur, d’autantplus que l’on voudra la chauffer davantage, ce qui né-cessitera l’accroissement de surface et, par suite, devolume de l’appareil. Il faudra pourtant que le volumede vapeur d’un cylindre suffise pour permettre la ren-trée de la vapeur de la chaudière, c’est-à-dire quel’accroissement de pression soit peu de chose ; autre-ment il faudra une alimentation consommant unegrande quantité de travail, parce qu’elle répondra àun grand volume, enfin un jeu de tiroirs au milieu