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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

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aide-laveuse, propre à 400 kilog., munie de son appa-reil de chauffage, ne coûte que 600 fr. Les divers mé-canismes que nous venons de faire connaître sontactuellement très-répandus. MM. Bouillon, Muller etcompagnie qui se sont fait une spécialité très-impor-tante, ont su rendre à l’hygiène publique un très-grand

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service; ils ont combattu l'expansion considérable desvapeurs qui dégradent les murs et fatiguent les gens deservice, l’écoulement de l’eau sur le sol, le transvase-ment pénible de la lossive h des températures inégales.

Les linges blanchis, c'est-à-dire lavés, sont placéspour égoutter, ou sur un dos bancs fixes, ou sur destriej-cles, ou sur des bancs roulants, ou bien encore surdes haches roulantes, dont le transport est facile, sanstrop grande fatigue. Les hydro-extracteurs ou esso-reuses que ces ingénieurs installent avec une grandeéconomie reposent sur le principe de la force centri-fuge ; on supprime ainsi la torsion qu’on fait subir aulinge pour l’égoutter. Une essoreuse à bras pour fem-mes peut essorer par jour de 200 à 400 kilog. de lingeégoutté; une essoreuse à bras, mue par des hommes,peut essorer de 1,000 h 1,400 kilog. par jour. Avec unmoteur mécanique, on arrive h 1,600 kilog. par jour.Une machine de cette dernière force vaut -750 francsd’acquisition.

MM. Bouillon, Muller et compagnie ont complétéleurs appareils en installant d’une manière très-heu-reuse de petites machines pour cylindrer, calandrer etsatiner le linge. Les cylindres en bois, à pression, ser-vent h étirer, lisser et lustrer le petit linge uni ; ceuxen métal chauffés servent au repassage du menu linge.Les machines à calandrer donnent le lustre du neuf;les presses à satiner forment les plis après l’apprêt.

Mais revenons aux opérations du blanchiment pro-prement dit.

Les passages à l’acide s’obtiennent par l’immersiondes pièces réunies en paquets, ou les unes après lesautres dans de grandes cuves enfoncées en terre; lemaniement des pièces est facilité par un tourniquet,mû par une manivelle ou par un engrenage mis enrapport avec la force motrice de l’établissement. Onremplace l’eau qui s’échappe et celle qu’entraînent lespièces; on remonte le liquide en ajoutant do l’acide

pour remplacer celui que la chaux et lo savon calcaireont nécessairement saturé.

On opère à froid dans l’industrie. M. Persoz proposed’opérer à des températures comprises entre 70 et80 degrés. Il y aurait économie, quoique avec une dé-pense de combustible. En effet, à cette température,les savons calcaires sont mieux attaqués par l'acide quidissout en même temps une partie des acides gras et dela matière colorante déjà modifiée. On opérerait cettechauffe, soit àfeu nu dans une cuve en plomb, soit dan*une cuve en bois chauffée par la vapeur B. Les opéra-tions mécaniques complètent les opérations chimiques ;elles tendent à faire disparaître les matières solublesdont l’étoffe est imbibée, tout aussi bien que les ma-tières insolubles répandues soit à la surface, soit dansles pores des tissus.

Ces opérations mécaniques ont pour but le déyor-geage des tissus et Vessoraye, Dégorger un tissu, c’estlui faire quitter tous les éléments étrangers dont il estsouillé, que ces éléments soient solubles ou non; esso-rer un tissu, c’est lui faire perdre la plus grande quan-tité du liquide qui le mouille. Ces deux phases dutravail exigent l’emploi d’efforts mécaniques assez con-sidérables, variables, au reste, avec la finesse du tissuet la nature de la matière textile dont il est formé.

La fibre textile retient, en effet, avec une grandeforce les matières qui s’y trouvent adhérentes. Amoins d’opérer une sorte de filtration, en se servantde l’étoffe comme filtre, on ne parviendrait que très-imparfaitement à dépouiller le tissu des matières solu-bles qu’il renferme : encore faudrait-il un temps con-sidérable et des masses do liquide. Il est indispensablede comprimer plus ou moins et à plusieurs reprises lespores du tissu, pour en exprimer tout le liquide retenupar capillarité; à force d’immersions et de déplace-ments successifs, toutes les matières solubles sontexpulsées. Quant aux matières insolubles, elles ne sodétachent que par des frottements répétés, et ce n’estque par l’action postérieure de l’eau qu’elles peuventdisparaître, ou projetées à distance sous l'influence dechocs, ou suspendues dans l’eau qui s'écoule par sonpropre poids. Dans tous les cas, l’eau devient donc unagent de première nécessité pour dégorger et nettoyerles étoffes.

Les divers appareils employés pour dégorger et net-toyer les tissus agissent par compression : tantôt leslinges sont battus, tantôt ils sont comprimés par leurchute contre des parois résistantes, tantôt ils reçoiventun choc violent par leau qui tombe avec force ; cesdiverses méthodes do comprimer sont quelquefois réu-nies dans un même appareil.

Nous ne décrirons pas ici la série des organes sivariés que l’industrie possède aujourd’hui ; nous lestrouvons décrits à l’article Blanchiment . Nous feronsseulement remarquer qu’il convient, lorsqu’on peutchoisir le système de dégorgeage, de prendre en con-sidération, avant toute chose, la nature du tissu sur le-quel on travaille ; et comme généralement un établis-sement reçoit des tissus de résistances très-variables,il est utile d’avoir sous la main les différents appareilsqu’on connaît actuellement.

Ces mêmes mécanismes sont encore ceux dont on sesert dans les teintureries pour dégorger, rincer et la-ver les tissus, après qu’on les a plongés dans les diversbains dont on a dû faire emploi pour les colorer en lanuance voulue. A ce titre le teinturier doit les con-naître et se rendre un compte exact de la manière dontils fonctionnent : les uns enlèvent à la fois les matièressolides et les principes dissous; les autres n’enlèventque les principes solubles.

Pour quelques-uns, le nettoyage est accompagnéd’efforts considérables qui tendent à détruire lesétoffes.