TEINTURE.
TEINTURE.
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Pour ceux-ci, le lavage est lent ; il exige beaucoupd’eau; pour ceux-là, une grande dépense est néces-saire pour réaliser un lavage parfait sur une échelle unpeu considérable, relativement au travail produit; cesappareils deviennent donc coûteux.
Quelques systèmes, enfin, exigent une place consi-dérable, sont bruyants, demandent à être solidementinstallés: de là, dépense d’établissement. D’autres, aucontraire, n’exigeant que peu de dépenses premières,ne peuvent être employés qu’au dégorgeage des étoileslégères; ils seraient complètement impropres au net-toyage des tissus grossiers.
L’expérience journalière a prouvé que le clapeau seprête au dégorgeage des pièces grossières avec le moinsde temps et le moins de force; si l’on ne dispose quede peu d’eau, les batteries de Wesserliny sont préféra-bles ; mais elles ne permettent pas de laver à la fois ungrand nombre de tissus. Le plateau-battoir n’exige quepeu de force, il nettoie bien, mais il demande beaucoupde temps. Le pilon ou D foulon ne doit être employéqu’au lavage des pièces qui ne craignent pas des con-tractions considérables. Le dash-xchcel est très-utilepour dégorger les étoffes fines et légères.
Lorsque les machines dont on fait usage pour le dé-gorgeage n’éloignent pas en meme temps qu’elles larenouvellent l’eau d’imbibition des tissus, il faut aprèschaque immersion essorer l'étoffe. La méthode la plussimple consiste à la tordre à la cheville. On peut esso-rer par d’autres moyens sur lesquels nous reviendronsen parlant des étoffes teintes auxquelles il faut, pourles livrer aux marchands, enlever toute l’eau qu’ellescontiennent ( voyez EssoueA). On préféré donc géné-ralement les appareils qui mouillent, immergent etcompriment successivement, pour le dégorgeage destissus à blanchir et teindre; l’essorage proprement ditne s’exécute plus que sur des pièces terminées.
Décoloration des tissus. — Les opérations que nousvenons d’exposer ont pour but d’éloigner toutes lesmatières gommeuses, grasses, résineuses, sucrées,niais elles ne détruisent pas la coloration de la fibre,elles préparent la décoloration proprement dite ; cettedernière s’effectue par le concours d’agents qui modi-fient la couleur, la transformant quant à ses propriétés,sans altérer la fibre ligneuse. Nous verrons que beaucoupde teintures sont exposées au pré, lorsqu’elles ont étésavonnées. Cette exposition, qui a pour but d’aviver lanuance en détruisant les couleurs accidentelles, touten respectant la couleur plus solide qu’on veut ob-tenir, trouve sa théorie dans celle même du blanchi-ment que nous étudions. Nous entrerons donc dansquelques détails sur la décoloration proprement dite.
A. De tous les agents que l’expérience a démontréscapables de décolorer les tissus ou de détruire les cou-leurs végétales ou animales, accidentelles ou poséesavec intention sur une étoffe donnée (nous prenons lecas le plus général), l’air est le plus anciennementconnu. On sait, en effet, qu’une toile exposée successi-vement à l’action de l'air et des lessives alcalines finitpar se blanchir; on sait, de reste, encore que beaucoupd’étoffes teintes exposées à l’air se décolorent, en per-dant complètement quelquefois toute leur matière colo-rante.
La matière colorée qu’on veut fairè disparaître dansle blanchiment n’existe qu’en très-petite quantité; l'airpeut la détruire, mais il faut, pour transformer cettematière insoluble dans l’eau, dans les alcalis, dans lesacides, en substance soluble dans ces agents, le con-cours de plusieurs circonstances sans lesquelles la mo-dification ne saurait avoir lieu. Il est indispensable deréunir l’insolation, c’est-à-dire l’influence des rayonssolaires et l’influence de l’humidité. On démontre, eneffet, qu’une toile écrite placée dans un flacon bouché,sous l’influence de l’humidité, ne se décolore pas sans
radiation solaire; elle ne se décolore pas davantagedans les conditions inverses, c’est-à-dire sous l’influencedes rayons solaires sans humidité. Dans l’obscurité, lucoloration persiste; il faut donc savoir réunir tout à lufois de l’air, c’est-à-dire de l’oxygène, du soleil et de lavapeur d’eau.
Quel est le rôle de ces divers agents? Quelle in-fluence exerce l’oxygène ?
L’oxygène agit évidemment comme matière oxy-dante, brûlant la matière colorée ; il enlève ensuiteune certaine quantité d’hydrogène qu’il transforme eueau. L’eau formée dans ce cas ne rendrait-elle pasinutile l’influence de l’humidité? L’eau dès lors 11ejouerait-elle qu’un rôle secondaire purement physique,celui d’aider à l’action chimique? L’eau dissolvant l’oxy-gène ne permettrait-elle pas alors l’introduction de cetélément dans la fibre elle-même d’une manière plusintime, plus immédiate que ne le ferait l’air complète-ment sec ?
Les rayons lumineux déterminent d’une manièreévidente l’action chimique qui s’accomplit, qu'on ad-mette l’oxydation pure et simple de la matière colo-rante, qu’on admette, au contraire, l’élimination d’unecertaine quantité d’hydrogène sous forme d’eau.A plus forte raison cette influence est-elle hors dedoute, lorsqu’on suppose réunies ces deux réactionssuccessives ou simultanées. L’expérience prouve, eneffet, que. l’étoffe étendue sur le pré, à l’époque à la-quelle la végétation est luxuriante, par un temps clair,une température élevée, un soleil ardent, par de fortesrosées, la décoloration marche promptement. Si letemps est obscur, l’air sec, si la rosée manque, la déco-loration ne progresse pas.
Pratiquement, l’opération peut être régularisée ; sil’humidité fuit défaut, on arrose; à cet effet, toutes lesprairies réservées pour l’étendage dans les blanchisse-ries ou les teintureries sont irriguées, c’est-à-dire tra-versées de petits canaux dans lesquels on puise l'eau,par le moyen d'écopes, pour la rejeter en forme depluie sur les pièces étendues. Mais si le soleil est caché,il faut attendre, car alors l’oxygène actif manque égale-ment. On sait, d’après les belles expériences de T. doSaussure , confirmées par les recherches beaucoup plusrécentes de M. Boussingault, que la décomposition del’acide carbonique par les parties vertes des plantes(décomposition de laquelle résulte l’assimilation ducarbone avec dégagement d’oxygène) n’a lieu qu’enprésence de la radiation solaire. L’oxygène mis enliberté dans cet acte important de la végétation, encoredoué des propriétés énergiques qu’il contracte à l’étatnaissant, en quelque sorte ozonisé, se dissout dans l’eauou dans la vapeur d’eau contenue dans l’air, et vientagir énergiquement sur la matière qui colore les toiles.
On altère donc ainsi par l’étendago au pré la pre-mière couche de l’épiderme des fibres; on lessive denouveau pour mettre à nu la partie subjacente, et, parune nouvelle exposition à l’air, on altère plus profon-dément la partie colorée. Ces diverses opérations serépètent jusqu’à décoloration complète.
La décoloration est maintenue par une dernière opé-ration qu’on désigne sous le nom de vitriolage. Pourconserver le blanc parfait que les pièces ont acquissur le pré, les blanchisseurs les lavent et les dégorgentdans un bain d’acide sulfurique étendu, marquant auplus 1 degré. Ce passage aux acides était tellementreconnu comme nécessaire pour éliminer toute tracede matière décolorée, susceptible de se décolorer à lalongue, que même anciennement on passait les toilesblanchies dans un bain de lait aigri. On sait que parla fermentation du lait il se développe un acide parti-culier qu’on nomme acide lactique.
On a beaucoup amélioré le procédé de décolorationpar l’air, par le seul fait de la séparation de» deux