TEINTURE.
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opérations du blanchiment. Le dégraissage, au moyendes lessives à la chaux, des lavages acides et du lessi-vage aux alcalis, a mis à nu la matière colorante quicède avec plus de promptitude à l'action de l’oxy-gène, sous l’influence de la radiation solaire; il con-vient. surtout de remployer au printemps, époque à la-quelle la végétation est beaucoup plus active ; d'ailleursà cette époque les travaux des fabriques d’indiennessont naturellement ralentis.
On connaît actuellement les conditions principales danslesquelles se produit Y ozone, l’un des agents oxydantsles plus énergiques. La production économique de cetair en dissolution peut devenir le fait le plus importantdans les opérations du blanchiment ou de l'avivage;provoquer des recherches sur les moyens d'arriver àdes préparations propres à l'emploi de l’ozone sur unegrande échelle dans la fabrication des toiles peintes,c’est donc poser un problème dont la solution peutêtre prochaine; c’est ouvrir une voie nouvelle, fécondeen grands résultats.
H. * Depuis 178o, époque à laquelle Bertho11et décou-vrit les propriétés décolorantes du chlore, l'emploi decet agent a fait une concurrence sérieuse au premierprocédé, surtout en raison de la possibilité de l’appli-quer en toute saison. Mais le rôle .du chlore n’est de-venu parfaitement efficace que lorsqu’on l’a fait réagirsur des tissus préalablement dégraissés et lorsqu’on aremplacé le chlore à l’état de liberté par le chlore àl’état de chlorure décolorant.
Berthollet, trompé par la fausse composition qu’ilassignait au chlore avec ses contemporains, assimilaità l’action de l’air l’action de l’acide muriatique oxygéné;il ajoutait, toutefois, que l’oxygène s’y trouvait con«-densé sous un poids considérable, et qu’il avait alorsune plus grande énergie que lorsqu’on le prenait dansl’air. Cette interprétation fut immédiatement en défautlorsqu’on établit la véritable nature du chlore et qu’ondémontra qu’il devait être classé parmi les corps sim-ples. Sa puissante énergie pour l’hydrogène fit ad-mettre que son action était directe et qu’il décoloraiten enlevant à l'état d’acule chlorhydrique une portionde l’hydrogène, transformant ainsi la matière colo-rante en un principe nouveau soluble dans les lessivesalcalines.
Des expériences nombreuses, dirigées en vue del’étude du chlore sur les matières colorantes, ont mishors de doute que le principe d’une action directe esttrop absolu. Certaines matières colorantes, en effet,immédiatement attaquées par le chlore humide, et sousl'influence de la lumière diffuse, résistent, au con-traire, quand elles sont en contact avec le chlore secet sous l’influence de la radiation solaire. Avec le con-cours des rayons du soleil, l’altération est profonde,elle se manifeste par la formation de l’acide chlorhy-drique et la substitution dans la molécule colorée pri-mitivement du chlore à l’hydrogène éliminé. L'eausemble doue intervenir dans la réaction, et l’affinité duchlore pour l'hydrogène a pour résultat de mettre enliberté de l’oxygène qui devient l’élément réellementactif. Le chlore agit ainsi d’une manière indirecte;cette réaction est conforme à ce que nous savons du rôlede l’eau pendant le contact du chlore et des acides sul-fureux, arsénieux et phosphoreux qui se transformenten acides sulfurique, arsénique et phosphorique. Lechlore, en dégageant de l’oxygène à l’état naissant, secomporterait exactement comme l’air, et mieux en-core, comme les parties vertes des plantes dans le blan-chiment au pré. Dans les deux méthodes, il est difficiled’ailleurs de réduire l’action de l’oxygène à l’oxyda-t'ou simple; il peut y avoir élimination simultanéed’une portion d’hydrogène sous forme d’eau.
Quoi qu’il en soit de l’explication qu’on adopte pourfixer le rôlo du chlore, son action est acquise à la
science et à l’industrie. Nous n'insisterons pas sur lesméthodes à l’aide desquelles on le prépare, on les hdonnées à l’article C'iiloke. Nous ferons remarquerseulement qu'il y a beaucoup plus d’avantage à l'em-ployer à l’état liquide qu’à l’état gazeux, et que, detous les corps chlorés, celui qui maintenant est le pluerépandu, c’est le chlorure de chaux ; il présente rem-ploi le plus avantageux. Nous renverrons le lecteur àl’article Chlorure décolorant, mais nous ajoute-rons ici que le chlorure de chaux n’est pas décolorantpar lui-même; tant qu’il reste à l’abri du contact del'air, il ne fait subir aux matières colorantes que desmodifications insensibles; sous l'influence de l'air oud’un acide la décoloration s’effectue. L’air contient dol’acide carbonique sous l’influence duquel le chlorurede chaux se décompose en acide hypochloreux ou enchlore, suivant qu’on interprète la réaction dans unsens ou dans l’autre :
Cl CaO = Cl+CaO.
2 ( Cl CaO ) = CIO CaO-hCl Ca.
Pour hâter l'action décolorante, il faut donc ajouterau chlorure de chaux un auxiliaire indispensable, tan •tôt l’air qui n’agit qu’avec lenteur, tantôt ou l’acidesulfurique ou l’acide chlorhydrique qui agissent plusrapidement, tantôt enfin l’acide carbonique, quelle quesoit la source à laquelle on préfère l'emprunter.
En supposant un dégagement de chlore, ce sel agitcomme nous l’avons dit plus haut. En supposant undégagement d’acide hypochloreux, l’action décolorantese produirait en vertu de la propriété caractéristiquede cet acide d’être par lui-même un oxydant éner-gique, abandonnant son oxygène à la façon de l’eauoxygénée.
L’action du chlore lui-même pourrait être rappro-chée de celle de l’acide hypochloreux; mais il faudrait,par des expériences directes, démontrer que la fibreligneuse jouit, comme la potasse et la soude en disso-lution étendue, de la propriété de transformer le chloreen acide hypochloreux; rien ne le prouve jusqu’à cejour.
Quoi qu’il en soit, il ne faut pas perdre de vue, pourcomprendre toutes les précautions dont on doit s’en-tourer, qu’une dissolution froide de chlorure de chauxconcentrée agit avec assez d’énergie pour détruire lafibre elle-même, et qu’une dissolution bouillante ladésorganise encore beaucoup plus rapidement. A lalongue, une étoffe mal lavée se désorganise et tombeen poussière.
Nous trouvons dans la pratique, pour la période dela décoloration comme dans celle du dégraissage, laréunion des procédés mécaniques. Les procédés chi-miques qui ont pour but de soumettre les objets à déco-lorer (fils ou tissus) à l’action des principes actifs,sont nécessairement suivis d’opérations mécaniquesdont le but est d'éliminer les produits qui résultentde l’action des premiers, et du dégorgeage, nettoyagedesécheveaux ou pièces après leur décoloration incom-plète ou parfaite. Ces dernières opérations s’exécutentdans les appareils que nous avons déjà mentionnésen parlant du dégraissage.
Lorsqu’on s’est procuré la dissolution de chlorure dechaux bien claire et dépouillée par le repos de toutesubstance étrangère, on procède au titrage de cettedissolution, on l'étend assez pour qu’elle décolore unoou deux fois sou volume de dissolution d'indigo.
On obtient la décoloration par deux méthodes essen-tiellement opposées : tantôt en opérant au moyen dedissolutions étendues qui n’agissent que lentement,tantôt en dissolutions concentrées qui agissent beaucoupplus rapidement. Ces deux procédés ont des avantagesdifférents. Le premier ne présente aucun danger pourl’étoffe, mais il opère avec lenteur; il est sans incon-vénients pour les ouvriers; dans la seconde méthode,