TEINTURE.
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teinture.
et de soie possèdent cette coloration intense qui les ca-ractérise.
<« De l'albumine coagulée par la chaleur dans del'eau renfermant du deutochlornre d’étain est coloréeensuite au contact d’une dissolution de cochenille.J.'albumine se teint comme une étoile mordancéc ; parla dessiccation, la masse acquiert une teinte grenatfoncé. Si l’on broie la masse, la couleur change ; elledevient rouge clair. En continuant de broyer, on ob-tient une couleur de plus en plus claire, qui arrive aurose. Examinées au microscope, à leurs divers états dedivision, les particules n’ont subi d’autre modificationqu’une diminution de volume. Elles restent toujourstransparentes. Ce phénomène ne se produit pas dansun corps coloré opaque dont la couleur ne se modifiopas en suite d’un broiement, meme prolongé. »
Cet effet de la transparence dans les corps colorésexplique la coloration des tissus qui composent le corpsdes animaux ; cette coloration déterminée par desquantités très-faibles de sang est due, sans nul douic,à la transparence des chairs.
La transparence des tissus qui composent les pétalesdes fleurs occasionne également cette intensité «le colo-ration, que la faible proportion de principes colorantsqu’elles renferment ne pourrait déterminer dans uncorps opaque.
Pour résumer' les résultats auxquels l’auteur setrouve conduit, il pose lui-même les conclusions sui-vantes :
« 1° Les fibres qui composent les étoffes teintes,qu’elles soient d’origine végétale ou d’origine ani-male, sont colorées uniformément dans leur substancememe ;
« 2° Les fibres de la laine et de la soie ont la pro-priété de fixer directement une certaine proportion dela base des sels métalliques employés comme mor-dants ;
« 3° La proportion de base fixée par l’étoffe mor-dancée et par conséquent lu proportion du principe co-lorant retenu par l’étoffe teinte e>t très-faible. Latransparence de la fibre et son diamètre ont une actionsensible sur le degré de coloration qu’elle peut ac-quérir. »
On peut remarquer que M. Verdeil admet qu’il n’ya pus de ligne de démarcation bien nette entre lescauses physique, chimique, mécanique auxquelles onpeut attribuer les phénomènes de teinture.
Les réflexions ([lie nous avons présentées au sujetdes différents mémoires que nous venons d’analyser nousdispensent d’insister davantage et nous conduisent àregarder comme essentiellement complexes les phé-nomènes dont le teinturier doit s’occuper..Nous y re-viendrons d’ailleurs en parlant des intermédiaires con-nus dans les ateliers sous le nom de mordants ; nous yreviendrons encore en parlant de la solidité des diversesteintes que le teinturier doit savoir produire.
Bornons-nous à rappeler que les phénomènes deteinture sont le résultat d’effets multiples et qu’il fautreprésenter l’adhérence de la couleur à la fibre :
4° Par pénétration, par voie de capillarité ;
2° Par juxtaposition, par voie de contact et de cohé-sion :
3'* Par combinaison, par voie d’affinité chimique.
Dans tous les cas, la transparence de la fibre n’estpas sans jouer un rôle dans le degré de la coloration.
§ VI. Des préparations générales
auxquelles on soumet les fibres en vue des opérations dela teinture.
Mordants. — Nous avons vu que parmi les matièrescolorantes les unes s’unissaient directement aux laines,aux fils, anx tissus qu’elle? pouvaient teindre immédia-
tement, qi;e d’autres au contraire n’étaient capables deprendre d’adhérence aux libres textiles qu’autant qu’onfaisait usage de certaines matières auxiliaires, commequelques oxydes, certains corps gras qu’on nommemordants et qui fonctionnent comme intermédiaires.
Jusqu’à ce jour ou a donné le nom de mordantà toute substance qui jouit de la double propriété des’unir d’une part aux tissus, d’autre part aux matièrescolorantes. Si nous posons ici comme principe, que nousdévelopperons plus loin, que les substances colorablesou colorées se combinent aux oxydes métalliques pourformer des composés insolubles, il semblerait que tousles composés oxydés pourraient remplir le rôle de mor-dants et devenir par conséquent la base des principescolorés plus on moins adhérents aux tissus. Il n’en estcependant pas ainsi; nous no pouvons, en effet, citerque quelques oxydes qui jouissent de cette faculté parmiles substances d’origine minérale. Quant aux corps d’o-rigine organique, nous ne trouvons que quelques corpsgras modifiés et quelques principes organisés.
Parmi les oxydes métalliques, ceux qui possèdentau plus haut degré la propriété de rendre adhérentesles couleurs, matières colorables ou matières colorées,nous ferons remarquer que les plus énergiques, l’alu-mine, l’oxyde de fer, l’oxyde de chrome sont isomor-phes, qu’ils ont le même volume pour leur équivalent,qu’ils passent de l’état soluble dans les acides à l’étatd’oxydes insolubles avec dégagement de chaleur, etc.
C’est ici le lieu de bien définir le terme de mordanten usage dans les ateliers. Emprunté sans aucun douteà l'industrie décorative, si la préparation dans laquelleon plonge PétofTe à teindre n’avait (fautre effet que defixer la couleur comme le fait le mordant, par exemple,dans la dorure sur bois, ce terme pourrait être entendusans commentaire ; mais les phénomènes de la teinturesont loin d’être aussi simples, et nous ne pouvons ad-mettre le mot mordant que comme terme d’atelierabréviatif au même titre que le mot degré centésimalquand il s’agit de définir une température. Nous avonsdit qu’il est impossible de ne pas considérer l’étoffeteinte comme une agglomération de molécules com-posées dans laquelle on doit faire intervenir souventavec modification chimique la fibre elle-même , lemordant proprement dit et la matière colorante. Sidonc nous adoptons le terme de mordant, c’est avec larestriction que nous lui donnons ici et seulement pourreprésenter un effet, sans prétendre en aucune façonen expliquer la cause. Le mordant ne rend pas la cou-leur adhérente toujours de la même manière ; il n’agitpas non plus toujours d’une même façon identique ;dans certains cas il ne fait éprouver à l’étoffe que deschangements de uuanees qui tiennent à la nature desréactions acides ou basiques en présence desquellesont lieu les phénomènes de teinture ; les modificationspeuvent encore dépendre du volume des sels métal-liques employés ; quelques exemples fixeront les idées:dans un bain de cochenille une étoffe préparée parl’alumine prendra une nuance lilas, tandis qu’uneétoffe préparée par l’oxyde de plomb sc coloreen rouge. L’hydrate d’étain et l’hydrate d’aluminepassés dans un bain de cochenille donnent des rougesdifférents, tirant au violet dans le premier cas, tirantsur le jaune dans le second cas. Ces exemples dé-montrent l’importance sur la nuance de la combi-naison chimique qui prend naissance. L’action peutêtre encore beaucoup plus compliquée. Les prépa-rations ferrugineuses font subir au composé colorédes altérations préalables ; il est remarquable que lagarance donne avec les sels de fer une couleur très-foncée; on prépare de la sorte des violets intenses quisont presque noirs.
Dans les opérations de la teinture, la préparationdont on charge les étoffes et les tissus a ln plu? grande