TEINTURE
TEINTURE.
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conditions est formulée par M. Kuhlmann, dans sontravail {Comptes rendus de V Académie des sciences , t. xun,p. 900 ct953j. « Un arrangement moléculaire nouveaupeut conduire à des combinaisons chimiques nouvelles ; ;et le résultat d’une plus grande intensité de couleurdans la teinture, sans être expliqué par l'état purementphysique de la matière, par une espèce de contractionclés fibres du coton ou du lin, doit être attribué de pré-férence à des combinaisons chimiques différentes.
« La teinture repose essentiellement sur une combi-naison chimique entre la matière colorante et la ma-tière textile naturelle ou diversement combinée oumodifiée; l’état physique de cette matière n’intervientdans le phénomène que d’une manière accessoire.
« Il est, d’ailleurs, difficile de distinguer ce qui ap-partient à l’affinité chimique proprement dite de cequi est le résultat de la cohésion ; ce qui, dans la tein-ture du charbon, par exemple, procède des propriétéschimiques de ce corps de ce qui est le résultat do saporosité.
« Dans la plupart des cas, les deux actions réuniesconcourent au même but et sc confondent en quelquesorte. »>
On le voit ici : la définition delà teinture, telle queno is l’avons donnée d’après M. Chevreul, conduit for-cément à reconnaître un ensemble de phénomènes com-plexes, et M. Kuhlmann, partisan éclairé de l'actionchimique, fait néanmoins la partde l’action mécanique.Là, en effet, est la vérité. Tous les auteurs qui sesont occupés dans ces derniers temps de la théorie dela teinture sont d’accord sur ce point, et s’ils semblentdifférer d’opinion, c’est sur la part afférente à chaqueaction dans l’ensemble du phénomène; c’est plus, aufond, à cause des termes par lesquels ils représententl’action que par le principe de l’action elle-même.
Depuis les travaux de M. Kuhlmann, M. Vcrdeil aréuni de nombreux éléments pour approfondir encorela question. Ce travail important est nouveau, et pourne pas le tronquer je reproduis ici l’extrait que l’au-teur en a donné lui même dans les Comptes rendus del’Académie des sciences , t. xi/vii, p. 9ul. 11 a pourbase des observations qui sont personnelles à l’auteur.
*« Si l’on examine au microscope des fibres isolées«le ligneux, de soie ou de laine qui ont été colorées parles procédés ordinaires de la teinture, on reconnaît quela substance de la fibre est teintée par pénétration duprincipe colorant : la fibre est uniformément colorée,transparente; on n'aperçoit aucune particule coloranteinsoluble à sa surface, elle est homogène, privée de poreset de canaux. 11 faut excepter toutefois les étoffes colo-rées par le chromate de plomb ou par l’oxyde de chromequi sont teintes en partie par le dépôt du principe colo-rant à la surface de la fibre et en partie par pénétratio/i.Dans quelques cas exceptionnels, la soie teinte en noire.-t colorée par une sorte d’incrustation peu adhérentea la fibre. Cotte enveloppe se brise et laisse voir lafibre teinte également par pénétration. En dehors decos cas particuliers, les fibres textiles teintes sontconstamment colorées par pénétration du principe co-lorant et par son union intime sur la gnbstance mêmede la fibre.
« Les procédés employés dans la pratique pour co-lorer les étoffes varient suivant la ifature des tissus.En effet, tandis que les fibres d’origine animale, laineet soie, s’emparent des principes colorants en dissolu-tion dans un bain de teinture dans lequel entre un selmétallique faisant l’office de mordant le ligneux, au
1 Nous conservons ici ce mot, mais comme terme d’atelier.Nous reviendrons bientôt sur la signification de cette expres-sion. Nous n’avons pas voulu changer le texte de fcxlrait ré-dige par.M. Verdoil. s.
contraire, placé dans les mômes conditions, ne fixerapas trace de couleur.
« Pour que du coton, du fil ou du chanvre puisse socolorer «le manière à ce que ni les lavages à l’eau ni lefrottement n’enlèvent la couleur, il faut de toute néces-sité que lo principe colorant soit rendu insoluble lors-qu’il a pénétré la substance de la fibre. La laine et lasoie semblent, au contraire, posséiler une véritableaffinité pour les principes colorants mélangés avec desmordants.
<* Dans le but d’expliquer ces phénomènes de colo-ration, j’ai étudié l’action des sels d’alumine, de fer,d'étain, employés comme mordants sur les étoffes delaine et de soie. .Vai constaté que ces,substances d’ori-gine animale possédaient la propriété de fixer une cer-taine quantité de la base du mordant avec lequel on lesmettait en contact. »
Dette propriété est commune à toutes les substancesazotées, albumine, musculine, etc., qui constituent lestissus du corps des animaux.
Par l’incinération de l’étoffe de laine ou de soiemordancée, on retrouve dans les cendres, soit le fer,soit l’alumine, soit l’étain, à l’état d’oxyde.
• « La quantité de la base ainsi fixée est très-faible ;elle suffit cependant pour déterminer dans l’étoffe etdans l'albumine une coloration intense au contact d’unprincipe colorant en dissolution avec lequel l’oxyde secombine.
<« M. Chevreul a démontré déjà que la soie sc charged’oxyde de 1er par son contact avec une dissolution «lesulfate de fer. M. Chevreul a observé, en outre, que dela laine et de la soie , par leur contact prolongé avecdu peroxyde de fer hydraté, fixaient de l’oxyde de fer,tandis que le coton n’en fixait pas trace.
«« Les chiffres suivants indiquent la proportion decendres que j’ai obtenue par l’incinération des étoffesmordancées :
Fn 100 parties.
Laine mordancée par l’alun.0,75 cendres.
id. id. id.0,72 id.
id. le sulfate d’alumine.0,86 id.
id. l’alun et le tartre. 1,12 id.
id. l’acétate de fer. 0,75 id.
id. le deutochlornre d’étain. . . . 1,25 id.
Soicmordancéc parl’acétated'alumine. 0,50Soie mordancée par l’acétate de fer. . 1,00 cendres.
id. id. l’alun.0,40 id.
Albumine
coagulée en présence de l’alun . . 1,30 id.
id. du sulfate d’alumine. . 3,00 id.
Caséine en contact avec l'alun. . . . 2,66 id.
Le ligneux placé dans les mômes conditions ne fixepas trace de la base du mordant.
Lo produit de l’incinération, dont les proportionssont indiquées plus haut, est presque complètementformé par l’oxy«le du mordant. Les cendres de la lainemordancée à l’alun renferment 80 p. 100 d’alumine.
<* La faible proportion d’oxyde fixé par les étoffes delaine et de soie mordancées ne semble pas en rapportavec l’intensité de coloration qu’elles acquièrent parleur contact avec un principe colorant formant unecombinaison avec l’oxyde qu’elles ont fixé. Aussiest-ce dans la constitution physique de la fibre qu’ilfaut chercher la cause du degré de coloration quellespeuvent acquérir par la teinture.
« Les fibres de la laine et de la soie sont très-trans-parentes ; les corps colorés transparents n’exigentqu’une très-faible proportion de principes colorantspour paraître d’une couleur foncée vus par réflexion.L’expérience que je vais décrire prouve bien que c'esten vertu de ce principp que les étoffes teintes de lama