TEINTURE.
les matières colorantes : on conserve cette affinité parla précipitation de sous-scls ou de sels neutres inso-lubles.
On a remarqué que l’acétate de protoxyde de ferétait une bonne préparation ferrugineuse » agissantdirectement sur la fibre, quelle que soit la méthodeemployée pour sa préparation. Néanmoins, d’aprèsM. Schlumberger, auquel ou doit des expériences inté-ressantes sur cî sujet, le sel préparé par l’acide pyro-ligneux est préférable toutes les fois qu’on applique lapréparation à la planche, parce qu’il y a contact del’air plus prolongé ; l’acétate de fer pur doit être pré-féré toutes les lois qu’on fait usage de rouleau, c’est-à-dire dans toutes les conditions dans lesquelles ontravaille rapidement et dans le3 genres pour lesquelsles pièces doivent être dégorgées immédiatement. Deplus, il convient que l’air n’ait pas peroxyde le ferdans l’acétate ferreux ; cependant cette manière devoir ne saurait s’appliquer à tous les sels de fer, carI 5 sulfate de peroxyde de fer donne, quel que soit letemps depuis lequel on l’a conservé, des colorationsen rapport avec la force de la dissolution ; le sulfatede fer peroxyde paraît môme préférable au sulfate deprotoxyde pour obtenir avec la garance des tonsviolets, pâles ou foncés, comme aussi pour les noirs.
Lorsqu’on se sert, comme préparation ferrugineuse,d’acétate de fer, l’expérience conseille d’appliquer depréférence le sel sur le tissu ; il s’y décompose peu àpeu et forme un sel basique qui s’oxyde à l’air. Or,dans cette circonstance, il faut prendre certaines pré-cautions pour éviter l’altération de la fibre. On n'ignoreplus actuellement, surtout d'après les expériences deM. K. Schwartz , que la fibre s’oxyde elle-même lors-qu’elle se trouve en contact, au moment de l’oxydation,avec une matière avide d’oxygène.
Cette action de l’oxyde de fer peroxyde sur lesmatières organiques ne saurait être mLc en doute.M. Kuhlmann a démontré la conversion de l’essenced'amandes amères en benzoate à 1 U0° dans un tubescellé, sous l'influence du sesquioxyde de fer ; laréduction de cet oxyde par du glucose, du sucre et desanalogues ; sou action sur les extraits d’un grandnombre de bois colorants. MM. Paul Tli-nard etHervéMangon ont apporté leurs preuves, et M. HervéMangou pense que les phénomènes se produisent envertu de la présence, dans la réaction, d'un certainsel produit sans doute par un acide probablement iden-tique avec l’acide crénique qui réduit spontanémentle sesquioxyde de fer.
Quoi qu’il en soit de cette explication, le rôle dessels de fer est incontestable; et parmi les expériencesles plus curieuses qu’on puisse citer, nous relateronscelle dans laquelle M. Wurlz de Washington a dé-montré que la dissolution de sel de peroxyde de ferpouvait blanchir les dissolutions bleues d’indigo, lessolutions de tournesol, de cum pêche et de cochenillequi sont détruites par le perchlorurc de fer. Dès 1840,M. Dumas expliquait la formation «le l’encre par l'oxy-dation du fer aux dépens de l’acide gallique; les obser-vations de M. Persoz et de M. Burreswil ont eonlirmécette théorie.
M. Kuhlmann a répété l’expérience sur la décolora-tion de l’indigo par les sels de peroxyde de fer ; cetransport de l’oxvgène n’es* pas sans inconvénientpour la solidité de l’étoffe ; qu’on l’admette par entrai-nement, c’est-à-dire par l’oxydation .simultanée de lafibre et de l’oxyde, lorsque l’oxyde de fer protoxyde setransforme en peroxyde, ou par une succession d’oxy-dations séparées s’attaquant à la fibre et résultant dela réduction do l’oxyde de fer, ce qu’il y a de certain,c’est que la fibre elle-même est sous l'influence d’uneI ropviété comburante qu’on peut attribuer à l'oxydede fer. Cette dernière interprétation peut s’expliquer à
la façon de ces phénomènes qu’on désigne sous le nomde combustion du sang.
Dans leurs rapports avec la teinture, ce? phéno-mènes ont été étudiés par Schlumbcrger. Il résulte deses.recherches sur l’impression en noir des faits quidoivent être pris en sérieuse considération et qu’on peutétendre à la teinture proprement dite ; comme on le ditgénéralement, le noir a le défaut de brûler les tissus :
L’altération de l'étoffe n’a lieu généralement quesur des échantillons traités par des dissolutions con-centrées ; rarement des étoffes préparées avec desdissolutions marquant 4 degrés llaumé sont altéréespar la teinture.
2° L’acétate ferreux altère le tissu , mais beaucoupplus lorsqu’on l’emploie pur que lorsqu’on le faitservir avec une addition d’acétate de plomb en excès.
3° L’addition des fécules et de l'amidon s’opposeà l'altération; elle est augmentée d’ailleurs par l'expo-sition à la radiation solaire, et nulle, au contraire,toutes choses égales d’ailleurs, pour une exposition àla lumière diffuse, ou dans l'obscurité.
4° Dans tous les cas l’affaiblissement du tissu sedéveloppe dans les premiers jours de l’oxydation, detelle sorte que le 21 e jour un tissu quelconque a perdude sa ténacité tout ce qu’il doit perdre par le fait dol’oxydation.
Suivant qu’on fait passer les échantillons en bouseà la température deM’ébullition ou à celle de 50°, sui-vant qu’on les plonge ou non, à la sortie du bain debouse, dans un bain de chlorure de chaux, 011 observedes signes d'altération plus ou moins avancée : faiblepour un bousage à 50 degrés non suivi d’un passagean bain de chlorure, elle est prononcée pour un bou-sage à l’ébullition suivi d'un passage au bain déco-lorant.
L'usage a conduit à mêler aux préparations de fercertains composés , métalliques ou non , dont le butmultiple peut se résumer ici en disant qu’ils doivent :
4° Favoriser la fixation de l’oxyde de fer ;
V° Prévenir une oxydation par trop rapide;
3° S'opposer à la dessiccation trop prompte ;
4° C -nserver à l'impression une grande netteté dansle cas où la teinture ne doit pas conduire à des teintesunies.
Au nombre de ces divers composés, nous constatonsdes sels de cuivre, des huiles empyreumatiques, l’acidearsénieux, du chlorure de zinc, du chlorure d’ammo-niaque, du nitrate de potasse, des chlorates de potasseet de soude, du saccharate de chaux, de l’acide oxalique,de l’acide acétique, etc.
L'action des sels de cuivre me paraît obscure, s’iln’est pas possible de la rattacher à l’action directe dela matière colorante sur l’oxyde de cuivre lui-mêmedéposé sur le t issu.
L’acide pyroligneux qu’on préfère à l’acide acétiquerenferme des matières empyreumatiques qui retardentl’oxydation du for et s’opposent à l’altération dol’étoffe. Cette différence est importante au point devue de la teinture eu noir.
L’acide arsénieux, qu’on emploie souvent pourteindre en violet et eu lilas, remplit ces deux rôles - ;d'une part, formant avec l'oxyde de fer une combinaisoninsoluble, il conserve à cot oxyde les propriétés chi-miques de cette base; d’autre part, il ralentit directe-ment ou indirectement l’oxydation souS l’influence del’air atmosphérique.
Le chlorure de zinc introduit dans la préparation dunoir ne peut pas avoir d'action directe sur les résultatsobtenus; cependant l'oxyde de zinc peut entrer encombinaison avec l’oxyde «le fer et former des com-posés multiples avec la matière colorante. .J'ai fait voirque l’oxyde de fer et l’oxyde de zinc se combinent pourformer un corps défini d’une couleur ocreuse particu-