TEINTURE.
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nablc, avec le gluten (les céréales ; la préparations’obtient de la manière suivante : Le gluten, abandonnédans des vases appropriés jusqu’à ce qu’il soit devenumnciîagineux, est complètement liquéfié ; le liquidesaturé par une solution de carbonate de soude préci-pite le gluten modifié; 5 kilogr. de gluten exigent50U à 550 grammes d’une solution d'une densitéde 1,15; le précipité gluant et élastique est lavéà trois reprises avec un litre d’eau pure, puis misà dissoudre do nouveau dans -i 3 i grammes d’unesolution d’une densité égale à 1,080. Le gluten setransforme de la sorte en un liquide nmcilagincuxqu'on peut étendre à consistance convenable pourl’impression à la planche ou l’impression au rouleau.L’expérience a fait voir que dans ce dernier cas onl’étend ordinairement pour les quantités indiquées (le3500 grammes d'eau de bonne qualité. Les fils outissus de lin et de coton sont mis on contact avec cetteliqueur, et scellés ou vaporisés, soit exposés dans uncourant d’air humide et chaud : on lave et on dégorgeensuite.
Après avoir subi cette préparation, les fibres tex-tiles peuvent contracter une adhérence suffisante avecles matières qui ne teignent que très-mal l’orscille, lapourpre française, le violet d'aniline ; quand on opèrepar voie d’impression au moyen de ces mêmes cou-leurs, on vaporise une seconde fois.
Les premiers essais faits pour aniinaliscr le cotonétaient fondés sur l’emploi du gluten finit. On se bor-nait alors à laisser le gluten brut sc liquéfier le pluspossible, puis on le mélangeait avec le tiers de son poidsd’une dissolution de soude caustique d’une densité de1,080. La liqueur mucilagineuse ainsi préparée servaitdirectement, mais elle restait infidèle dans bon nombrede circonstances.
Toutes les considérations qui précèdent, et sur les-quelles nous croyons inutile de revenir, nous ont faitconnaître les diverses préparations auxquelles on sou-met les fils ou les tissus, pour les rendre propres àfixer les matières colorantes. Nous avons vu qu’ondonnait le nom de mordants à ces diverses prépa-rations, qu’elles soient de nature organique ou donaturo inorganique. Occupons-nous actuellement desmatières colorantes, et, pour généraliser l’étude desphénomènes de teinture, considérons les matières tinc-toriales dans leur nature, dans leurs rapports avec lalaine, la soie, le coton, le lin et le chanvre, dans leurscaractères d’ensemble , dans leurs propriétés chi-miques, dans les méthodes applicables non-seulementà leur préparation, mais encore à la détermination deleur valeur commerciale.
§ VII. DES MATIÈRES COLORANTES
considérées dans leur nature, leur origine, leur prépara-tion, etc.
Lorsque l’homme sut faire, pour se vêtir, quelquestissus grossiers , il dut chercher à décorer ces vête-ments par l’application de matières colorées ; certes ily a loin des premières tentatives de cet art de la tein-ture aux temps historiques, aux merveilles qu’il peutétaler actuellement aux yeux du consommateur. Lesprogrès de la chimie ont assurément créé d’immensesressources, comme nous pourrons en juger par la suitede ces études : mais comme plusieurs matières colo-rables sont d’un emploi très-simple, il est assez permisde regarder l’époque de leur application premièrecomme très-reculée.
Hâtons-nous de le dire, il n’a fallu rien moins quetoute l’influence des sciences chimiques pour faire del’art de la teinture un corps de doctrine basé sur desexpériences variées, exactement observées et scrupu-leusement discutées.
Nature des matières colorantes.
La nature organique nous offre à l’étude un grandnombre de matières colorées ; la nature minérale enprésente de même un nombre assez considérable ;parmi les premières, quelques-unes sont devenues d’unemploi général, soit en raison de leur solidité, soit àcause de l’éclat et do la richesse'de leur nuance, soitenfin par leur bas prix et par la facilité de leur appli-cation industrielle.
Les couleurs minérales ont aussi quelquefois de 3teintes fort brillantes qu’il faut employer toutes les foisqu’on le peut ; mais cette substitution des principesminéraux colorés aux principes organiques n’est pastoujours heureuse. Ceux-ci jouissent généralement, eneffet, d’une transparence qui surpasse beaucoup celledes substances minérales. Ces dernières couleurs ont,en effet, l’inconvénient de couvrir, et ce qu’onrecherche dans la peinture à l’huile devient un incon-vénient grave dans la teinture des étoffes, puisque cesmatières masquent, parleur opacité, le brillant naturelau tissu. On n’a guère recours aux couleurs minéralesque pour la teinture du coton qui ne possède pas parlui-même un très-grand éclat.
Matières d'origine minérale. — Nous ne nous occupe-rons ici que des couleurs organiques ; les substancescolorantes minérales insolubles, pour être d’une bonneapplication sur les fils et les tissus, s’obtiennent engénéral par double décomposition effectuée toujourssur l’étofle même ;leur préparation et leur étude ren-trent d’une manière générale dans le cadre des traitésde chimie pure. Il nous suffit de citer le sulfurod’antimoine, le chromate de plomb, les sulfures d’ar-senic, lesiodurcs de mercure pour faire comprendre lavariété de nuances qu’on peut emprunter aux matièresd’origine minérale.
Matières colorantes d’origine organique. — Les ma-tières colorantes dont nous allons présenter l’histoiresont répandues dans le commerce sous le nom de ma-tières tinctoriales. Elles sont tantôt des êtres organisés,comme le kermès, la cochenille ; tantôt des parties dovégétaux, la racine de garance, l’écorce de bois jaune,les bois de Brésil ou de Campêchc, la fleur de car-tliamc; tantôt le résultat de certaines opérations qu’ona fait subir à des matières végétales, à certainesplantes, comme l’indigo, le pastel, le tournesol, l’or-seille ; à certains liquides d’origine variée, comme l’ani-line, qui fournit des nuances violettes ou rouges, l’in-disine et la fuchsine. On ne doit les considérer, ajustetitre, que comme des éléments de teinture complexesdans leur essence, dont on doit séparer la véritable ma-tière colorante, la seule utile dans la pratique.
Dans certains cas, la matière colorée se trouve natu-rellement formée dans la matière colorante brute, oudans.l’extrait qu’on en prépare; dans d’autres cas, aucontraire, la matière tinctoriale ne contient qu’un prin-cipe immédiat colorable. On a pu, par des recherchessavantes, isoler un grand nombre de ces principes,tant colorablcs que colorés, et nous devons dire quec'est la voie la plus fertile que l’industrie puisse jamaissuivre pour obtenir des perfectionnements nouveauxdans cet art déjà si perfectionné.
Les recherches de MM. Chevreul et Robiquet ontouvert la carrière, et fourni des méthodes dont lapratique s’est bien vite emparée. D’autre part, l’étudedes diverses matières organiques, nous dévoilant leurstranformations, a conduit à la production immédiate deprincipes colorés inconnus, et que les arts chimiquespréparent aujourd’hui pour les besoins de la teinture.
Nous compléterons actuellement ces données géné-rales par le tableau qui suit contenant l’indication desprincipales substances tinctoriales et leur désignationdans le commerce.