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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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S53

TEINTURE.

TEINTURE.

s’obtiennent par la division et la compression immé- Idiate des olives arrivées à leur point de maturité, etque le remaniement (les tourteaux, la fermentation desolives en tas , ou toute manipulation qui a pour effetde multiplier les points de contact de l'huile avec lesmatières qui l’accompagnent et de prolonger ce con-tact, ont pour résultat certain l’acidification de l'huile,nous verrons réunies dans la pratique toutes les con-ditions les plus favorables à la transformation de l’huilevierge eu huile tournante (Comptes rendus de l'Acadé-mie des sciences , t. xl, p. 605, et t. xlii, p. 1196).

Ces faits sont d’ailleurs prouvés d'une manière ab-solue par les observations suivantes :

On trouve depuis quelques années, dans lecommerce,des huiles de diverses espèces également propres à lafabrication du rouge turc. Ces dernières sortent de lamaison de MM. Boniface frères, de Rouen , la seuleen France qui sache préparer des huiles artificiellestournantes. Ces fabricants n’ont pas fait connaître lesprocédés à l’aide desquels ils arrivent à ce résultatimportant. Mais on peut prouver que les huiles prove-nant de l’usine de MM. Boniface contiennent des pro-portions très-notables d’acide oléique et d’acide mar-garique.

M. Chevrcul a fuit, il y a plus de vingt ans , uneobservation qui cadre avec cette manière de voir ; il aextrait du coton teint en rouge d’Andrinoplo deuxmatières huileuses, l’une neutre au tournesol, l'autrequi le rougit et qui est formée d’acides oléique etmargarique , c’est-à-dire des memes acides qui seforment spontanément dans les huiles par le contactd s substances qui les accompagnent dans leursgraines.

Si 1 huile d’olive tournante est presque exclusivementemployée dans la fabrication du rouge turc, cela tientsurtout à ce que les olives se prêtent mieux que lesgraines oléagineuses à la réaction qui donne naissanceaux acides gras ; aujourd'hui que le rôle de cette huileest parfaitement connu, rien ne semble plus facile quede la remplacer avec économie par des huiles à basprix , telles que celles d’œillette, de sésame, de colza,(le palme, etc. 11 suffit de broyer les graines ou lesamandes qui les contiennent et de les abandonner uncertain temps à elles-mêmes avant d’en extrairel’huile. Un second moyen plus simple encore consisteà mêler directement aux huiles ordinaires quelquescentièmes de leur poids d’acide oléique et margariqueprovenant des fabriques de bougies stéariques. Cemoyen a réussi d’une manière complète entre lesmains de M. Steincr, fabricant de toiles peintes à Man-chester. Personne en Europe ne fabrique autant derouge turc que cet habile industriel , et personnen’était mieux placé que lui pour juger du mérite dumélange artificiel d’huile ordinaire et des acides grasindiqués.

Ta fabrication française est d’ailleurs aussi sur lepoint de tirer parti des travaux de M. Pelouze.MM. llenry et fils à Bar le-Duc ont répété ces essais etsont parvenus à des résultats pratiques. « La propor-tion de l'acide oléique qu’il convient d’ajouter auxhuiles ordinaires varie suivant les huiles; si 100parties d'huile exigent, pour tourner, 5 parties d’a-cide oléique, d'autres échantillons en demandentjusqu’à 15, tandis que 2 pour 100 suffisent pourquelques-uns ; l’expérience seule peut indiquer laproportion exactement convenable, car un excèsd’acide oléique ramène l’huile ordinaire à ses pro-priétés primitives. Ils ont remarqué que les huiles,pour être de bonne nature, ont besoin d’avoir subipréalablement un certain degré d’épuration et que leshuiles brutes ainsi préparées se coupaient moins bienavec une même lessive de soude. »

L’époque très-prochaine à laquelle les huiles

grasses communes, autres que les huiles d’olive,prendront leur place dans l’industrie des toiles peintesm’engage à présenter ici le résumé d’expériences quifont connaître les circonstances les plus convenables àl’acidification des matières grasses. Je laisse parler iciM. Relouze, l’éminent chimiste auquel on doit l’étudede ces phénomènes.

Nous no parlerons pas ici de l'altération lente queles matières grasses éprouvent au contact de l’air ;ccttc altération, encore aujourd'hui fort obscure,semble d’ailleurs ne pas être liée d’une manière im-médiate avec le dédoublement de la matière grassoen acide et glycérine ; elle est accompagnée d’uneabsorption d’oxygène et d’un dégagement d’acidecarbonique qui font admettre upe sorte de com-bustion lente, bien éloignée des phénomènes de sapo-nification. Les faits que nous allons exposer fontpres-entir la tranformation des huiles ordinaires enhuiles propres à la confection du rouge d’Andrinoplc :ils décèlent le dédoublement très-net des corps gras enacide gras et glycérine sans que l’air intervienne dansla réaction.

« Lorsque les graines et les diverses semences oléa-gineuses sont soumises à la division qui brise lescellules et met en contact intime les substances dontelles se composent, les corps gras neutres que con-tiennent ces cellules se changent en acide gras et englycérine.

« Il se passe ici quelque chose d’analogue à ce qu’onremarque dans le raisin, la pomme, et dans beaucoupd’autres fruits dont le sucre sc transforme aus.-itôtqu’on déchire les cellules qui l’isolent du ferment enalcool et en acide carbonique. Des graines de colza, dolin, de moutarde, d'œillette, de pavots, d'arachide, desézaine , de camelinc, de camomille; des noix, desnoisettes, des amandes douces , des amandes amèresont été successivement broyées dans un mortier ;l’huile retirée immédiatement soit par la pression, soitpar l’éther et la benzine ne contenait pas ou necontenait que des traces d’acide gras.

« Une certaine quantité de la plupart des espècesdes graines ci-dcssus désignées sous des poids variantdo 2 à 6 kilogrammes ont été réduites en farine etrenfermées dans des bocaux bien bouchés. Au bout dequelques jours , ces farines contenaient toutes desquantités notables d'acide gras et de glycérine quiaugmentaient incessamment.

« Ainsi encore, (les noix réduites en pâte ont donné,sous l’influence d’une température de 12 à 25 degrés,après cinq jours, 9 p. 100, ctaprès huit jours 15 p. 100d’acide gras.

« Dans l'huile de sésame on a trouvé, après huitjours, 6 p. 100 ; après un mois, 17 ; après trois mois,47 pour 100 d’acide gras. Les huiles d’œillette et depavot se sont comportées à peu près de la mêmemanière.

n I.csamandesdouces, après trois semaines, ont donnéde l'huile contenant moins de 4 p. 100 d’acide gras ;l'huile d'arachide, au bout d’un mois, en contenaitGp. 100, après trois mois, 11 p. 100. La graine de linet celle de colza, après trois semaines, fournissaientune huile contenant 5 à 0 p. 100 d’acide.

« La saponification dont il est ici question paraîtvarier d’ailleurs, non-seulement avec la température,mais encore avec les quantités de graines employées ;l’huile d’œillette est celle qui fournit le plus d’acidegras fourni spontanément ; une huile provenant d’unegraine en poudre contenait jusqu’à 85 à 90 p. 100d’acide gras. »

Gluten. — D’après M. Walter Crum , on augmentel’affinité du coton pour les matières colorantes, tellesque l’orseillc, l’acide picriquc , la pourpre française,l'indisinc, en la combinant, si ce terme est couve-