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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

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contact du principe colorant avec les chlorures d'étain,de mercure et l’acide arsénieux.

Chlore , brome , iode. — Te chlore, comme le bromeet l’iode qui sont avec raison rangés dans la mêmefamille naturelle, agit tantôt d’une manière directe,tantôt d’une manière indirecte. Nous avons envisagédéjà les propriétés de ce corps en présence de la ma-tière colorante du lin dans les opérations du blanchi-ment; ce n’était évidemment qu’un cas particulier del’étude plus générale que je vais exposer ici.

J/action du chlore sur les matières colorantes estindirecte; toutes les fois qu’elle s’exerce en présence del’eau, il y a formation d’acide chlorhydrique et déga-gement d’oxygène à l’état naissant. Il y a dans ce casoxygénation ; l’action se porte sur le principe colorablequi peut devenir coloré, ou sur le principe coloré qui^peut être détruit par une oxydation trop avancée.

Le chlore agit directement toutes les fois qu’il rt’y apas intervention de l’eau; sous l'influence des rayonssolaires l'action peut être nulle ou vive; elle se traduitsuivant les cas par une fixation de chlore, ou par uneélimination d’hydrogène à l'état d’acide chlorhydriquequi se dégage, ou par une élimination d’hydrogène àl’état d’acide chlorhydrique qui se combine avec la ma-tière modifiée par la substitution du chlore à l’hydro-gène; la substitution porte sur un ou plusieurs équi-valents d’hydrogène.

Pour ne présenter qu’un exemple, nous citeronsl’indigo, qui subit quelques transformations remar-quables sous l’influence du chlore.

L’indigo bleu, finement broyé, soumis à l’action duchlore sec, à l’abri de la lumière solaire, ne s’attaquepas ; sous l’influence de la lumière diffuse, il s’altèrelégèrement en formant de l’acide chlorhydrique. lisedétruit promptement, au contraire, sous l’influenced’une radiation très-vive. Sous l’influence du chlorehumide eu excès, l’indigo blanc passe successivementà l’état d’indigo bleu, puis d’indigo jaune ; après cettederniere transformation, on ne peut pas ramener l’in-digo sous sa forme primitive d’indigo blanc ou d’in-digo bleu.

Le brome et l’iode agiraient, comme le chlore, surles matières colorantes, colorées ou colorables.

Hydrogène .—Uneétude complète de l’action de l’hy-drogène ou des corps avi les d’oxygène sur les matièrescolorantes conduirait assurément à des résultats pra-tiques aussi certains que celle qife nous avons fait en-trevoir au sujet de l’oxydation des mêmes substances.Dans l’état actuel de nos connaissances, des phéno-mènes de réduction, dans lesquels l’hydrogène semblejouer son rôle désoxygénant, permettent de faire re-venir, à l’état soluble et non coloré, des matières co-lorées que leur insolubilité ferait éloigner des ateliersde teinture.

Quant à la théorie pure, aucune expérience ne sembleprouver jusqu’à ce jour que l’hydrogène libre soit ca-pable d’agir directement sur une matière colorante, soiten s’y combinant, soit en éliminant une certaine pro-portion d’oxygène sous forme d’eau, mais bien évi-demment l'hydrogène à l’état naissant ou l'un de scscomposés non oxygéné désoxyde certaines matièrescolorantes et forme avec elles des composés particuliers.

L’action de ces composés a surtout été suivie sur lesprincipes colorés ; il est bien probable que l’action nes’exerce pas exclusivement sur ces derniers, que lesmatières colorables elles-mêmes sont modifiées dansdes circonstances déterminées, et que les transforma-tions qu’elles éprouvent pourraient être fructueusementintroduites dans les ateliers de teinture. On ne sauraitprésenter d’ailleurs une explication plausible de cer-tains phénomènes observés dans la pratique sans ad-

mettre que la matière colorable elle-même est profon-dément modifiée sous l'influence de certains agentsréducteurs. Noua en trouverons la preuve en expli-quant ce qui se passe dans les cuves montées à l’indigo.Généralement on peut accepter en principe que lessubstances colorées soumises à l’action des agents ré-ducteurs sont réduites et forment des combinaisonsd’un ordre à part, avec perte de tout ou partie de leurcouleur propre.

C'est ainsi que des matières colorées se désoxyde» tou s'unissent toujours à l’hydrogène ou l’une de sescombinaisons en changeant de couleur, lorqu’elles setrouvent en contact :

1° Avec des matières organiques en putréfaction,principalement dans les circonstances qui déterminentla fermentation muqueuse. L'indigo se réduit dansune cuve montée par de l’urine en putréfaction, il sedissout sous l'influence de J’ammoniaque qui joue lerôle de base, à l'état d’indigoture d'ammonium, par lamême raison qu’en présence de la chaux il se fait del'indigoture de calcium. La teinture de tournesol, ren-fermée dans un flacon à l'abri du contact de l’air, secouvre de moisissure en sc décolorant. La couleurprimitive reparaît sous l’influence de l’air. L’indisineeu contact avec l’hydrosulfate d’ammoniaque se déco-lore promptement.

2° Le phosphore, l’arsenic, l’antimoine, l’étain enprésence d’une base salifiable (potasse, soude, chaux)réduisent les matières colorantes.

3° Le zinc en présence de l’acide sulfurique et del’eau.

4° L’éther, l’alcool et le même acide agissent commeréducteurs énergiques. Ce rôle des matières réductricespourrait être considéré, d’après tous les chimistes, àdeux points de vue différents. Pour quelques cas, lesoxydes réducteurs avides d’oxygène s’empareraient decelui de la matière colorante; il en résulterait mi com-posé moins oxygéné que le principe primitif. Dansd’autres cas, l’action ne serait pas immédiate, l’eaudevant intervenir; il se dégagerait de l’hydrogène quimodifierait la nuance de la matière organique, tantôten se combinant directement avec la substance colorée,tantôt en éliminant une sertaine quantité d’oxygèneà l’état d’eau. Il est évident qu’on vertu des caractèresexcessivement variés que présentent les matières quenous étudions, on peut trouver que sous l’influence d’unmême réactif la réaction diffère beaucoup d’un corps àl’autre; des recherches délicates prouveraient que lesdeux hypothèses sont parfaitement admissibles, enfournissant des exemples à l'appui de chacune de ccsinterprétations.

l)e tous les composés réducteurs, deux surtout ontfixé l’attention d’une manière toute spéciale; ce sontl’acide sulfureux et l’hydrogène sulfuré.

L’action de l’hydrogène sulfuré a principalement étéétudiée par M. Chevreul. L’hématinc en contact avecl’acide sulfhydrique jusqu’à saturation devient jaune,et la solution mise à l’abri du contact de l’air pendantquelques jours perd sa couleur et se conserve intactedans un flacon bien bouché ; bouillie sur du mercure,dans le vide barométrique, elle perd de l’acide sulfhy-dique et lTiématine reparaît sans altération, mais pourdisparaître par suite d’une nouvelle combinaison quis’effectue spontanément au moment du refroidisse-ment. Si l’on neutralise à l’abri du contact de l’airl’hématine saturée d’acide sulfhydrique par un alcalifixe, l’hématine se sépare en combinaison avec la po-tasse, en même temps qu'il se forme du sulfure alcalin.Ces deux expériences ont prouvé que l’hématine sccombine sans modification avec l’acide sulfhydrique.

Quant à l’acide sulfureux dont on fait usage pourblanchir la soie, la paille, la laine, nous avons dit qu'iln’est pas décolorant au même titre que le chlore, et