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TEINTURE.
TEINTURE.
diverses observations, puisque quelques-unes des ma-tières les plus riches exigent, poiîr devenir utiles, leconcours simultané de l’air et de certaines bases alca-lines.
Quelques matières colorantes ne se développent en-fin qu’en vertu de l’addition de l’azote aux principesnon colorés contenus dans la matière tinctoriale. Lesobservations de Robiquet sur les lichens et sur l'acidegallique, celles de lleeren, Stas et Kane sur l’orcinedémontrent d’une manière absolue ce fait important :que l’ammoniaque agit comme les bases fixes on pré-sence de bail* ou de l’oxygène. Le phénomène le plusimportant qu’on puisse rappeler maintenant est évi-demment la transformation de l’orcine, matière inco-lore peu soluble que contiennent les lichens, en oreeïne,matière violette très-riche et très-soluble, l’une des ma-tières colorantes les plus remarquables.
Nous avons déjà fait pressentir l’importance du rôleque l’oxygène joue dans les opérations du teinturier,suivant qu’il s’exerce sur des matières colorablcs ousur. des matières colorées. Le rôle est surtout actiflorsque l'oxygène provient d’oxydes et d’acides mé-talliques réductibles qui abandonnent l’oxygène à l’étatnaissant. Le principe colorable peut être oxydé, c’est-à dire transformé en une matière utile,- de même qu’ilpeut être détruit ensuite par une action trop énergiqueou trop longtemps prolongée. Les acides chromiquesou le bichromate de potasse, par exemple, exercent uneaction de cet ordre sur l’hématine. Nous citeronscomme exemple la transformation remarquable du sul-fate d’aniline, du sulfate dexylidine, du sulfate decumi-dine, tous composés incolores, en indisine, magnifiquecouleur violette. Quelle que soit la véritable moléculequi fournisse le noyau de la combinaison, aniline outoute autre molécule complexe, il faut admettre sonoxydation par l’oxygène abandonné par l’acide chro-nique au moment de sa réduction en oxyde chronique ;le liquide qui surnage renferme du sulfate de ses-quioxyde de chrome. Nous avons présenté déjà l’expli-cation de ce qui se passe dans le mélange lorsque nousavons étudié les préparations de chrome.
En présence des sels de cuivre, il sc forme souventavec les matières colorables des laques dont la consti-tution n’est pas parfaitement définie. Si nous mêlonsle principe colorant de la garance avec l'acétate decuivre, il se forme immédiatement un précipité coloréqui contient à la fois du cuivre, de l’oxvgène, du car-bone et de l’hydrogène, c’est-à-dire les éléments de lamatière colorante, et qu’orf peut considérer avec toutautant déraison ou comme une combinaison, d’oxyde decuivre et de la matière colorante, ou comme une com-binaison de la matière colorante oxydée avec l’oxydede cuivre à l’état d’oxydule, ou comme une combi-naison de la matière colorante oxydée avec du cuivreentièrement réduit, ou bien enfin comme une combi-naison dans laquelle le cuivre jouerait le rôle de co-pule. Cette dernière hypothèse ne serait pas la moinsvraisemblable, car aucun des agents qu’on emploie or-dinairement pour trahir la présence de l’oxyde decuivre ne décèle cet oxyde dans le produit de la réac-tion. On peut admettre en principe que toutes les foisqu’un composé minéral oxydé, soit acide, soit basique,facilement réductible, se trouve en contact avec unematière colorante, il y a réduction. Il résulte du mé-lange deux composés nouveaux, un oxyde réduit et unprincipe coloré, ou un métal réduit et un oxyde supé-rieur qui peuvent rester combinés ou simplement mé-langés. On explique ainsi, par exemple, la transfor-mation de l’aniline en fuchsine par le nitrate demercure; mais il faut admettre avec restriction cettehypothèse qui n’est pas d’accord avec la réaction dol’acide arsénique sur l’aniline : la couleur rouge se dé-veloppe sans aucune réduction de l’acide arsénique,
comme nous nous en sommes assurés MM. Persoz,de Luynes et moi. Un arrangement moléculaire nou-veau peut résulter de la simple mise en présence deséléments qu’on considère* Quant à l’aniline, nous cite-rons ce fait bien inattendu de sa transformation eu unematière rouge, qui ne le cèdo en rien comme éclat à lafuchsine, par le seul contact de cette substance avec lefurfurol, huile volatile qu’on extrait du son.
Les mêmes réactions d’oxydation dont nous venonsde parler ont lieu lorsqu’on met en contact des ma-1 ières colorées avec les oxydes ou les acides réductibles.Mais, dans ce cas, si l’action est prolongée, les matièrescolorées peuvent être détruites sans que rien puisseles ramener à leur état primitif, c’est-à-dirc à l’étatde substances colorables. ]>ans le cas d’une action mé-nagée, la matière colorée peut être au contraire ramenéepar des circonstances spéciales à son point de départ ;c’est ainsi, par exemple, que l’indigo, que l’indisineincolore peuvent être obtenues au moyen de l’indigo bleuou de l’indisine violette ; mais l’indigo et l’indisine nepeuvent être transformés ni en indigo bleu, ni en indigojaune blanc, ni en indisine primitive, lorsqu’on les asoumis à des agents oxydants puissants ; la moléculeprimitive se trouve détruite. Cette destruction estsurtout facile par l’emploi de l’oxygène à l’état nais-sant. On devra donc éviter, à moins de nécessité par-ticulière, l’emploi des mélanges qui peuvent fournirde l’oxygène à l’état naissant ; nous citerons en pre-mière ligne l’eau oxygénée, le chlore et l’eau, lesacides chloreux et hypochloreux, un mélange d’acidcchlorhydrique et de peroxyde de manganèse, le chloreet les hydrates de potasse on de soude.
Tous ces mélanges sont employés dans l’industrielorsqu’on veut enlever ou détruire une couleur ; ilsprennent le nom de rongeants lorsqu’on en fait usagepour faire naître par enlevage sur un fond uni des des-sins blancs. 11 est encore d’autres mélanges dans les-quels interviennent les corps analogues au chlore,comme le brome et l’iode, qui joueraient le même rôle;mais jusqu’à ce jour leur prix élevé rend leur emploipeu favorable, et leur action sur les matières colorantesest généralement plus faible que celle que peuventexercer le chlore ou ses dérivés.
L’oxydation des matières colorantes donnerait lieucertainement à des observations utilisables par la pra-tique, si des recherches convenablement dirigées en fai-saient comprendre toute la valeur. On pourrait, sousdes influences déterminées, créer et des nuances nou-velles et des principes plus solides que ceux que nousconnaissons aujourd’hui ; malheureusement on ne saitpas encore dans quelles conditions exactes les matièrescolorées prennent tel ou tel état d’oxydation ; on n’ajusqu’à présent enregistré que des changements tropbrusques, qui ne permettent pas de mettre en lumièreles résultats d’une oxydation lente et progressive. Lesucre de raisin, que nous pouvons assimiler aux ma-tières colorantes, se modifie d’une manière remarquableau contact des sels d’oxyde de cuivre et delà potasse ;il se forme de l’oxydule de cuivre ; le sucre de canne,si voisin par scs propriétés et sa composition, sc com-porte d’une manière toute différente. Mais ce dernier,mis en contact d’un acide quelconque, prend desuite les caractères du sucre de raisin. Supposons queles modifications se trahissent par des modificationsdans les nuances; de quelles ressources ne seraient-ellespas pour le teinturier, ces transformations acquises àsi peu de frais ! Cet exemple, que je choisis entre mille,donne une idée bien nette des avantages quo pourraitprocurer l’étude des matières colorantes dirigée dansla direction que j’indique ici. C’est en partant de cesprincipes qu’on est parvenu dans ces derniers tempsà rendre solide la couleur extraite de l’orseille et qu’ona pu rendre encore moins altérable l’indigotéinc par le