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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

rince l'échantillon, les parties jaunes repassent au gris,et enfin à leur ton primitif, si Ton plonge les échamil-lons dans une solution d’acétate d'ammoniaque.

L’acide hypochloreux concentré appliqué sur ceséchantillons teints modifie la couleur, qui passe augris violacé *, ici encore la destruction de la matièretinctoriale n’est point complète, puisqu’il sulfit d'im-merger les échantillons dans l’acétate d'ammoniaque, derincer ensuite pour faire revivre la couleur, un peudégradée à la vérité, ce qui n’a pas lieu avec l’acidesulfurique.

L’acide sulfurique nitreux concentré, et étendud’eau au moment meme, altère la couleur de tous ceséchantillons ; dans aucun cas, on ne peut la faire repa-raître; le tissu même est altéré.

Les échantillons immergés dans un bain d’acidesulfureux no tardent pas à s’y décolorer : mais leurcouleur n’est point détruite; on peut la faire reparaîtredans tous, à l’intensité près, moyennant l’interventiond’un agent oxydant agissant progressivement.

Le sulfhvdrate d’ammoniaque décolore immédiate-ment tous les tissus; une portion de la matière tinc-toriale medifiée passe en dissolution h la faveur du rCdebasique de ce sulfhvdrate. Les parties de la matièrecolorante qui ont abandonné le tissu, comme celles.quiy sont adhérentes, sont toujours régénérées au moyende l'acide acétique.

L'ammoiraque se combinant avec la matière colo-rante pour former un composé incolore, les échantil-lons teints, étantplongés dans cette dissolution alcaline,s’y décolorent, avec cette particularité, que le change-ment de couleur est plus rapide dans l’échantillon teintavec la fuchsine produite au moyeu du bichlorure d’é-tain. La présence de la résine dans les autres produitsexplique cette circonstance.

Les alcalis caustiques et carbonates se comportentde la même manière que l'ammoniaque avec toutes cesdissolutions, pourvu qu’on élève la température s’ils’agît des carbonates; et pour remettre en évidence lacouleur de la fuchsine avec toutes ses propriétés carac-téristiques, il suffit de neutraliser par l’acide acétiqueles parties imprégnées par l’alcali.

Au surplus, l’identité de la matière-colorante extraitedes di vers produits que le cornu,cre<f prépare, purifiéeet ramenée à un état comparable, est mise hors de doutepar un ordre de preuves essentiellement chimiques.

On prétendait que la fuchsine préparée par le bi-chlorure d’étain était chlorée, et qu’en conséquence ilétait impossible de la confondre avec la matière obtenuepar le nitrate de mercure, agent qui, de son coté, nepeut fournir que de l’oxvgènc.

Cette manière de voir 11 e s’accorde pas avec l’expé-rience. Lu effet, si l’on prend Tune ou l’autre des ma-tières obtenues par le bichlorure d’étain ou par lenitrate de mercure, en les brûlant dans uh*creuset dep atine avec un mélange de nitre et de carbonate potas-sique purs, on ne trouve pas de chlore dans le résidude la combustion, lorsque la purification de la matièrea été complète.

D’autre part, en dosant les deux éléments importantsde la fuchsine extraite de tous ces produits bruts,ronges dérivés de l’aniline, savoir, le carbone et l’azote,on retrouve toujours environ 70 p. -100 de carbone et43 p. 100 d’azote.

M. Iiéehamp, admettant que la fuchsine est oxydée,la représente par les formules

.C* II 5 Az O ou C ,2 JI«Az Oqu’il croit qu’on devra doubler. (Annales de chimie,t. lix, p. 4o7\ Elles correspondent à 72,5 de carboneet 14,1tVd’azotc.

Quel caractère peut-on assigner à la fuchsine, rela-tivement à sa manière d’être vis-à-vis des autres corps?Sans vouloir contester qu’elle puisse jouer le rôle de

base dans certains cas, nous nous croyons autorisés àadmettre qu’elle remplit non moins souvent, et peut-être plus, le rôle d’acide. Sous l’influence des acides,la fuchsine peut toujours teindre, car, dans ces circons-tances, elle est libre et apparaît avec toutes ses pro-priétés. Au contraire, en dissolution dans les hasespuissantes, potasse, soude, ammoniaque, etc., avec les-quelles cllo fonctionne comme un véritable acide, elledevient incolore ; elle ne teint plus ; il faut l'intervention d’un acide pour la déplacer et pour lui rendre sonaptitude à se combiner avec les fibres textiles.

Il est donc incontestable que la fuchsine se produitdans un grand nombre de circonstances avec lesmêmes caractères organoleptiques et chimiques ; il n’enreste que plus curieux qu’on ait été si longtemps àdécouvrir cette précieuse transformation de l’anilineque tant de chimistes, et des plus habiles, avaientmaniée si souvent (Fritsche, Laurent, Gerhard, Hoff-mann).

S’il est un essai qui devait frapper les savants et lesindustriels, et leur donner une idée du pouvoir colo-rant renfermé dans l’aniline, c’est évidemment l’expé-rience de Steuhousc qui fit voir qu’il suffit de quelquesgouttes de furfurol pour colorer l’aniline en rouge in-tense; la réaction est si nette que ces deux agentsdeviennent les réactifs les plus précieux qu’on connaissepour se déceler réciproquement.

Lorsqu’on traite par le furfurol une dissolutiond’aniline dans l’acide acétique moyennement concentré,en ajoutant le furfurol goutte à goutte, la liqueur de-vient rouge; le liquide se décolore par le repos, enmême temps qu’il se forme sur les parois du vase unemasse poisseuse foncée qui possède le reflet vert descantharides et qui constitue la matière colorantepresque pure. Cette substance, lavée et séchée, de\ ientdure et cassante avec un magnifique éclat vert doré.

M. J. Hersez a fait une étude de ce corps remar-quable dans lequel le furfurol semble entrer commepartie constituante ; presque insoluble dans l’eau, cettematière se dissout dans l’alcool, dans l’esprit de boiset dans l’acide acétique concentré; comme la fuchsine,elle est décolorée par l’ammoniaque et reprend sa cou-leur par l’acide acétique concentré.

Soumise à des essais de teinture, elle se combinedirectement aux tissus de laine et de soie ; les nuancessoi.t aussi vives que celles obtenues au moyen de lafuchsine; mnlheureuseineht elles n’ont aucune stabi-lité ; elles disparaissent en quelques heures, même àl’abri de la lumière; en fragments épais, la couleurs’altère aussi, elle colore alors l’alcool en brun.

Le furfurol est-il seul capable de colorer l’anilineen rouge? M. Horace Kœehlin a remarqué qu’en trai-tant par l’acide chlorhydrique un mélange d’aniline etde goudron de bois, on obtient une matière d’untrès-beau rouge qui rappelle par ses propriétés le pro-duit que M. Renard livre au commerce sous le nom defuchsine, et dont vainement on lui conteste la propriété.

17. Orcanette ( orcancttine, anchusine).

On emploie en pharmacie, pour colorer en rouge lesmatières grasses, une substance particulière qu’on dé-signe sous le nom d’orcanettc, et dont l’étude eût pusuivre celle de la racine de grcmil, e’est la racine dulithospermum tinctorium. On nommait d’abord orca-nettine le principe colorant qui se trouve surtout dansla partie corticale. On la traite par l’éther, on filtre eton fait évaporer. Le résidu fusible à fil) degrés est unerésine impure à laquelle on a donné le nom d’orca-nettine.

Orcanettine. — Ce principe est soluble dans l’alcoolet dans l’éther qu’il colore en rouge ; l’eau n’en dissoutque des traces et précipite toute rorcancttinc de sa