TEINTURE.
TEINTURE.
580
de l’indigo signalé dans la brochure sur le vert deChine (Paris , 1858), qui, seul, et par l'unique fait d’unevariation de température imprimée à sa dissolution,permet de réaliser toutes les couleurs simples binaires outernaires, le ponceau excepté. D’autre part, M. JulesPersoz vient de démontrer (Répertoire de chimie ,-1860) que la lumière secondée de l’action de la chaleurprovoque un ébranlement moléculaire dans les élé-ments constitutifs de l’acide nitrocuminique, dontl’effet est la production d’une belle couleur cramoisie.
Quels que soient les procédés appliqués à la prépara-tion de la fuchsine, nous avons démontré, et par les pro-priétés des teintures obtenues et parles caractères phy-siques, qu’il se formait toujours une même substance,et nous avons conclu que l’azaléinc, la fuchsine, lacristallinéine étaient identiques au double point de vuedeleur3 applications et de leur nature chimique.
Nous ferons remarquer que ces trois matières se com-portent également bien à la teinture ; toutefois, lors-qu’on prépare la fuchsine au moyen du bichlorure d’é-tain et des dosages que nous avons indiqués, le rouged’aniline traité par 1 eau bouillante peut être immédia-tement employé, tandis que lorsqu’on fait usage du selde mercure, la couleur est accompagnée de résine,qu’il faut éliminer par une ébullition préalable, prolon-gée plusieurs heures, pour éviter les taches dont lestissus peuvent être maculés. Si l’on veut, imprimer, lafuchsine préparée par le bichlorure d’étain doit êtredélayée dans l’acide acétique, puis épaissie à la gomme.On se sert d’acide acétique pour atténuer les effets ducomposé d’étain qui détruit au fixage la vivacité de lanuance.
Nous terminerons cette étude par l’exposé des carac-tères chimiques de la fuchsine, en ne perdant pas devue que ces caractères appartiennent aux trois subs-tances qu’il convient de confondre et qu’on avait dési-gnées pour des motifs qu’il est facile de saisir sous lesnoms d’azaléine et de cristallinéine.
Lorsqu’on veut isoler la matière colorante de toutprincipe étranger, on délaye le ronge d’aniline brutdans six ou sept fois son volume d’alcool et on filtrepour éloigner les parties insolubles. On verse de l’am-moniaque dans chacune des dissolutions alcooliquesjusqu’à ce qu’il n’y ait plus de précipité; on jette surun nouveau filtre pour éliminer tout ce qui n’est passoluble; il veste un liquide incolore ou légèrementambré contenant la totalité de la matière colorante.La liqueur ammoniacale est saturée par de l’acide acé-tique ; on y verse une dissolution saturée de bichromatede potasse, qui produit un précipité rouge qu’on re-cueille sur des filtres et qu’on lave. Le lavage doit êtrefait avec précaution, parce que tant que la liqueur etles eaux de lavage sont chargées de matières salines,le précipité ne so dissout pas sensiblement ; mais aussi-tôt que l’ean sort exempte de sels, la liqueur devient«l’abord rouge-orange, à cause des dernières traces dechromate de potasse, et enfin rouge-groseille pur. Apartir de ce moment, en lavant à l'eau chaude, on ob-tient une dissolution delà matière colorante pure,quelleque soit l'origine du produit; l’évaporation la déposesous forme d’une masse verte magnifique ayant lesplus beaux reflets de la cantharide. On peut teindre enrouge vif sans avoir à constater les différences qui ca-ractérisent quelques-uns de ces produits, l’azaléine, parexemple.
On peut substituer à l’ammoniaque, employée commebase capable de s’emparer de la matière colorante poiw*former avec elle une combinaison soluble, la baryte oula chaux caustique en dissolution, à froid, mais sur-tout à chaud ; dans ces circonstances, la fuchsine entreen dissolution comme l’aurait fait, à froid, l’acide car-thamique, au contact des carbonates alcalins, sansperdre do ses propriétés tinctoriales, puisqu’il suffit,
pour les rcmettro en évidence, de saturer par un acideles liqueurs alcalines, et de plonger dans le bain lasoie ou la laine.
Les dissolutions provenant des traitements succes-sifs indiqués ci-dessus, contenant la matière colorantepure, ont été soumises à faction comparative de quel-ques réactifs, à l’effet de constater les différences quipourraient exister entre elles.
Les alcalis caustiques, les carbonates alcalins enopèrent la décoloration soit à froid, soit à chaud, maissans détruire la couleur, car celle-ci reparaît à volontémoyennant l'intervention d’une quantité convenabled’acide.
Le chlorure de platine trouble à peine ces dissolu-tions; mais, au bout d’un certain temps, il se forme danstoutes un précipité pourpre violacé.
Le chlorure d’or donne spontanément un précipitépourpre foncé dans toutes ces liqueurs.
Le suîfocyanure de potasse versé dans ces dissolu-tions n’y produit d’abord rien de sensible; mais, aubout d’un certain temps, on y voit apparaître un pré-cipité couleur pourpre de Cassius.
Le protochlorure d’étain, à froid, décolore presquecomplètement toutes ccs dissolutions; à chaud, ellesaffectent une couleur rosée lie de vin; et si, pareille-ment modifiées, on y verse quelques gouttes d’acétatede soude, il se forme à l'instant une laque rose.
A froid, les couleurs de toutes ces dissolutions scmodifient déjà d’une manière notable en présence duperchlorure d’étain ; à chaud, l'altération est bien plusprononcée, car on ne peut précipiter de la liqueurqu’une laque rosâtre et sale.
Mélangés avec les dissolutions de manganate et depermanganate de potasse, il ne se fait aucun précipité,et cependant, il y a altération de la matière colorante,puisque ccs liqueurs ne teignent plus qu’en nuancefauve.
Les sels d’urane produisent, au bout d'un certaintemps, un léger précipité dans tomes ces dissolutions.
L’hyposuliite do soude fait virer la nuance rouge-ccrise à une nuance violacée.
Le chlore bleuit d’abord ces liqueurs et les décoloreensuite.
Le chlorure de Gliaux décolore partiellement toutesces liqueurs à froid; si, au contraire, on le fait réagirà chaud, la destruction de la matière colorante est com-plète, et le chlorure stanneux ne peut plus faire repa-raître la couleur.
Les sels saturés à base alcaline ne donnent lieu à unprécipité dans ces dissolutions qu’autant que les li:queurs sont extrêmement concentrées, et qu’un préci-pité peut prendre naissance en vertu de cette actionspéciale qui fait que le carmin d'indigo, que le savon,corps très-solubles dans l’eau, peuvent y devenir inso-lubles sous l’influence de certaines matières salines.
L’acide sulfureux décolore ces dissolutions; maisl’intervention d’un agent oxydant, employé avec pré-caution, permet de les faire renaître.
Cette étude chimique de la fuchsine se complète fa-cilement par l’expérience répétée directement sur destissus teints.
Exposés à faction du chlore gazeux, tous les échan-tillons se comportent de la même manière : les couleursbleuissent d’abord, puis disparaissent, en apparence dumoins, car elles reparaissent, profondément modifiées,il est vrai, lorsqu’on plonge les échantillons ainsi mo-difiés par le chlore dans une solution d’acétate d'am-moniaque.
L’acide sulfurique concentré sc comporte d’une ma-nière remarquable en présence de ces couleurs fixéespar la teinture : toutes les parties du tissu où l’on dé-pose cet acide passent immédiatement au jaune-citron ;cctto nuance étant une fois bien développée, si l’on