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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

1 industrie fi d’autres moyens plus économiques pourpréparer l’indisine. Si, comme on l’a vu, l’opérationse réduit à oxyder l’aniline, on comprend que tout na-turellement on ait été conduit à remplacer l’acide cliro-mique, qui est d’un prix assez élevé, par le chlore sousl'influence de l’eau, par l’acide ehloreux, par lesliypo-cblorites, etc.

Enfin, comme dans toutes ces circonstances, onproduit toujours simultanément une couleur et unerésine; on s'explique l'emploi de diverses méthodes deséparation appliquées jusqu’ici et qui se réduisent lesunes à enlever la matière colorante et à laisser la résinepour résidu, et les autres, au contraire, à dissoudre larésine et à laisser l’indisine comme résidu non soluble.

Indisine. — Nous nommerons ainsi la matière colo-rante violette qui dérive de l'aniline sous l’influence desagents oxydants; nous abandonnerons les nomsd'har-maline et d’aniléinc, en préférant le premier qui rap-pelle davantage la graude analogie que cette matièrecolorante présente avec l’indigo. On a voulu confondreà la fois la fuchsine et l'indisine en soutenant que,formées toutes les deux en vertu d'une meme et uniquecause, on développait à volonté l’une ou l’autre par lemême procédé ; nous avons vu qu’il n'en est rien et que jles deux méthodes sont essentiellement différentes ; iln’y a de commun que l’intervention d’un seul corps,l’aniline; d’ailleurs, les caractères de ces deux corpssont tellement tranchés, qu’il n’y a pas lieu de lesprendre l’un pour l’autre.

En effet, la fuchsine sc dissout dans l’ammoniaque,et l'indisine y est insoluble; la fuchsine se dissoutdans l’acide sulfurique qu’elle colore en jaune; l’in-disine se dissout également dans cet acide, maispour le colorer en bleu ; la fuchsine est décolorée parl’acide sulfureux; l'indisine résiste à l’action de cetagent réducteur ; enfin, l’indisine étant le résultat del'oxydation de l’aniline, qui ost aussi un des dérivésde l’indigo, elle conserve avec ce dernier corps des ana-logies qui sont telles, qu’oubliant pour un instantque l’indisine est une couleur violette , on pourraitla prendre pour l’indigo, en réalisant sur elle tous lesphénomènes de réduction et d’oxydation qu’on obtientsi facilement avec l’indigo dans les nombreuses cir-constances où l’on fixe industriellement cette matièretinctoriale sur les tissus de laine et de coton.

On admet bien que l'indisine dérive directement del’aniline; mais quand on considère qu’un kilogrammed’aniline fournit moins de 40 grain, de couleur pure,ou est tenté de se demander si la coloration n’est pasau contraire un produit accidentel. U y a nécessité dansl'état actuel de nos connaissances de bien définir lavéritable nature de l’aniline, telle que le commerce laprépare. Je crois à la présence d’au moins quatre subs-tances différentes huileuses, basiques, mais formantdes sels cristallisant dans des systèmes différents et desolubilités fort éloignées les unes des autres. A laquellede ces substances faut-il attribuer la formation de lafuchsine et celle de l’indisine?

Nous avons vu qu’on n’est pas entièrement d'accordsur la génération de l’acide fuehsique; la même incer-titude règne sur la composition de l’indisine. D’aprèsM. Wilm, elle serait représentée par la formuleC 36 H 17 Az 3 O a ,

et l’équation

3 (C 2 II 7 Az) -f- 0 e = C 36 IF Az 3 O 3 4 4 (IIO)rendrait compte de sa génération.

D’après M. Schcurer, elle devrait être représentéepar la formule

C ;, ° II' 1 Az 3 O 2 ,

et V équation

5 (C ia II 7 Az) + O 8 = 2 (C 30 11“ Az 2 O 2 ) 4 Az H 34- * (HO)

rendrait compte de la réaction. Toutefois on ne retrouvopas d'ammoniaque parmi les produits formés.

Quoi qu’il en soit, voici les différentes méthodes aumoyen desquelles on prépare l'indisine et les variétésque l’industrie prépare actuellement.

D’après MM. Beale etKirkham, on mélange un vo-lume d’une dissolution aqueuse saturée d'aniline avecun volume d’acide acétique marquant 5 degrés à l’a-réomètre ; à cette dissolution acide on ajoute graduel-lement un volume do chlorure de chaux faible; on ar-rête l’addition du chlorure de chaux quand la liqueur »pris une belle nuance d’un bleu viole;.

On peut remplacer le chlorure de chaux parmi dé-gagement de chlore qu’on fait passer à travers la solu-tion d’acétate d’aniline.

Pour obtenir des dissolutions plus concentrées, onse sert d'hydrochlorate d'aniline marquant 1° ^ Baumé,auquel on ajoute un volume d’acide acétique à 5° et lemême volume de chlorure de chaux marquant égale-ment 5 degrés.

Dans tous les cas, le liquide se colore d’abord enbleu violacé, puis en lilas. Il teint en ces mêmesnuances.

On peut encore sc servir, comme agent oxydant réa-gissant sur les sels d’aniline étendusd’eau, de peroxydede manganèse, de peroxyde de plomb ou de perman-ganate de potasse. D’après Kay, si l’on combine 50parties d’aniline, 40 parties d'acide sulfurique d’unedensité de 1,85 étendu de 1,400 parties d’eau, il suffitd’ajouter à la dissolution de sulfate d'aniline 200parties de peroxyde de manganèse ; on chauffe le toutà 100 degrés en agitant tant qu’il se forme un préci-pité. Le produit liquide qui renferme la matière colo-rante en dissolution est séparé par filtration du préci-pité. Ce dernier est débarrassé de toute la matièrecolorante qu’il peut contenir par l’acide sulfuriqueétendu ; ou filtre et on réunit les deux dissolutionslimpides ; on y verse de l’ammoniaque qui précipite lamatière colorante. Le précipité recueilli, lavé et dessé-ché, est traité par l’alcool ou l’esprit de bois qui dissol-vent la matière colorante.

D’après Price , l’oxydation peut être obtenue parl’emploi du peroxyde de plomb résultant de l'action duchlorure de chaux sur l’acétate de plomb, lavé et con-servé à l’état humide. La réaction se fait à la tempéra-ture de l’ébullition ; suivant les proportions employées,on obtient des couleurs différentes, que l’auteur a nom-mées violine d’aniline, purpurine d'aniline et roséined'aniline.

Violine d’aniline. — On dissout 4 parties d’aniline,4 parties d’acide sulfurique, 80 parties d’eau et 5 par-ties de peroxyde de plomb qu’on ajoute dans le liquideporté ù 100 degrés. Ou filtre la liqueur bouillante ; ellerenferme, outre la matière colorante, du sulfate d’ani-line non décomposé; en ajoutant un petit excès desoude, on isole l’aniline qu’on sépare par di.-tillation.Le résidu est lavé h l’eau froide , puis dissout à chaudpar une liqueur contenant de l’acide tartrique, on filtreet on concentre pour réduire. Pendant la concentrationil se dépose encore des matières résineuses.

Purpurine d'aniline, — Si l’on prend 8 parties d’a-niliue, 4 d’acide sulfurique, 80 d’eau et 5 de suroxydede plomb, on obtient une couleur plus pourprée ; leseaux mères sout traitées comme nous l’avons dit ausujet de la violine.

Hoséine d’aniline. — Lorsqu'on prend 4 parties d'a-niline, 2 d’acide sulfurique, 80 d’eau, et -10 de peroxydede plomb, on obtient une liqueur plus rosée que la pré-cédente.

D'après M. William, lorsqu’on décompose le sulfated’aniline impur par de l'hypermanganate de potasse,i il se fait un précipité qui contient des matières colo-