TEINTURE.
TEINTURE.
rantes bleues» violettes ou pourpres, exemptes des ma-tières impures brunes auxquelles le bichromate depotasse donne naissance. La couleur précipitée, lavéeet desséchée, est traitée par l’huile légère de houillequi enlève quelques impuretés, puis traitée par de l’al-cool pour dissoudre la matière colorante.
Dans cette réaction, il se forme, outre l’indisinc,une seconde matière qui reste en dissolution et quiteint la libre textile, surtout la soie, en rouge cramoisi,ou rouge écarlate.
L’aniléinc, l’indisinc et riiarmaline se rencontrentdans le commerce sous forme liquide (il dissolutiondans l’alcool ou l'esprit de bois ; c’est un liquide violet,assez clair pour qu'on doive le gommer sans additionpour remployer à l'impression ; il présente quelquefoisdes gouttelettes qui se résolvent par la chaleur en uneliqueur homogène.
Le violet d’aniline s’unit aux tissus sans mordant;mai3 si l’on veut obtenir sur coton toute l’intensitépossible, il faut, ainsi qu'il convient pour les matièrescolorantes qui teignent les tissus du règne animal plusfacilement que les libres végétales, recourir à l’emploides mordants organiques recommandés pour la pre-mière fois par llaussmann, et dont l’usage a été géné-ralisé par M. Uroquette.
Four Pimlisine, il suffit d’une préparation du cotonavec une eau d'albumine à 50 gr. par litre; les cotonshuilés pour rouge turc donnent toutefois des nuancesplus solides que ceux qui sont albuminés.
Nous terminerons cette note par une observation deM. Herilielot, qui croit qu’on ne peut affirmer la pré-sence de l'aniline dans les produits de certaines réac-tions d’après la coloration qu’on obtient par le con-cours du chlorure de chaux; il cite, entre autres faits,qu’il a constaté la même coloration en traitant l'acidephénique par l'ammoniaque, puis, par le chlorure dechaux; le point capital pour le teinturier serait la pro-duction d’une coloration aussi vive que celle que donnele violet d’aniline par tout autre moyen conduisant àmoins de dépenses.
49. Orseille de terue (lécanorine, orciiie, orcéine).
I/orseille est assurément, parmi les matières colo-rantes employées en teinture, l’une de celles qui fixe leplus l’attention. Les travaux dont cette matière estdevenue l’objet, les intéressants résultats qu’ont mis enévidence les recherches de Robiquct en ont lait unesorte de type auquel on a rapporté plus tard la for-mation des principaux principes colorables, desquelson a fait dériver des substances colorantes, seulesutiles dans les arts de la teinture. Quant à l’originede l’orseille, quant à l’histoire des variétés diversesque le commerce présente au choix du consommateur,quant encore aux procédés généraux au moyen des-quels on prépare ces différents produits, nous n’aurionsrien à dire au delà de ce que M. Mallet a cru devoirciter dans son article orseille; nous nous borneronsà nommer les trois principales matières auxquelles onemprunte l’orseille du commerce. Nous avons déjà citéForseille de terre, ou variolaria deaîbata , qui croît surles rochers sauvages de l’Auvergne on des Pyrénées .20. Orseille des îles (ormiie).
L’orseille la plus estimée provient du lichen rocellaqu’on rencontre principalement aux Canaries et auxîles du cap Vert. Le commerce s’en faisait par Lis-bonne ; les variétés découvertes en abondance dans leroyaume de la Guyane ont amené sur le prix de ventedes lichens du cap Vert une diminution de près de
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21. Ouseille des murailles (orcéine).
Le lichen tartareus sert ordinairement à préparer lamatière qu’on nomme jiersio ou emlbenr. Comme laC.
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transformation de ces végétaux en orseille est lumême, nous ne nous arrêterons pas pins longtempssur ce sujet. Nous insisterons seulement sui» la partiethéorique do cette fabrication en exposant les ca-ractères spéciaux de la matière colovable et ceux duprincipe coloré qui constitue la majeur'! partie de lasubstance tinctoriale à l’état d'orseille, de cudbear oude persio. Nous reprendrons la fabrication à l’année1855 et nous mettrons en parallèle divers procédésconnus aujourd’hui pour communiquer à la couleurde l’orseille une certaine solidité.
La matière colorante n’existe pas toute formée dansle lichen, mais elle se produit par suite de la transforma-tion très-remarquable que subit la lécanorine , matièretrès-intéressante contenue dans le lichen, susceptiblede produire avec le concours de l’eau sous l'influencedes alcalis et des bases alcalino-terreuses de l’acidecarbonique et une substance particulière, incolore, nonazotée que Robiquct a su préparer à l'état de liberté;c’est Porcine qu’il a fait connaître par scs propriétés c*tsa composition.
Il résulte de nombreuses expériences que nous avonsfaites, MM. Fremy, Cahour.s et moi, nommés expertsdans le procès de contrefaçon Frezon contre Pommier ,que le lichen peut être considéré comme formé par lemélange de trois parties distinctes, savoir :
1° Une partie insoluble, non susceptible de se colo-rer, constituant la majeure partie de la plante et for-mée de matières herbacées, ligneuses ou terreuses, in-décomposables par l’eau froide ou par l’eau chaude;
2“ Une partie soluble formée de substances salinesou gommeuses; cette seconde partie est comme la pre-mière non colorable;
3° Enfin une partie blanche qui joue le plus grandrôle dans la fabrication de l’orseille, que nous avonsétudiée d’une manière attentive; cette substance n’estpas soluble dans l'eau froide; elle se détache en grandepartie quand on frotte le lichen au sein d.- ce liquide;la macération humide la met à l’état de liberté; ellereste en suspension dans l’eau. L’eau clmude la modified’une manière rapide en facilitant .-a transformationsous l’influence simultanée de l’eau, de l’ammoniaque etde l’air. Mise en suspension dans l’eau, elle ne se déposequ’avec une excessive lenteur, elle reste sur les filtresde papier auxquels elle s’attache fortement, mais elletraverse les filtres de laine peu feutrée. Kilo est très-soluble dans l’ammoniaque. C’est la matière utile deslichens dans la fabrication de Forseille ; c’est elle qui,s’altérant sous l’influence simultanée de l’air humideet de l'ammoniaque, donne naissance à Porcine colo-rable, et conséquemment aux autres composés colorésqui peuvent en dériver.
Orcine. — Pour préparer Porcine à l’état de pureté,on emploie, d'après Robiquct, le procédé suivant : onépuise le lichen par l’alcool bouillant, le liquide laissedéposer par refroidissement des flocons blancs cristal-lins, d'une matière résineuse, la dissolution est éva-porée jusqu’à consistance d’extrait. On broie cet extraitavec de Peau froide qu’on renouvelle jusqu’à ce qu'ellen’ait plus de saveur. Les solutions aqueuses, ré iuitespar l’évaporation à consistance sirupeuse et abandon-nées à elles-mêmes dans un lieu frais, laissent déposerau bout de quelques jours de longues aiguilles d’oreinc ;on comprime ces dernières dans du papier josepli pourles ressuyer; on les décolore par le noir animal, puison les fait cristalliser de nouveau. L’orcine forme alorsde longs prismes opaques d'un blanc jaunâtre. Us sonthydratés.
L’orcine est soluble dans l’alcool et dans Peau ; sadissolution possède une saveur sucrée très-prononcée ;elle est fusible; sous l'influence de la chaleur, elle perdd’abord de Peau pour se transformer en orcinc anhydre.
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