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TEINTURE.
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laine, chimiste à Lyon , qui fournit au prix de 10 fr. lekilogramme trois couleurs également résistantes et quiont déjà pris rang dans les ateliers, et la pourprefrançaise découverte par MM. Guinon, Marnas et Bon-net, teinturiers à Lyon . De graves questions de prio-rité sont encore pendantes, nous n’avons pas à les ré-soudre ici. Mais nous croyons qu’au nom de l’équité,en laissant à M. Stenhousc le mérite de la séparationpréalable, l’idée d’avuir obtenu la matière solide enobservant la température à laquelle elle se forme ap-partient seule à MM. Guinon, Marnas et Bonnet. Lestravaux de M. Stenhouse ont doté le domaine publicde la séparation préalable. MM. Guinon, Marnas etBonnet nous semblent valablement brevetés.
Nous allons décrire maintenant les méthodes aumoyen desquelles on a transformé l’orseille du com-merce en un produit plus stable.
22. Pourpre française (méla-orcéinate de chaux).
MM. Guinon, Marnas et Bonnet, de Lyon , ont dé-couvert que l’orseille préparée sous l’influence d’unecertaine température contenait un principe nouveau,auquel ils ont donné le nom de pourpre fratiçaise.Il y a environ trois ans que ces teinturiers ont intro-duit dans l’industrie cette nouvelle matière coloranteviolette, qui joint à un éclat magnifique les avantagesd’une solidité relative, et qui a pris immédiatement sonrang parmi les matières tinctoriales de premier ordre.Nous ferons suivre cet énoncé des réflexions fort judi-cieuses que M. J. Persnz a fait insérer dans le Réper-toire de chimie industrielle , t. I, par 190.
« Si l’on n’examinait sa préparation que d’une ma-nière superficielle, on dirait que cette matière n’estautre que de l’orseille ordinaire, puisqu’elle se formepar l’action mutuelle des mûmes éléments, les lichens,l’ammoniaque et l’air, et qu’il n’y a de différence pourla préparation que dans les conditions successives detempérature où l’on fait réagir ces éléments, suivantles diverses phases do la métamorphose que subissentles acides colorables des lichens: or ce sont ces con-ditions qu’il a fallu déterminer d’une manière précise,puisque d’elles seules dépendait le succès de la fabri-cation de la nouvelle matière, et l’on conçoit facile-ment que MM. Guinon et Marnas n’y soient arrivésqu’après de nombreux tâtonnements.
« Si faibles que soient les modifications apportéespar ces habiles teinturiers au procédé ordinaire de fa-brication de l’orseille , elles ont suffi cependant pourchanger complètement la nature du produit, tant dansses caractères physiques que dans scs propriétés chi-miques. Ainsi, tandis que l'orseille ordinaire tire à unecouleur vineuse sale, sous l’action des acides acétiqueet tartrique, la matière de MM. Guinon leur résiste par-faitement, ainsi qu’on peut s’en assurer sur les échan-tillons des teintures qu’ils livrent au commerce. »
Voici, d’après MM. Marnas et Guinon, la marchequ’il faut suivre pour préparer la pourpre française.
« On traite à froid les lichens par une solution am-moniacale ou alcalisée par le carbonate de soude, demanière à dissoudre les acides colorables qu'ils ren-ferment.
« Après quelques minutes de contact, on jette le mé-lange sur une chausse, et on exprime les lichens, demanière à enlever le plus complètement possible laliqueur adhérente, puis on précipite par l’acide chlorhy-drique. Le précipité, étant filtré, lavé et égoutté, estredissous dans l’ammoniaque, et on expose à froid lasolution nu contact de l’air. »
« Jusqu’ici le procédé de M. Guinon est semblable àcelui que les chimistes ont toujours suivi dans la pré-paration des acides colorables des lichens ; mais, au lieud’abandonner la liqueur à elle-même, jusqu’à ce que
la matière colorante de l’orseille soit complètementformée, M. Guinon observe le moment où cette liqueurprend la teinte rouge cerise. Quand elle est arrivée àce degré, il la porte à l’ébullition et l’y maintient pen-dant quelque temps. 11 l’introduit ensuite, en couchesde 5 à 6 centimètres de hauteur, dans des vases à fondplat, de 2 à 3 litres de capacité, qui sont chauffés dansune étuve à une température constante de 70 à 75 de-grés. L'opération est terminée lorsque la liqueur apris une teinte pourpre, et qu’étendue sur du papierblanc, elle ne change plus de nuance, meme en dessé-chant.
n On peut précipiter par l’acide sulfurique ou l’acidetartrique la matière colorante ainsi formée, c’est lapourpre française ; mais il est mieux <le la précipiter àl’état de laque, pour éviter la présence d’un acidorouge qui change sa nuance. >»
On la précipite de préférence à 1 état de laque- cal-caire par le chlorure de calcium ; la matière violetteest ainsi précipitée; il est vrai quelle ne l’est pas entotalité, mais au moins elle est seule. On peut aussifaire usage d’alun, qui forme une laque d’alumine avecla solution ammoniacale de pourpre française.
Orcéine solide. —M. Meissonnier a désigné sous ce noml’orseille solide, qu’il livre au commerce égalementsous forme de laque. C’est une matière qui se confond,par ses caractères physiques, avec la pourpre deM. Guinon, et qui dérive de l’orseille universelle deM. Frezon. On prépare, dans tous les cas, l’orseilleaprès avoir opéré la séparation préalable conformé-ment aux indications de M. Stenhousc; mais il meparaît indispensable, pour obtenir une matière colo-rante solide fixée parle chlorure de calcium dans la li-queur ammoniacale, que cet alcali réagisse à la tempé-rature si bien déterminée par MM. Marnas et Guinon.Des essais dirigés dans cette voie m’ont prouvé qu’iln’existe de principe violet solide précipitable par lessels do chaux qu’en quantité minime, si la réactionde l’ammoniaque sur la dissolution du lichen ne s’estfaite qu’à la température ordinaire. M. Meissonnieremprunte donc à la propriété de MM. Guinon, Marnaset Bonnet.
Orseille solide. —Pour préparer en grand cette variétéd’orseille, on délaye, d’après M. Ilélaine, dans unecuve ou tout autre vase convenable, de l’orseillecommerciale avec 20 fois son poids d’eau distilléebouillante, et s’il existe dans l’atelier des conduits devapeur, on se sert d’eau froide et on élève la tempé-rature avec la vapeur en ayant soin que l’eau de con-densation comprise, le liquide se trouve dans la pro-portion indiquée. On y verse ensuite un poids d'ammoniure d’étain égal à celui de l’orseille, délayé dansl’eau distillée, et on agite jusqu’à ce que la tempéra-ture se soit abaissée de 60 à 50 degrés. On filtre ou ondécante. La pâte comprimée est traitée à nouveau par10 fois son poids d’eau à 4-0 ou 50 degrés. La liqueurest réunie à la première.
Pour préparer l’ammoniure d’étain, on verse dansune dissolution d’oxvmuriate d’étain du commerce unexcès d’ammoniaque étendue, et après avoir fait égout-ter la pâte ou la dissout dans l’ammoniaque concen-trée.
Quant aux eaux qui surnagent le premier dépôt, ony ajoute, pendant qu’elles sont encore chaudes, la moi-tié du poids de l'ammoniure d’étain qu’on a déjà versédans la première décoction, et on y verse une disso-lution de chlorure de baryum, do magnésium ou d’eaude baryte. On obtient de la sorte uu second précipitéqui peut servir directement ou à la teinture ou à 1 im-pression.
Pour ne rien perdre, on additionne le liquide clairqui s’est séparé de la laque terreuse d’une certaine