TEINTURE.
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TEINTURE.
les lichens des trois portions dans la grande cuve enbois blanc.
« Avant de commencer le lavage d’une autre par-tie de lichen que je divise également en trois por-tions, je \ide, par le secours d’une pompe ordinaire,l’eau de la barque n° 1 dans une cuve-filtre placéeassez élevée pour pouvoir placer au-dessous une cuve dedimension plus grande que la cuve-filtre ; la cuve-filtreest tout simplement un tonneau dans leauel je pose à1H centimètres du fond un cercle auquel est attaché untissu de laine un peu feutré, et en dehors, à la partieinférieure de la cuve, se trouve un robinet qui donnepassage au liquide filtré et qui tombe dans la cuve quiest au-dessous.
« La barque n° t étant vide, je la remplis d’une nou-velle eau et je chantre les numéros des barques; jeplace le n° I sur le n° 2 ancien, le n° 2 sur le n° 3 an-cien, et le n° 3 sur la barque n° ! qui est vide ; aprèsce changement fait, j'cxccute le lavage de cette secondepartie divisée en trois portions, comme j'ai fait pourla partie précédente, en commençant dans la barquen° 1 et finissant dans la barque n° 3.
« Tes lichens, après être ainsi lavés, sont broyés parl’action d’un moulin garni de meules en pierre; cemoulin ressemble à ceux qui sont emplovés pour mou-dre le blé, seulement la trémie, au lieu d'être carrée,se trouve Gtre ronde et conique, et, au centre, se trouveun arbre placé verticalement ; à la partie supérieure,il y a un pignon d’angle ou une poulie par laquelle ilreçoit un mouvement rotatif; cet arbre porte, sur toutela longueur intérieure de la trémie, des bras dont leslongueurs suivent la forme conique de lu trémie; au-dessus de cette trémie se trouve un conduit en plomb,et à son extrémité un robinet pour rég’er la dépensed’ean que m’amène ce conduit, afin de conserver leslichens qui sont, daus la trémie, dans un état voisin depâte liquide.
« En dehors du moulin, a la hauteur de la partiesupérieure de la meule du dessous (celle qui est immo-bile), se trouve un robinet par lequel s'écoulent les li-chens broyés, qui tombent de là dans une cuve placéeau-dessous.
« De ces lichens qui ont été broyés par ce moulinj’extrais la matière qui doit faire la hase démon orscillc.Pour obtenir cet extrait, j’emploie les moyens connuspour extraire les corps soluble i par des lavages répétés àl’eau simple et à froid. Je réunis ces eaux de lavage en uneseule liqueur que je filtre avec la cuve à filtrer, qui estfaite comme celle qui m’a servi pour filtrer les eaux delavage des lichens avant d'être broyés ; ce filtrage n’ad'autres cfiets ici que de débarrasser la liqueur de quel-ques fragments provenant du tissu organique des li-chens.
“ Cette liqueur ainsi obtenue contient, en outre dela matière qui me sert à fabriquer i’orseille pure,plusieurs corps dont il faut la séparer.
« Pour séparer la matière qui doit servir à la fabri-cation de l’orseille pure des autres corps étrangerset nuisibles contenus dans cette liqueur, j’y parviensen employant les sels qui ont la propriété de préci-piter.
« Après avoir mis la liqueur filtrée dans une cuve àdécanter, munie à son intérieur de plusieurs robinetsplacés les uns au-dessus des autres, de manière à pou-voir laisser écouler les eaux surnageantes au-dessusdu précipité, je verse un peu de deutochlorurc d’étainliquide et j’ai soin de bien remuer le tout; aprèsquelques heures de repos, il se forme un précipité;j’ouvre les robinets les uns après les autres, en com-mençant par celui placé le plus haut, et je finis par celuilô plus rapproché de la partie supérieure du précipitéqui est d’une couleur blanche un peu verdâtre ; l’eausurnageante est d’un blond foncé, mais bien vif; je
suppose que cette eau contient tous les corps rési-neux, gras et gommeux; le précipité est mis sur unfiltre plat (semblable à ceux employés dans la fabrica-tion de l'indigo) pour y être lavé avec de l’eau simpUet froide; on répète ce lavage jusqu'à ce que l’eau quis’en écoule ne soit plus acidulée, et je laisse le préci-pité sur le filtre pour laisser égoutter jusqu’à ce que lapâte se fendille.
« Cette pâte, arrivée à cet état, forme la matière quime sert à fabriquer mon orseillo pure, et à laquelle ilne manque plus qu'à faire développer cette belle couleurconnue de l’orseille par l’action simultanée de l’air etdo l’ammoniaque.
« J’observerai ici que je ne peux, dans cette descrip-tion, indiquer !a quantité qu’il faut de deutochlorured’étain liquida pour précipiter la matière qui constituemon orseille pure, cela dépendra de la force et de laquantité du liquide sur lequel on opère; également jen'entenis pas m’attacher à n’employer comme préci-pitant eue le deutochlorure d’étain liquide; on peut seservir de tous les agents qui ont la propriété de préci-piter les extraits aqueux provenant des lichens (nousavons observé que l’acide cîilorhydrique possède cettepropriété;.
« Pour transformer cette pâte en la matière que j’ap-pelle orseille pure, je la mets dans une barque en boispareille à celle employée dans la fabrication d’orseiileordinaire ; je l’arrose avec de l’alcali volatil et je labrasse très-souvent dans les premiers jours; aprèsquinze jours de travail, elle commence à paraître d’unebonne nuance, mais elle n’est vraiment bonne qu'aprèsun mois de fabrication dans la barque.
« La nuance violetée ou rougeâtre peut se produirepar l'action des mêmes sels employés dans la fabricationordinaire.
« J’obtiens par ces procédés mon orseille prive et uni-verselle ; alors elle est en pâte un peu liquide. Il suffitde la faire sécher dans une étuve et de la pulvériserpour la mettre en poudre sèche (ou dans un état très-voisin).
« Les eaux provenant des lavages des lichens avantd’être broyés suivent les mêmes opérations que la li-queur obtenue des lichens qui ont été broyés, mais ilfaut les fabriquer séparément et en faire une secondequalité. »
M. Dnmas avait appelé l’attention des industriels surdifférents points de la fabrication de l’orseille. On lit,en effet, dans son Traité de chimie, t. vm : « I.es dé-tails de la fabrication de l’orseille, ayant toujours ététenus secrets, ne sont qu’hnparfaitement connus. Ondoitle regretter, aujourd’hui surtout que les differentesmatières tinctoriales qui se forment dans cette opéra-tion ont été soumises à nue étude attentive ; il est pro-bable que les lumières de la science permettront deproduire dans un temps plus ou moins long une ma-tière plus abondante, plus pure et plus solide. »
Il y a dix ans à peine que ces lignes étaient écrites,et toutes ces conditions ont été réalisées à la gloirede l’industrie ; elles ont été pratiquées sans le concoursde la science, au moins de la science pure. Les travauxde M. Stenhousc ont fait connaître la méthode ration-nelle de la séparation préalable. Les procédés deM. Pommier donnent une liqueur abondante, très-riche.La méthode de M. Frezon conduit à des produits pluspurs. Enfin personne ne peut dénier à la maison Gui-non, Marnas et Bonnet de Lyon , l'honneur d’avoir ex-trait, pour la première fois, de l’orseille une couleurd’une certaine solidité Le commerce fournît aujour-d’hui diverses matières qui possèdent une résistancebeaucoup plus grande que celle que l’orseille présenteordinairement. Nous pouvons citer, en les désignantsous les noms qu’ils ont dans l'industrie , l’orcéineviolette de M. Meissonnier, l’orseille solide de M. Hé-