Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
610
JPEG-Download
 

010

TEINTURE.

TEINTURE.

ployas, comme il est (lit plus liant, d’après la note deM. Guimon. (Lyon , 27 avril 18 i'J.)

40. Sambucus ebulus.

Nous avons dit qu’on faisait usage actuellement enteinture (les fleurs de mauve noire. On pourra se ser-vir également et au même titre du bain de sambucuspour obteu ; r une teinture en noir. A cet cfFct, on écraseles fruits, on les place pendant deux ou trois joursdans un vase de terre, puis on exprime la masse, et leliquide filtré devient tellement foncé qu’il faut l'é-tendre de 200 parties d’eau pour l’amener à la nuancedu rouge vineux; 1200 parties d’eau conservent en-core une nuance violctto ; 1 >. suc évaporé laisse 10 p. 100de résidu soluble dans l'alcool, insoluble dans l'éther.Avec les sels de fer, il se forme un précipité noir qu'onpeut employer en teinture.

§ IX. DE LA TEINTURE PROPREMENT DITEconsidérée dans scs résultats généraux.

L’art de la teinture, c’est-à-dire la science d’appli-quer sur les étoffes les couleurs variées que la naturenous fournit ou que l'art nous enseigne à créer, futtrop longtemps soumis aux règles de la routine : notreépoque féconde en grandes découvertes aura certaine-ment le mérite d’avoir fait de cette industrie ce qu’elleest aujourd’hui ; mais si la chimie a, dans ces progrès,une part considérable, il est incontestable que les artsmécaniques ont eu de leur côté, sur les développementspratiques de cct art, une influence des plus salutaires.Voici les termes mêmes dans lesquels M. Dumas, sibien placé pour juger la question, expose cette doubleaction de la science ii laquelle il réserve plus encoredans un avenir prochain.

« Née de tâtonnements empiriques, longtemps lateinture ne fut soumise qu’aux lois de la routine.

« Il appartient à notre époque de mettre à sa placecet art si utile, et de le porter au premier rang parminos belles industries chimiques ; il faut, pour obtenir cerésultat, dissiper les nombreux préjugés qui environ-nent toute industriemarchant.au hasard; la sciencemoderne y parviendra peu à peu : elle transformerales recettes qui constituent toute la science du teintu-rier en règles certaines et invariables, fondées sur uneconnaissance scientifique des matières colorantes; elletracera la marche des améliorations ; elle écartera lesdifficultés qui surgissent dans la fabrication ; elle ou-vrira enfin un nouveau champ aux recherches pour laproduction des couleurs solides et brillantes.

« C’est principalement à la chimie que la teinturesera redevable de tous ces progrès; et déjà, si on jetteun regard en arrière de quelques années, on ne peuts’empêcher d’admirer ce qu’elle doit sous ce rapport àcette science. Le blanchiment des étoffes, l'applicationnouvelle de couleurs solides et brillantes , le moyen deles varier à l’infini , tout porte l’empreinte profondede l'influence do la chimie. La mécanique est venueaussi apporter à l’art de la teinture son concours indis-pensable dans toute industrie de premier rang : c’est àelle que l’on doit ces machines si parfaites qui ont sim-plifié le travail et qui permettent d’obtenir, avec unegrande économie, avec une précision et une rapiditémerveilleuses, ces tissus si divers et si richement colo-riés qui sont maintenant répandus dans les classes lesplus pauvres de la société. »

Depuis quinze ans que ces lignes sont écrites, que deservices réels l’art de la teinture en pleine prospéritén’a-l-il pas enregistrés !

Maintenant que nous connaissons, dans leur histoireet dans leurs propriétés, les matières colorantes dont onfait usage dans les ateliers, nous pouvons approfondiravec fruit les divers procédés à l’aide desquels on teintles différents tissus de nature animalo ou végétale que

l'industrie livre au commerce. Nous croyons toutefoisdevoir présenter ici sous forme de résumé celles desmatières tinctoriales qui sont plus spécialement em-ployées à la teinture d’une matière textile donnée,qu’elle soit à l’état de fil, d’écheveau, de tissu.

Nous devons distinguer les couleurs, en tant qu’ellessont appliquées sur une fibre textile quelconque , encouleurs simples, binaires, ternaires, quaternaires, etc.

Les couleurs simples sont le bleu, le rouge, lejaune.

Les couleurs binaires sont le violet, l’orangé, levert.

Les couleurs ternaires sont les tons qui précèdent,plus ou moins modifiés par des mélanges.

Le noir et les tons rabattus sont en général desnuances très-composées.

Nous avons, déjà vu dans l’étude que nous avonsfaite des matières colorantes qu’elles ne se compor-taient pas «le la même manière avec les divers tissus,suivant qu’ils étaient d’origine animale ou d’originovégétale. L’industrie a dû faire son profit de ces obser-vations, et comme la manière dont une matière coloréese comporte à la lumière sur une étoffe donnée n'estpas la même pour toutes, que sa résistance est variableavec la nature du tissu sur lequel on l'a placée, leteinturier doit connaître a priori les chances de résis-tance qu’auront ses produits dans les circonstancesoù le consommateur devra les placer. Cette nouvelleconsidération ajoute à la nécessité de choisir pour untissu donné les matières colorantes qui lui sont appli-cables. Nous examinerons à ce point de vue celles qu’onemploie sur laine, sur soie, sur coton, pour teindre enrouge, en bleu, en jaune, en violet, en vert, enorange.

Couleurs simples (rouge, bleu, jaune).

Teinture en iim ca:. — On se sert de garance, demurexide, de cochenille, de fuchsine, etc.

Laine . — Le rouge s'obtient sur laine avec la ga-rance, le brésil, la cochenille, la lakc-lake, la mu-rexidc ; les plus belles nuances roses sont fournies par lafuchsine. Les préparations de garance et (l’étain don-nent des nuances belles, pleines, brillantes; l’écarlatene s’obtient qu'avec les sels d’étain. Tantôt on passedans le bain de teinture l'étoffe préalablement préparéepar ce sel métallique, tantôt on prépare à l’alumine ;on garance, puis on déplace l’alumine par double dé-composition au moyen du sel d’étain.

Soie. — La soie est généralement teinte par le car-thame, on emploie quelquefois la cochenille; aujour-d'hui on fait un emploi considératdc de fuchsine. Le boisde Brésil est une véritable ressource; on a fait usagede la murexide et de quelques nuances tirées de l’or-seille solide. Ces nouveautés ne «latent qtie d'une an-née. On ne connaît pas sur soie la véritable écarlate.

Coton. — On teint Iq, coton en rouge par le carthamc,la garance, la cochenille, le bois de Brésil . La coche-nille et le carthamc fournissent des couleurs très-richesmais malheureusement fugaces. Le rose de carthamcn’a, jusqu’à ce jour, été remplacé par aucune autrecoloration. On a cependant annoncé la production d’unrose magnifique tiré de l’huile de goudron. Nous avonsdéjà donné quelques renseignements positifs à cc su-jet, digne do toute l'attention des teinturiers. Certaine-ment la fuchsine s’appliquera d’une manière indus-trielle. Quelques heures d’exposition au soleil suffisentpour faire passer la couleur du carthame. On peutcolorer les étoffes de coton avec le rouge produit parl’iodure de mercure.

Teinture en bleu. — Le bleu s’obtient sur tissupar l’application de l'indigo, du bl£U de Prusse, et par