TEINTURE.
TEINTURE.
G12
L'indisine ou violet d’aniline fournit aussi directe-ment du violet sur coton, sur laine et sur soie. Ce sont ;les plus solides.
Orangés. — Les couleurs qui tiennent de l'orangé sepréparent trop souvent involontairement en fixant lesmatières colorantes rouges. En effet, ces dernièressont presque toujours mélangées dans les substancestinctoriales qui les fournissent avec des matièresjaunes, ou bien elles donnent naissance à des produitsde cette nuance avec les préparations métalliques dontla réaction est acide.
Perte. — Levert s’obtient toujours par la réunion enmélangeou par superposition dcsconleurs jaunes et descouleurs bleues. On les prépare, par exemple, avec lebleu d’indigo de cuve, ou le bleu de sulfate d'indigo,modifiés après coup par des jaunes appropriés a 1 étoffequ’on veut teindre, h la nuance qu’on veut produire, a ladurée qu’on cherche à produire, à la méthode qu’on asuivie pour appliquer l'indigo. Los verts de cuve sontsolides; les verts de Saxe le sont beaucoup moins; al’indigo, dans les premiers, on associe le jaune solidecomme le bois jaune. Le jaune des seconds c a t extraitdu curcuma qui résiste mal à l’action de la lumièresolaire.
On sait, d’après ce que nous avons dît plus haut,que les Chinois produisent directement sur soie unecouleur verte très-brillante et très-remarquable quise prépare directement et qui conserve un éclat très-vifà la lumière artificielle. Grâce aux travaux de M. Pcr -soz, grâce encore à l’initiative de la chambre de com-merce de Lyon , on a pu connaître, ainsi que nous 1 avons vu, l’origine de cette matière, les procédés aumoyen (lesquels on la prépare, et les méthodes que 1 onemploie pour en faire l’application.
couleurs ternaires (noirs et bruns).
teinture en KoiR . — La couleur noire est souventdifficile à produire, lorsque le consommateur exige quece noir possède des reflets de nuances données; on nepeut alors les obtenir que par des couleurs très-com-posées.
Laine . — Mais la laine a tant d’affinité pour la tein-ture en noir qu’elle donne une coloration assez facile.Un peut, à volonté, sur ces fibres en écheveaus, ou surles laines eu toisons, fixer l'oxyde de fer, pour fairebouillir ensuite dans la décoction de matière tannante,ou suivre la méthode inverse qui consiste à préparerl’étoffe avec la matière tannante pour terminer par lebain contenait l’oxyde de fer. On brunit alors avec lebain ferrugineux. On peut joindre le cuivre au fer; lessubstances qu’on préfère sont alors la noix de galle etle eatnpêehc, le vitriol vert et le vitriol bleu; ces ma-tières deviennent les éléments du principe noir qui sedépose sur le tissu.
Soie. — La teinture en noir sur soie présente desdifficultés particulières : elle semble au moins généra-lement exiger qu’on commence par procéder à la com-binaison préalable de la fibre textile, qui l’absorbe engrande abondance, avec le tanin, surtout le tanin dechâtaignier. On finit ensuite la teinture en passant lasoie dans un bain de fer dont chaque industriel faitmystère.
Coton. — Pour teindre le coton, on commence tou-jours par fixer le fer sur le tissu qui l'attire avec éner-gie; on termine ensuite en faisant bouillir l’étoffe avecdes décoctions de noix de galle plus ou moins mêlées deeampêchc.
De la pureté des nuances.
Tels sont les principes généraux que l’expérience àfait admettre. Pour les compléter, nous devons placerici la remarque suivante à laquelle on n’attache pas
assez d’importance, lorsqu’on analyse les phénomènesoptiques auxquels donne lieu l’examen d’une étoffeteinte en couleurs binaires. M.Chevrcul a parfaitementfait ressortir l’influence des faits sur lesquels je désirefixer l’attention, en l’étudiant sur l’art de mélanger lesfils diversement colorés; il a tiré parti de ses observa-tions pour définir et perfectionner l’art du tapissier. Lesavant directeur des teintures aux Gobclins a cherchéles modifications que les diverses couleurs éprouvaientl’une à côté de l’autre, pour en déduire ce qui doit sepasser lorsque ces couleurs sont mélangées par unesorte de porphyrisation. C’est, en effet, la même im-pression que perçoit l’œil lorsqu’on broie des couleurs,lorsqu’on teint simultanément des nuances différentes,ou lorsqu'on superpose des tons variés. D’après M. Che-vreul, « Part de mélanger les fils diversement colorés ,soit en en réunissant plusieurs ensemble pour formerun fil complexe, ou en les entre-croi&ant à la manièrede ce que l’on appelle une hachure en dessin, et dansles deux cas, avec l'intention de ne produire que lasensation d’une seule couleur, et de la produire sûre-ment telle qu’on la veut, cet art dérive d'un principetrès-général qu’on nomme principe du mélange des cou-leurs. »
Ce principe s’applique aussi bien au mélange des filscolorés qu’emploient le tisseur de chûlcs, le tisseurd'étoffes de soie, le fabricant de mosaïques, etc., qu’à lapréparation, par les méthodes de la teinture, des cou-leurs binaires, ou des couleurs rompues et rabattuespar de mélange des couleurs simples ou binaires avecle noir, en appliquant sur des étoffes des matières colo-rées aussi intimement mélangées que le sont celles despeintres.
Des études de M. de Chcvreul sur le principe desmélanges des couleurs il résulte, lorsqu’on appliquesur des étoffes des matières colorées qui n’ont pointd'action chimique mutuelle capable de modifier leurscouleurs respectives, deux vérités que nous allons for-muler en peu de mots.
Nous avons limité les circonstances dans lesquellesles axiomes que nous énonçons restent en dehors detoute discussion. Pour préciser les faits, nous rappelle-rons comme exemple particulier la superposition dujaune -de gaude sur une étoffe colorée par du bleu decuve; les deux couleurs conservent leurs nuances res-pectives, mais elles produisent du vert par leur mé-lange.
Or, dans toutes les circonstances analogues, qu’ils’agisse de violet ou d'orangé,
•1 Pour obtenir des couleurs franches, orangées, vio-lettes ou vertes, par le mélange du rouge avec le jaune,du jaune avec le bleu, du bleu avec le rouge, il fautque chaque mélange ne renferme que les deux couleursqui doivent constituer l’orangé, le vert et le violet.
2° Si les couleurs mélangées sont au nombre de trois,il en résulte toujours du noir ou du gris, et dès lors onobtient :
a. Du noir et du gris normal, si le mélange présentedes couleurs mutuellement complémentaires;
b. Du noir ou du gris normal, plus une couleur sen-sible, si le mélange des couleurs n’est pas mutuelle-ment coirf^lémentaire. Il en résulte ce que les teintu-riers nomment une couleur rabattue, et ce que lespeintres appellent une couleur rompue.
Ces deux principes sont applicables à tous les artsqui parlent aux yeux par les couleurs. Les consé-quences on sont immédiatement applicables à l’art dela teinture. Si le teinturier sait, après une étude appro-fondie des qualités optiques des couleurs, connaître àfond colles qu’il peut appliquer sur une étoffe donnée,ue peut-il pas être certain de faire toujours des cou-leurs binaires parfaitement pures, s’il élimine toute