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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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teinture.

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de sublimé, renfermant 3 p. 100 de cc sel : cet avivageest très-important, puisqu’il donne de l’éclat à la cou-leur; on lave ensuite très-exactement, et la nuancereste d’autant plus belle que le lavage a été plus par-fait.

On peut opérer d’une autre manière, qui est sur-tout employée pour la teinture dcs’tissus en soie deChine .

On dissout dans de l’eau tiède autant d’acide oxa-lique qu’elle peut en retenir; dans cette solution onintroduit le carmin de pourpre, et dès qu’il est dissouson y verse immédiatement le bain de sublimé corrosif,composé d’après les préparations indiquées plus haut;on teint à froid.

Toute l’opération doit être exécutée avec une granderapidité, parce que l'acide oxalique peut réagir sur lecarmin de pourpre et le détruire, au moins en partie,si l’on attend trop longtemps avant d’ajouter le chlo -rure mercuriqufe. Un passage en eau do savon, à80° centigrades et renfermant en savon 30 p. lOO dupoids de la soie, fait virer la couleur au cramoisi violacé.

Pour réussir dans de pareilles préparations, il estnécessaire d’employer une murcxidc de bonne qualité,comme celle que MM. Depouilly préparent.

Pour teindre la soie en jaune, on opère comme pré-cédemment; seulement, au lieu de sublimé corrosif,on emploie environ la même quantité d’un sel de zincquelconque, pourvu qu’il soit aussi neutre que possi-ble. Après la teinture, ou passe la soie dans une solu-tion de carbonate de soude tellement faible qu’ellemarque à peine à l’aréomètre, et on finit par un lavagedes plus soignés.

Impressions en muraille. — L’application de la mu-rexide dans l’impression des laines présente des diffi-cultés toutes particulières, cette matière colorante nesupportant pas le vaporisage et ne pouvant par con-séquent point être imprimée conjointement avec d’autrescouleurs-vapeurs. M. Th. Wurtz annonce cependantavoir réussi à préparer des laques de murcxidc quipermettent d’imprimer sur laine, conjointement avecd’autres couleurs, la pourpre dans toutes les nuances,depuis le pourpre foncé jusqu'au rose clair le plus vif.

La murexide est employée pour l’impression surcoton ; voici, d’aprèsM. Ivopp, la méthode proposée parM. Lauth : on commence par fixer sur le tissu del’oxyde de plomb, soit en plaquant en acétate de plomb,séchant et passant dans une solution d’ammoniaquecaustique, soit en passant dans la cuve au plombatede chaux (solution d’oxyde de plomb dans de l’eau dechaux). En teignant ensuite dans un bain de murexide,on obtient une combinaison de la matière coloranteavec l’oxyde de plomb. Mais ce purpurate de plombfixé sur le tissu ne présentant par lui-même une nuanceni suffisamment belle, ni suffisamment vive, il faut*encore le transformer en purpurate de mercure. On yarrive en plongeant le tissu dans un bain renfermant1 à 1,5 p. 100 de nitrate mercurique, de sublimé corrosif,ou d’un mélange de ces deux sels, avec addition d’unecertaine quantité d’acétate de soude.

Pour l’impression, on prépare une couleur en épais-sissant du nitrate de plomb à chaud et ajoutant ensuiteh froid une quantité de murexide suffisante pour obte-nir la nuance désirée. On imprime, on sèche et onpasse le tissu dans un bain avivant et fixant, renfermantpar hectolitre d’eau 1/2 kilog. de sublimé corrosif et‘1 kilog. d’acétate de soude, plus une certaine quantitéd’acide acétique. D'après quelques fabricants, il estutile, après l’impression, de maintenir le tissu pen-dant plusieurs heures dans un endroit un peu humide,et de le faire passer ensuite à travers une chambrechauffée à 70° centigrades, et dans laquelle on fait dé-gager du gaz ammoniac; le passage à travers ectte

TEINTURE.

chambre doit être rapide : il ne faut pas qu’il dépasseune-minute.

La beauté do la nuance, sa vivacité dépendent dela pureté de la murexide employée et du peu d’élévationde la température qu’elle a subie pour être fixée.

M. Kopp nous a fait connaître un second procédé.M. «le Kurrer emploie la murexide en poudre ou onpâte; il procède de la manière suivante.

On prépare d’abord la couleur d’impression.

Dans 72 litres d’eau bouillante on dissout 24 kilog.de nitrate de plomb, et lorsque la solution s’est refroidiejusqu’à 62° centigrades, on y incorpore 5 kilog. demurexide sèche en poudre ou 15 kilog. de murexideen pâte en même temps que 30 kilog. de gomme pul-vérisée. Le tout étant très-homogène, on fait passer àtravers une toile ou un tamis fin. et on laisse refroidirla couleur qui est prête à être imprimée.

Après l’impression, les toiles sont suspendues dansun local humide, jusqu'à ce que les places impriméesse soient ramollies, puis on procède à la fixation dupurpurate plombique au moyen de l’ammoniaque. Acet effet, on suspend les toiles pendant une heure dansune chambre dans laquelle le gaz ammoniac sedégage graduellement d’un mélange de chaux vive etde sel ammoniac.

Les toiles, après avoir été soumises à l’action du gazammoniac, sont ensuite passées par le bain de sublimécorrosif, composé de 2,000 gr. do sublimé dissous dans1,500 litres d’eau. A cet effet, on attache trois piècesbout à bout (la pièce ayant en moyenne 45 mètres dolongueur sur I mètre 20 de largeur), et on les ma-nœuvre au moyen du tourniquet dans le hait» chaufTé.Tourtrois nouvelles pièces il faut ajouter au bain chaquefois environ 100 gr. de sublimé corrosif. Si les piècessont peu chargées, le bain peut servir avec ces addi -tions successives de sublimé au passage de trente pièces ;mais si ecllcs-ci étaient chargées de grands dessins,il faudrait renouveler le bain après le passage devingt pièces.

En opérant de cette manière, on obtient des impres-sions d’un rouge pourpre très-brillant. Pour obtenir desnuances plus claires, on n’a qu’à étendre la couleurd’impression avec du bain de gomme pure en quantitéplus ou moins considérable.

Les couleurs de murexide imprimées de cette ma-nière sur coton supportent un savonnage à ()0“ centi-grades sans grand préjudice et peuvent même êtrechlorées au rouleau; mais elles ne supportent point levaporisage, ce qui empêche d’associer la murexideaux couleurs-vapeurs ordinairement employées pourl’enluminago.

Sur toiles teintes en nuances unies par la murexide,on peut produiredesdessins cnmodifiant la combinaisoncolorante au moyen d’agents oxydants ou réducteurs.

En imprimant, par exemple, un sel de zinc acide, onproduit des dessins orange ; avec un sel stanneux onobtient des dessins gris.

D’un autre coté, en appliquant la murexide sur toilesteintes en bleu d’indigo, un peu clair, on obtient desdessins violets, et sur une toile jaune des dessinsorange très vifs.

Sur tissus de soie ou de laine teints en murexide, onpeut faire apparaître des dessins jaunes en imprimantde l’acide picrique additionné d’un acide capable dedétruire la murexide.

On peut préparer une couleur d’application sur cotonen ajoutant à 1 litre de la couleur au nitrate de plomb32 gr. de snblimé corrosif et autant d’acétate de soudedissous chacun dans 250 centimètres cubes d’eau bouil-lante. Cette couleur ne peut être appliquée qu’avecdes planches ou des rouleaux de bois, les rouleaux mé-talliques décomposant le sublimé et altérant la nuance.Ees toiles imprimées sont suspendues et é\entées