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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE

TEINTURE.

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nque au moment de sa formation au contact de la fibre.Par exemple, on teint la soie en pourpre, lorsque aprèsavoir mélangé de la murexide et du sublimé corrosif, onlisse la soie dans la dissolution; la fibre textile absorbela matière colorante en prenant une nuance plus oumoins foncée, suivant qu’elle a séjourné plus ou moinslongtemps dans le bain limpide plus ou moins concen-tré.

Pour teindre la laine en pourpre, on la mordaneed’abord avec un sel de mercure, soit du sublimé cor-rosif additionné d'acide oxalique, soit du sulfate demercure, soit du turtrate double de mercure et depotasse, préparé par l'ébullition du bioxyde de mer-cure avec de la crème de tartre.

A ces sels il faut ajouter, à cause de l’action réduc-trice de la laine, un corps oxydant, tel que l’eau dechlore, du chlorure de chaux, du perchlorure ou del’oxychlorure d’étain. Après la préparation et le lavagede la laine, on la teint dans nn bain de murexide, soitseule, soit mélangée d’un sel alcalin, comme, parexemple, d’oxalate de soude.

Pour teindre en jaune on remplace les sels de mer-cure par ceux de zinc.

On peut faire usage des mêmes procédés pour fixerles produits d’oxydation encore incolores de l’acideurique, comme, par exemple, l’alloxane, l’alloxantineou la simple dissolution de l’acide urique dans l’acidenitrique. Les tissus qui en sont imprégnés acquièrentune nuance rouge lorsqu’on les soumet à une tempé-rature un peu élevée (par un courant d’air chaud, parle contact avec un métal chauffé, etc.). Pour fixercette couleur, on passe la toile à travers un bain desel de mercure ou de zinc.

Les produits d’oxydation incolores de l’acide uriquese prêtent, suivant M. Brooman, assez facilement à laproduction de genres enluminés.

On teint, par exemple, une toile de coton en uni ; onronge ensuite la murexide au moyen de rongeantssimples ou de rongeants mordants, qui, étant teintsplus tard dans un bain d’une autre matière colorante,peuvent produire des dessins blancs, verts, noirs,jaunes, etc.

Au moyen d’une solution de murexide et de diverssels métalliques, on peut préparer différentes laquesinsolubles ou très-peu solubles, dont plusieurs pré-sentent des teintes extrêmement vives et variées.Complétons les notions générales que nous venonsd’exposer par des exemples pris dans la teinture enmurexide de la laine, de la soie et du coton. Nous lesempruntons aux communications publiées par le Ré-pertoire decliimie y 1 re année.

Teinture de la laine. — Les essais publiés jusqu’icipour la teinture de la laine en murexide ont donné desrésultats très-tardifs. Les meilleurs sont dus à M. Wurtz,directeur d’une fabrique de produits chimiques à Leip-zig, qui les obtint en se servant de murexide préparéepar MM. Depouilly frères et C Ie de Paris , en suivantle procédé breveté de ces inventeurs.

On commence par nettoyer à fond les fils ou tissusde laine en leur donnant successivement des bainstièdes de carbonate de soude et de savon assez con-centrés.

Ce nettoyage est tellement indispensable pour l’ob-tention de belles nuances, qu’il faut y porter la plusgrande attention et employer des solutions alcalinesaussi fortes que peut les supporter sans être altéréela fibre animale.

La laine, bien lavée, égouttée, éventée, est ensuiteintroduite dans le bain de teinture qu’on compose dela manière suivante :

C.

Sur 12 kil. de laine :

Eau. 350 litres.

Murexide en poudre. 500 gr.

Nitrate de plomb. . . 15,000 gr.

On délaye et dissout la murexide dans une partiod’eau tiède avant de la verser dans la chaudière; d’unantre côté, on dissout le nitrate de plomb dans 30 ü35 litres d’eau bouillante ; on verse la solution dans lachaudière et on y introduit immédiatement la laine.La teinture ne s’effectue pas immédiatement, la com-binaison de la laque et du tissu est très- lente.

La température du bain ne doit pas dépasser 28 de-grés centigrades; on le laisse refroidir peu à peu, gra-duellement. La laine doit y séjourner pendant quinzeou vingt heures.

On la retire, on la rince légèrement et on la faitpasser dans le bain d’avivage et de fixage, dans lequelelle séjourne de cinq à sept heures, suivant que lanuance doit être plus ou moins bleuâtre.

Ce bain d’avivage, qui est toujours froid, se com-

pose de :

Eau. 400 litres.

Sublimé corrosif. ... 1 kilog.

Acétate de soude. ... 3 kilog.

Après la teinture d’une partie de laine, une autropartie ayant le même poids peut être teinte do la mêmenuance, si l’on ajoute aux bains les trois quarts desmatières primitivement employées.

D’après M. Depouilly, la murexide peut teindre Ulaine en cramoisi, mais cette dernière nuance demandedes soins particuliers; la laine doit être préparée conve-nablement. Après avoir été bien blanchie et lavée, onfinit parla faire passer dans un bain d’eau de chlore très-faible. Ce passage en chlore la rend un peu jaunâtre,mais cette légère coloration ne produit point d’effetnuisible h la teinture.

On donne un premier bouillon dans une solutionaqueuse de sublimé corrosif et d’acide oxalique, ren-fermant 1 p. 100 de sel de mercure. On lave et on teintdans une simple dissolution de murexide dans l’eau.

On peut aussi procéder do la manière suivante : Onpèse des quantités égales de murexide et de carbonatede soude dans do l’eau à 60 degrés centigrades ; on dis-sout d'abord le carbonate de soude, puis la matièrecolorante rouge. On rend ensuite le bain acide parl’addition d’acide oxalique, ou mieux encore, de bioxa--late de potasse, puisqu’il faut éviter d'avoir un baintrop acide, qui ne se conserve pas bien ; on teint à chaudà G0 on 70 degrés centigrades. *

Enfin, l’on peut aussi imprégner la laine d’une solu-tion assez concentrée de murexide, l’exprimer forte-ment et la laisser sécher à l’air ; on l’introduit ensuitedans un bain qui marque au thermomètre 40 à 50 dc-*grés, et qui renferme :

Eau. 10 kil.

Sublimé. ....... 60 gr.

Acétate de soude ... 75 gr.

Teinture de la soie. — M. Depouilly donne les re-cettes suivantes pour teindre en pourpre ou en cra-

moisi. On chauffe de l’eau à 80 ou 90 degrés centi-grades et on y dissout environ 5 p. 100 de son poidsde murexide. D’un autre côté, on prépare un bain dosolution aqueuse de sublimé corrosif(4 p. 100 du poidsde l’eau), qu’on acidulé par de l’acide acétique. Ce baindoit être parfaitement clair et limpide.

On ajoute à la solution froide de la matière coloranteune quantité du bain de sublimé équivalente à troisfois le poids de carmin de pourpre employé. On teint àfroid et en agitant continuellement la soie et le baincoloré, jusqu’à ce qu'on soit arrivé à la nuance désirée.

On avive ensuite dans une solution aqueuse froide

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