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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

mécanique, à la nature «les matières colorantes ap-portées par les bains, pour qu’un exposé méthoiliqneconcernant ces éléments de la décoration des tissus necomplète pas rigoureusement les études que nous avonsprésentées dans cet article. D'ailleurs cette exposition,différente de celle qu’on peutlirc dans l’article impres-sion, fixera les idées.

Réserve. — 'foute substance choisie de manière às’opposer à la fixation d’une couleur qu’on pose parimmersion ou mémopar placage sans modifier la cou-leur, sans altérer le tissu, sans s’opposer à l’adhérencedo la couleur sur les autres points, fait fonction de re-serve. Si la réserve laisse apparaître la couleur propredu tissu, c’est un blanc -réserve qu’on emploie. Si laréserve laisse sur le tissu, postérieurement à la tein-ture, une nuance donnée sur les point3 réservés, c’estune couleur réserre qu’on applique. Les réserves doiventcire composées de ttllc sorte qu elles disparaissent aisé-ment après avoir joué leur rOic. Primitivement les ré-serves se composaient de cire qu’on posait au pinceausur les parties qu’il fallait protéger. Aujourd'hui lesréserves agissent en vertu de principes bien différents ;elles sont ou mécanique.*) ou chimiques , ou physiques.

La réserve agit rarement en vertu d’un seul prin-cipe ; elle peut être appliquée soit à l'égard du mordant,soit à l’égard de la couleur proprement dite. Une ré-serve mécanique, par exemple la cire, protégera d'unemanière tout aussi certaine le tissu de coton , qu’onl’applique sur l'étoffe elle-même sans préparation ousur l’étoffe préalablement plaquée [monlancé tj.

La réserve mécanique se compose de réserve de cire,de graisses, de corps gras huileux, d’huiles essentielles.

La réserve chimique agit sûr la teinture en précipi-tant, par exemple, la matière colorante avant soncontact avec la matière textile; d’autres fois, elle peutdétruire la matière colorante et la décolorer, l'altérerseulement dans d'autres circonstances: l’action chi-mique peut se porter sur un seul ou sur tous les élé-ments : il faut se guider dans le choix qu’on en peutfaire d’après le degré de résistance de la couleur etdu tissu, la saturation et la réaction acide ou ba-sique de la couleur.

La réserve jihysique agit matériellement en absor-bant la matière colorante et s'opposant à l'action dola fibre; la terre de pipe est la réserve par excellence;les corps insolubles, comme les sulfates de plomb, debaryte, etc., peuvent être employés concurremment.

Enlevage. — Faire naître, sur un fond uni, teint oupréparé par impression, une coloration blanche ou dif-férente. tout en respectant la solidité du tissu, tel estle but de l’enlevage. Son mode d’action se définit : l'al-tération par nouvelle combinaison on pardestiuction dela couleur qui forme le fond uni. C'est donc une réactionchimique se décelant par une dissolution de la matièredéposée, ou par une destruction du principe coloré. Ondistingue les acides et les rongeants.

La couleur est-elle complètement détruite, laisse-t-elle apparaître l’étoffe blanchie, l’enlevage est dit blancenlevage. On porte l’énergie de l’enlevage tantôt sur lemordant quand la couleur exige pour la teinture unepréparation métallique, tantôt sur la matière organiquelorsque la couleur adhère sans intermédiaire, tantôt surla matière colorante organique et sur le mordant quandla matière colorante n’a pu se fixer qu’avec un auxiliairemétallique, tantôt enfin sur la matière inorganiquelorsque celle-ci fait fonction de matière colorante. Onobtient ces divers résultats par les acides, par unesorte de combustion de la matière colorante, par unedissolution et une combustion simultanée, par diversmoyens appropriés aux caractères de la matière miné-rale, lorsque celle-ci se trouve être la cause ue la colo-ration.

Les enlevages arides agissent ou par dissolution de lapré[ a ation méalliquc, ou par formation d’un composédans lequel l’oxyde est masqué, ou par une transfor-mation résultant d’un mouvement moléculaire capablede rendre l’oxyde insensible au contact de la matièrecolorante avec lequel il cesse de sc combiner.

Les acides employés sont les acides oxalique, tar-trique et citrique.

Les enlevages comburants agissent principalementsur les couleurs produites par la matière organique;l’aeide chromiquc, le chlorure de chaux, l'acide hypo-chloreux, qui brûlent les matières courantes ou lesaltèrent en les décolorant à la façon du chlore, peuventêtre regardés comme les types de ces espèces.

Dans un grand nombre d’enlevages on doit considé-rer l’action comme jnixte ; la partie minérale dp lalaque sc trouve éliminée par l’acide qui la dissout et lapartie organique est brûlée dans un cas, décolorée dansl'autre, par l'agent comburant.

Lorsque la couleur déposée forme une laque, un acideseul peut la détruire si les deux éléments sont solublesdans l'acide employé. Si la couleur est un véritable selinorganique, comme un chromatc insoluble, chronratede plomb, un iodure insoluble, iodurc de mercure, ondoit choisir, parmi tous les composés que la chimie nousapprend à manier, ceux dont faction sur la fibre larespectera le plus.

S’il est conwnablc de séparer ainsi les modes suivantlesquels les enlevages agissent, il faut prendre gardode trop exagérer la valeur de cette distinction, cail’acide hypochloreux, par exemple, agit à la foiscomme acide et comme décolorant. Ou doit à M. Sacol'introduction de l’acide hypochloreux, et le tour domain qui permet d’en faire usage ; on ne peut l’employerdirectement en Y imprimant, tant parce qu’il sc décom-pose rapidement, que parce qu’il attaque toutes lesmatières organiques avec lesquelles il est mis encontact. Or M. Sacc a tiré parti de la manière dont ilse comporte en présence des sels de zinc. Il suffit, eneffet, de substituer les sels de zinc à l’acide tartriquepour obtenir des enlevages blancs sur les tissus colorés,en les passant dans une solution d’hypochlorite dechaux.

Cette méthode réussit à merveille. De plus, en aug-mentant ou en diminuant la dose du sel zincique, onaugmente ou diminue l’énergie du rongeant, au pointqu’on peut obtenir par ce moyen des dégradations denuances aussi nettes, aussi pures que possible et qu’onne saurait réaliser par aucun autre procédé.

Voici comment on doit opérer :

On imprime au rouleau sur les tissus teints et sa-vonnés l’enlevage suivant : eau, 1,500 gr.; sulfatede zinc, 400 gr.

* Quand l’impression est sèche , on passe pendantdeux minutes dans un bain froid monté à ï degrés del’aréomètre de Baumé avec de Y hypôchlorite de chauxmarquant 100 degrés ehlorométriques, puis on lave eton sèche. Ce nouveau procédé d’enlevage est beaucoupplus rapide, plus sûr et plus économique que l’ancien,puisque le sulfate zincique ne coûte que 30 cent, lekilog., tandis que l’acide tartrique vaut 4 fr. le kilog.

Cette réaction résulte de cette curieuse propriété del’acide hypochloreux de ne contracter aucune combi-naison avec les sels de zinc.

M. Sacc, àfpii l’on doit cette intéressante et fécondeapplication, semble vouloir en reporter le mérite àM. Balard, qui a remarqué le premier l’action des selsde zinc sur l’hypoeliloritc de soude. Il est tout aussijuste de faire la part «le l’un et de l’autre chimiste, dusavant qui a découvert le fuit et de l’ingénieux prati-cien qui en a su faire, quinze ans après, une heureuseapplication.

Lorsque l’enlevage est composé de telle sorte qu’il