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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

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laisse à la place «le ta couleur qu’il a fait disparaîtreune couleur différente de celle de la libre elle-même,on l'ait usage d’une couleur enlevage . Ces composéssont peu nombreux ; ils sc pourraient confondreavec les couleurs conversions, car l’effet qu'ils pro-duisent provient de substitution de matières colo-rantes ou d’oxydes métalliques nouveaux à ceux quela couleur contenait primitivement. Ils résultent encorede l’altération de la nuance par des préparations métal-liques appropriées.

Pour ne laisser aucun doute dans l’esprit du lecteursur les rapports de la teinture et de 1*impression, nousallons supposer deux exemples , l’un de réserve etl’autre d’enlevage destinés à produire, l’un commel’autre, des dessins blancs sur des fonds de couleur, lepremier sur bleu de cuve, le second sur rouge degarance.

Veut-on faire une réserve blanche sur bleu de cuve,-on imprimera comme blanc réserve un mélange de2 kilog. acétate de cuivre, 2 kilog. sulfate de cuivre,500 gr. d’alun qu’on étendra dans 10 litres d'eau avec5 kilog. de terre de pipe et 5 kilog. de gomme de Séné-gal ; on bassinera suffisamment ; on ajoute 3U0 gr. denitrate de cuivre et 300 gr. d'acide sulfurique. Letissu imprimé, passé au bleu de cuve une ou plusieursfois suivant le ton désiré, sort avec les réserves blan-ches, le mélange imprimé jouissant de la propriété deprécipiter l’indigo sans lui permettre de contracterd'adhérence avec les parties réservées.

Vcut-on produire un blanc enlevage sur rouge turc,deux méthodes se présentent, soit qu’on agisse sur lemordant, soit qu’on agisse apres toute teinture.

Dans le premier cas, on imprime au rouleau le mé-lange suivant : dans 11) litres d’eau, 2 kilog. degomme arabique, 1,500 gr. d’acide oxalique, 2,500 gr.d’acide tartrique; on épaissit avec 3 kilog. de terre depipe. Ce mélange dissout et fait disparaître la prépa-ration d’alumine étendue sur toute la surface de lapièce. On garance dans le bain de rougic. La garancene se fixe que sur les parties alunées; le dessin ap-paraît en blanc sur le fond rouge.

Dans le second cas, l’étoffe est teinte en rouge uni.On imprime avec 1 2 kilog. acide tartrique, S kilog. deterre de pipe, 1 litre d’eau gommée, 1 ,(3ü0 gr. de cblo •rare d’étain à GG degrés. On passe dans la cuve à dé-colorer par le chlorure de chaux très-alcalin. Le chlo-rure ne se trouve décomposé pour dégager du chloreque sur les points imprimés dont la réaction est acide :le chlorure détruit le rouge, et les points imprimés ap-paraissent en blanc.

Couleurs conversions. — À ces procédés qu’onpeut varier eir quelque sorte à l’infini par les méthodesde rcnluminage avec les couleurs dites de rentrure, ilfaut ajouter les ressources que peuvent offrir les cou -leurs conversions. En effet, on modifie encordes couleursobtenues par teinture soit avant, soit après le fixageet par voie mécaniquo ou par voie chimique.

On agit par voie mécanique et sur la teinture et surla préparation métallique dans le genre frappé ; on faitde la sorte apparaître des dessins fond sur fond. Enfrappant avec la planche l’uniformité de la couleurdisparaît, la partie qui correspond à la planche sedétache sur le fond; lorsqu’on frappe sur le tissu sim-plement aluné, la teinture en garance fait apparaîtredes dessins d’une autre nuance que le reste du fond.On ajoute à la régularité de ce travail en se servantd’eau légèrement gommée, comme M. Broquette l’aproposé.

On sait que le gaufrage n’est que le produit de l’é-crasement sur certains points des fibres ou tuyaux quicomposent le tissu. La réflexion inégale de la lumièreblanche produit des ombres et des lumières qui font

croire à certains dessins. On les nomme moirés.M. Pcrsoz range ces effets parmi ceux qu’il désignesous le nom de conversions mécaniques.

On obtient des conversions chimiques tantôt en opé-rant sur les préparations métalliques qui servent d’in-termédiaire pour fixer la couleur, tantôt sur les cou-leurs elles-mêmes avant même qu’elles soient fixées.Dans le premier cas, j*ir exemple, en agissant sur lemordant, il est facile de convertir un dessin uni en undessin à deux teintes, en superposant des mordants dememe base mais formés de sels à différents acides, l’undécomposable spontanément, l'autre exigeant un pas-sage dans un bain alcalin; on passe dans le bain deteinture. Les parties surchargées d'alumine prendrontune teinte foucée, les autres prendront une nuance plusfaible. Un seul passage dans le bain fera ressortir desdessins monochromes et dégradés, qu’on nomme genredouble teinte. On obtient encore le même effet etd’une manière plus simple; on imprime, par exemple,et Ton plaque un mordant d’alumine chargé de nitrated’alumine, on imprime ensuite de l'acétate de soudepar places seulement. L’acétatede sonde décompose lenitrate d’alumine, renforce la dose d’alumine; il fonc-tionne comme blanc conversion. On passe au bain debouse et l’on teint en garance; on obtient les mêmeseffets rouge fin sur bande fond rose.

Au lieu d’imprimer un blanc conversion sur unmoulant, on peut composer deux mordants qui se. con-vertissent à leur point de contact en des nuances plusélevées; on prépare de la sorte des étoffes rayées dontles rayures, se coupant sous certains angies, présententau point d'intersection une nuance beaucoup plus vio-lette , presque noire même. Les mordants de fer etd’alumine se prêtent très-bien à ces différents genres.

On peut produire des effets conversion par une au-tre méthode chimique. Nous poserons le principe etnous l'appliquerons à quelques exemples. Lorsqu’unesubstance colorée ou colorablc se trouve en nndangeavec des préparations métallique-*, quelle ne change pasl'affinité de l’étoffe pour l’oxyde, et qu’elle ne s’unitd’ailleurs au tissu qu’à la condition de certaines modi-fications qu’on lui fait subir, elle est capable de pro-duire des comemous colorées.

Supposons qu’on veuille produire des effets de doublenuance en violet ou rose passant au brun ; nous impri-merons le dessin qu’on veut convertir avec un mé-lange de pyrolignite de fer ou d’acétale d’alumine etd’une certaine quantité de cachou, qui ne devientadhérent au tissu qu’après une exposition à l’air ou parune oxydation sous l’influence du bichromate de po-tasse. En imprimant sur certains poiuts du bichromatede potasse, on fixe le cachou de telle sorte que la tein-ture fait apparaître des dessins double nuance, parcequ’à la nuance du sCl métallique s’ajoute celle qui con-vient au cachou. *

Quelques sels métalliques peuvent convertir commele fait le cachou. Si nous imprimons des bandes enaluminate de potasse auquel nous aurons ajouté quel-que peu de prus«iaîc jaune, et que sur ces bandes onimprime par places des dessins avec un mélanged’acide tartrique et d’acétate de fer, on obtient par lavaporisation des dessins en bleu de Prusse résultant dela réaction du sel de fer et du cyanoferrnre; le bousagefait disparaître le cyanure non fixé, en même tempsqu’il enlève l’oxyde de fer mis en liberté par l’acidotartrique. Une passe de ce tissu dans un bain de co-chenille fera ressortir le bleu de Prusse sur les bandescolorées en rose.

Les conversions chimiques s’opèrent enfin sur lescolorations terminées. Un des agents le plus souventemployé pour obtenir ces sortes de conversions est lebichromate de potasse dont l’action sur les matières co-lorantes est des plus variées, tantôt oxydant, tantôt