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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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THERMOMÈTRE.

THERMOMÈTRE.

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Les verts métalliques sont formés ou tic verts ou ide jaunes métalliques et de bleus; on trouve dansl’examen des cendres la solution du problème. Il estpossible de former dos verts de toutes pièces, comme lesarsénites de cuivre et l’oxyde de chrome. On sait quece dernier est appliqué maintenant sur une grandeéchelle à l’état d’oxyde de chrome hydraté ( voyezEMERAUDE, vert EMERAUDE, p. 235).

Violets,

Les violets sont obtenus ou par des mélanges ou pardes superpositions. Quelques composés, comme l’or-seillc, la garance et l’aniline, donnent directement desnuances violettes ; d’autres exigent des superpositions.

Les violets garancés laissent comme résidu des cen-dres chargées d’oxyde de fer; elles sont décolorées par il’acide hypochloreux ou par le chlore; l’oxyde de fer Ireste sur l’étoffe qui, lavée, peut prendre dansdcsdécoc-tions de matières tinctoriales les couleurs que chacuned’elles prend en contact avec les sels do fer. -L'acidechlorhydrique faible les fait virer au jaune orangé saled’une intensité variable avec celle du violet primitif.Un lait de chaux sous l'influence de l’acide détermineune couleur violette brillante et persistante en pré-sence mémo d’un bain de savon bouillant.

Les violets au campêche laissent, après incinération,une cendre blanche formée d’oxyde d’aluminium ; ilssont détruits par l’acide hypochloreux ; l’acide chlor-hydrique les fait virer au rouge ; un lait de chaux,suivi d’un passage en eau de savon, leur donne uneteinte grisâtre qui finit par disparaître.

Les violets à la cochenille se distinguent de ceux aucampêche, d’abord par leur nuance, puis par les réac-tions offertes par les cendres dont la composition estdéterminée.

Les violets d’orseille se reconnaissent à leurs carac-tères propres; fugaces, ils s’altèrent au contact desacides, ne laissent pas de résidu lorsqu’on les incinère ;ils reprennent au contact de l’ammoniaque leur couleurprimitive, si l’acide qui les a fait virer n’est pas tropconcentré. Lorsque la couleur d’orseille est obtenuepar la pourpre française, elle résiste aux acides à4 degrés; on peut trouver après incinération un résidud’étain ou de magnésie, base de la laque qu’on a dé-posée sur le tissu, si l’on a des impressions à déter-miner (p. 592).

Les violets d'aniline sc reconnaissent à leur grandevivacité; toute nuance violette paraîtra noire à coté dela teinture en indisine. Leurs caractères ont été donnésau sujet de l’aniline; nous nous bornerons à renvoyer lelecteur aux caractères spécifiques que nous avons pré-sentés en parlant de l’aniléine elle-même.

3ALVÉTAT.

THERMOMÈTRE. Le thermomètre est l'instru-ment qui a pu permettre d'arriver à la découverte detoutes les lois qui règlent les phénomènes calorifiques,c'est-à-dire à la série la plus importante des découvertesdes temps modernes en introduisant, dans leur étude,la possibilité de mesurer et par suite d’établir des lois.Il doit être défini l’instrument qui sert à la mesure destempératures; on ne peut donc, comme on le fait tropsouvent, définir la température par le nombre de de-grés de thermomètre, ce qui est un cercle vicieux ; lamesure d’un phénomène n'en est pas la définition.

L’idée de température qui est implicitement conte-nue dans la première notion que notre esprit se formequand nous percevons les phénomènes de la chaleur,est une idée première qui ne peut pas plus se définirque le temps en mécanique, mais nous pouvons définird’égalité de température comme l'égalité de temps, cequi doit nous conduire, dans un cas comme dans l’au-tre, à constituer l’unité, à obtenir la mesure.

Les premiers phénomènes que l'expérience nous

montre comme intimement liés aux températures,son: la variation du volume des corps et réchauffementd’un corps froid en contact avec un corps chaud. Ondoit donc établir :

1° Qu’un corps placé dans des conditions identiquesde tout point, par rapport à sa distance d’un corpséchauffé, à la pression, s’il s’agit d’un gaz, etc., a unemême température.

2° Que la température des deux corps est la même,si, étant rapprochés l’une de l’autre, ils n’éprouventaucun changement.

3° Qno s’ils éprouvent des changements, l’un se re-froidissant pendant que l’autre s’échauffe, ils arrive-ront à l’égalité de température.

Ces premières déductions parfaitement certaines deseffets les plus généraux et les mieux constatés de lachaleur permettent d'établir un instrument servant àconstater les différences de température des deux corps,pourra-t-il fournir leur rapport, leur mesure? En effet,le corps type, que l’on comparera à un autre corps,ayant un certain volume lorsqu’il est eu contact aveclui, en raison de sa température, en indiquera une plusélevée lorsqu’il prendra un plus grand volume aucontact d’un autre corps. On ne pourra conclure de lavariation de volume du corps étalon qu’une différence,mais non un rapport, à moins d’avoir constaté la pro-portionnalité des variations de volume et des varia-tions de température.

Admettons cette condition remplie, elle ne permet-tra pas seule (le passer à l’étude des phénomènescalorifiques; il faudra, comme dans la mécanique où lamesure des vitesses est tout à fait insuffisante et doit,pour arriver à la constitution de la science, être com-plétée par celle du travail, des forces vives, dépasser lanotion de température, employer celle-ci à détermi-ner la quantité de chaleur contenue dans un corps tiune température donnée, à l’aide de sa chaleur spéci-fique. C’est à l’aide de celle-ci que l'on obtient l’unitécomplète, dont la constitution était indispensable pourconstituer la théorie de la chaleur sur des bases iné-branlables.

L’établissement d’un thermomètre convenable né-cessite la constitution d’une échelle de variation devolume, de degrés proportionnels aux échaufïementset aux quantités de chaleur du corps type. Supposons,pour le moment, cette condition remplie pour les li-quides par des degrés égaux représentant l'excédantde leur dilatation sur celle de l'enveloppe de verrequi les renferme, et décrivons la construction de cetappareil le plus simple et presque le seul qu’il soit né-cessaire d’employer dans les applications.

Thermomètre à mercure, — Inventé, suivant les uns,par Galilée, selon d’autres par Drebbel , médecin hollan-dais, perfectionné parles académiciens de Florence etsurtout par Newton qui l’améliora en montrant la né-cessité d’introduire dans son échelle de graduation despoints fixes, on voit que le thermomètre est né du con-cours des fondateurs de la physique moderne qui com-prenaient la nécessité d’introduire un moyen de com-paraison, de mesure, au milieu des phénomènes calo-rifiques, pour arriver à la découverte de leurs lois. Ilconsista d’abord en un simple tube cylindrique renfer-mant de l’esprit-de-vin ou du mercure. Mais cette formen’étant pas susceptible de donner une grande sensibilitéà l’instrument, on souda bientôt àT’extrémité du tubeun réservoir dont les dimensions soient considérablesrelativement au diamètre du tube, ce qui rend les va-riations du liquide beaucoup plus sensibles. Telle est laforme adoptée.

\, Construction d'un thermomètre à liquide. — Laconstruction du thermomètre sc réduit à un petitnombre d’opérations. 11 faut préparer le tube, intro-