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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

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pas plus être considérés comme couleur que l’eaudans riiydrato de fer qui constitue la couleur rouille.

3 e Guorn:. Le l>len faux formé par le bois de Cam-péclie et l’oxyde <le cuivre fournit la seule matièrebleue qu’on puisse chercher dans le troisième groupe.

Le bleu d'indigo est le bleu solide par excellence; ilrésiste à l’action de l’acide sulfurique concentré ; l'é-bullition avec la potasse caustique ne le modifie pas.Sa cendre ne contient ni fer ni cuivre. Le bleu d’in-digo peut avoir été fixé sous forme de Lieu de Saxe,carmin d'indigo, sulfo-indigotate, etc.; on le découvrepar la dissolution de potasse qui fait disparaître la co-loration ; un acide la fait reparaître.

Le bleu de Prusse est détruit par la chaleur ; il donneà l’incinération sur une lame de platine un résidud’oxyde de fer quelquefois pur, quelquefois additionnéd’oxyde d’étain. La potasse le décolore en lui faisantprendre une couleur de rouille; il sc décolore avec l’a-cide sulfurique concentré ; par l’immersion dans l’eau lacoloration reparaît, mais affaiblie. Un caractère propreaux couleurs provenant du bleu de Prusse résulte del’action de la lumière sur cette couleur. L’expositionà la lumière solaire décolore le tissu; l’obscurité ra-mène au bleu les parties décolorées.

Le bleu au campèche est tellement impressionnableaux acides qu’il passe au rouge aussitôt qu'il a leurcontact; il est décoloré par la chaleur et laisse unecendre qui renferme du cuivre. En effet, cette cendrebouillie dans l'acide nitrique donne une liqueur qui,neutralisée par l’ammoniaque, fournit un précipité pour-pré par le prussiate jaune de potasse, et par l’ammo-niaque en excès un liquide d’un bleu céleste. On nedoit pas oublier qu’il ne faut chercher le enivre quedans les cendres, car if forme avec les matières colo-rantes des combinaisons dans lesquelles scs propriétéssont masquées.

Nous avons dit que les bleus foncés recevaient sou-vent un premier pied de bleu de cuve. Une pareilleétoffe qui est finie par des bains de campecheou de bleude Prusse perdra toujours une partie de sa nuance parles alcalis et les acides ; on retrouvera le bleu solideaprès le traitement, la nuance aura seulement beau-coup diminué. Si le bleu de cuve est recouvert de bleude Prusse , la cendre sera ferrugineuse ; elle sera char ■gée de cuivre, si l’on a rechargé de bleu par l’oxyde decuivre et le campêcher.

Jaunes.

Nous avons vu qu’on pouvait trouver, dans l’état ac-tuel de l’industrie, les jaunes de garnie, de quercitron,de graine, de fustet, de curcuinn, d’acide picrique, desubstances astringentes, de rocou , les jaunes dechrome, l’orpiment, le sulfure de cadmium, le nankinou le chamois.

1 er Groupe. Le jaune obtenu de l’acide picriqueconstitue le type d’un jaune présentant une telle affi-nité pour la fibre que rien ne peut l’enlever complète-ment.

2 e Groupe. Dans ce groupe se classent les couleursminérales, comme les jaunes de chrome, d’arsenic, do/inc, de cadmium, que leur caractère chimiquo per-mettra toujours de retrouver dans les cendres. Lesoxydes de fer et de manganèse qui donnent à l’étatd’hydrate, d’arséniate ou de phosphate des couleursvarices, se classent immédiatement à côté do ces cou-leurs jaunes minérales.

3 e Groupe. Les autres jaunes qui nécessitent pourse fixer l’intervention des sels métalliques se rangentdans le troisième groupe.

Le jaune à l’acide picrique ne se décolore pas par lesacides; il faiblit un peu dans les dissolutions alcalines,il ne laisse aucun résidu par l’incinération.

Le jaune de gauti-o est détruit par l’acide hypochlo-

reux ; l’acide sulfurique concentré le fait virer légère-ment au jaune verdâtre. La potasse ne l’attaque pas ;elle peut le ramener au jaune d’or.

Les jaunes au quercitron sont détruits par le chloreet par l’acide hypochloreux, mais ils ne virent sensi-blement à l’orangé, ni par les acides, ni par les alcalis,ni par les sels d’étain ; l’acide nitrique leur fait prendreune teinte rougeâtre.

Le jaune de graine est détruit par le chlore et l’acidehypochloreux ; la potasse le fait virer au jaune turc ;le chlorure d’étain les fait passer â l’orangé.

Les jaunes de fustet virent au rouge par l'acide sul-furique; l’acide nitrique les détruit.

Les jaunes de curcuma sont décolorés par le chlore ;ils virent à l’orangé par les alcalis.

Les jaunes au rocou , difficilement attaqués par lechlore, sont enlevés par l’acide nitrique; mais l’acidesulfurique les attaque difficilement; ils prennent d’a-bord une nuance bleu verdâtre, puis passent au brunfoncé.

Orangés,

Les orangés résultent généralement du mélange oude lasuperposition des jaunes et des rouges ; quelquefoisils sont directement fournis par des matières orangées,dont la plupart appartiennent aux substances miné-rales.

Verts,

On peut distinguer parmi les matières colorantesvertes les verts à base d’indigo, les verts à base de bleude Prusse , les verts obtenus par les jaunes et le cam-pcche, les verts de Chine , les verts métalliques.

Les verts à base d'indigo présentent, comme carac-tère commun, d’être détruits par la chaleur sans lais-ser d’autre résidu que celui que donnerait le jaune•seul ; ils sont décolorés par le chlore et par l’acidehypochloreux en laissant du jaune s’il résiste à cesagents, ou seulement un des éléments du jaune, l’oxydemétallique, s’il est détruit comme l’est le principebleu.

Les verts à base de bleu de Prusse sont inaltérables parle chlore gazeux, par l’acide nitrique et par l’acidehypochloreux quand ils ont pour base jaune le chro-mate de plomb; la potasse caustique l’attaque en fai-sant disparaître à la fois le jaune ot lo bleu. Lorsquole principe jaune est une couleur végétale, le vert s’al-tère par le chlore et par l’acide hypochloreux qui lefont passer au bleu ; et la potasse, au contraire, n’al-térant pas le jaune, mais faisant disparaître le bleu,laissera voir une coloration jaunâtre avec une nuanceolivâtre.

Les rerts au campéche rougissent fortement par l’a-cide qui détruit l’hématine ; ils noircissent quand onles couvre d’une couche de chromate de potasse.

Les verts de Chine présentent des caractères spéciauxqui s’opposent à ce qu’on puisse les confondre avecl’indigo. Une étoffe immergée dans la potasse en pré-sence des sels réducteurs se décolore en donnant unliquide qui colore le calicot en vert d’abord , en bleuensuite, quand on le fait déverdir au contact de l’air.Un mélange formé de quatre volumes d'acide sulfu-rique et d’une partie d’alcool qui dissout l’indigo fixésur tissu ne décolore pas le tissu teint par le vert doChine .

Un tissu teint par le vert de Chine immergé dans lesulfhydratc d’ammoniaque passe au pourpre ; par lorinçage et l’exposition à l’air il reprend ses couleursprimitives.

Le chlorure d’étain fait virer la nuance à l’orangé ;mais ce caractère pst commun à d’autres verts compo -sés, ceux, par exemple, qu’on formerait avec lo tour-nesol et ses congénères et un jaune végétal.