TOURS COMPOSÉS.
TOURS COMPOSES.
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nuité, un caractère microscopique qui expliquent laperfection des produits, en meme temps que l’extrêmevitesse rotatoire imprimée au diamant explique, mal-gré le ralentissement graduel de la vitesse des man-drins, l’accélération du travail dans une proportion aumoins triple de ce qui avait lieu auparavant, en unmot telle qu’il devient possible de terminer automati-quement, ou sans aide étranger, le coin d’une petitemédaille dans un intervalle de quinze à vingt heuresau plus.
La machine qui produit de tels résultats mériteraitbien, à cause de l’originalité de ses combinaisons,d’être décrite avec le plus grand soin, et l’on peut, àjuste raison, s’étonner que cela n’ait point eu lieujusqu’ici. Il me suffira de dire que les arbres de man-drins, au lieu de la position horizontale ordinairementadoptée pour le tour à portraits, sont disposés vertica-lement et mus par un équipage de roues et de vis sansfin inférieur, qui offre un moyen de débrayage ingé-nieux pour changer le sens de la rotation du modèle,lorsqu’il s’agit d’en obtenir le contre-profil; que lavitesse angulaire des mêmes arbres de mandrins estrendue variable dans les conditions ci-dessus , aumoyen d’une couple de cônes alternes ou différentielsà courroie sans fin, conduite par une griffe dont laposition varie solidairement avec celle de la barre di-rectrice de la touche et du burin ; que cette barre estmobile dans un plan horizontal au-dessus du plansupérieur et parallèle de l’établi, affleuré par les man-drins des médailles; ce qui offre de grandes facilitéspour le centrage, et la faculté de maintenir le mandrinà rebord de la pièce à buriner constamment recouvertd’huile ; que cette même barre, articulée doublement àson pivot, l’est aussi, à l’extrémité opposée, avec deuxpetites pièces transversales agissant horizontalementde chacun des côtés de sa direction, de manière queLune , à libre pivotement vers sou bout extérieur, tendix la soulager d’une portion arbitraire de son poids purun ressort transversal inférieur fixe, tandis que l’autre,véritable arbre tournant, est conduit par un engre-nage sans fin, à vis et écrou micrométriques, dont larotation et la translation excessivement lentes, misesen rapport avec la rotation propre des mandrins oudes cônes alternes, sert à imprimer à la barre de guidesupérieure )e mouvement horizontal, circulaire et con-centrique, qui écarte progressivement la touche et leburin des centres respectifs de leurs médailles, etc.
Serait-il vrai que la disposition horizontale desmandrins du tour à portraits , ici impérieusementexigée pour le rafraîchissement perpétuel de l’outil,eût déjà fort anciennement été mise en usage par feuDupeyrat, graveur et guillocheur à Charenton prèsParis , qui, vers 1830, inventa pour les billets debanque les timbres coïncidents, au sujet desquels ilobtint les éloges de la Société d’encouragement? Celaparaît d'autant plus difficile à vérifier que les procédésmécaniques de ce graveur ont été tenus secrets, commeceux de tant d’autres artistes français éminents. Quantà l’usage que l’on a pu faire-de cette même horizonta-lité des mandrins pour imprimer simultanément larotation au modèle et à la copie en ronde bosse à sculp-ter, il n’a avec le tour de M. Barrèro qu’un rapportfort indirect, et sur lequel il serait d’autant moins né-cessaire d’insister que les outils y remplissent un rôletout différent, étant conduits par des systèmes detringles à mouvements parallélogrammiqucs, dans legenre de ceux des machines à dessiner ou à graver.
M. Babbage nous apprend, dans le livre d;ja cité(p. 132 et 133), que James "Watt s’amusa, il y a fortlongtemps, à construire une pareille machine, demeuréeinédite, et que, antérieurement à l’année 1832, l'An-glais Hawkins en aurait inventé une autre qui, entreles mains d’un artiste de Londres , a servi à faire les
copies en ivoire d’un grand nombre de bustes. Desemblables moyens de reproduction ou de réductionont été également tentés aux États-L'nis d’Amérique et en France à une date postérieure. Je me contenteraide citer, comme étant des plus connus, ceux inventésou perfectionnés dans notre pays par M. Sauvage (mai1836, 1840 et 1844), par M. Dutel (novembre 1836 et1844), par M. Collas (mars 1837 et 1844), enfin parM. Alexandre Contzen, successeur de M. Dutel, en184-4. pour la copie, en ébauche, des grandes statuesde marbre. Les moyens automatiques notamment em-plpyés par M. Collas pour opérer, sur le tour à por-traits de Hulot, la réduction et l’amplification des mé-daillons et bas-reliefs; ses procédés, d'un genre diffé-rent, pour réduire les bustes et les statues de rondesbosses destinés an moulage en bronze ; ces moyens ouprocédés en particulier ont obtenu, tant par les tra-vaux de cet artiste que par l’intelligente et conscien-cieuse coopération de son associé M. Bnrbedienne, unnssez grand succès commercial pour qu'il ne soit passuperflu de le rappeler ici, en faisant observer toute-fois que la forme de certains modèles se prête difficile-ment à l'application des procédés mécaniques sans dé-montage des parties, les bras, les jambes, etc. Euoutre, il ne faut pas oublier qu’il s’agit là d’un sculp-tage mécanique appliqué à des matières plastiques,telles que le plâtre, l’argile, le savon, la craie, servantensuite de modèles pour le moulage du plâtre même,de la fonte de fer, du zinc et du bronze; modèles qui,en raison de leur perfectionnement et de leur bon mar-ché relatifs , ont rendu des services réels aux arts, enmettant à la portée du grand nombre des copies dechefs-d'œuvre propres à répandre et développer le goûtdu beau, en se substituant, dans les objets d’ameuble-ment, à de pâles et médiocres copies Je l’antique.
Quant à l’art de sculpter la pierre et le bois en gé-néral, peut-être serait-ce une illusion de croire quel’on possède aujourd’hui même des procédés méca-niques vraiment satisfaisants, et propres à exécuterautre chose que des ornements d’architecture, quel-ques bas-reliefs très-simples, etc., etc. On a, il estvrai, des moyens expéditifs d’ébaucher, copier et. ré-duire même les grandes statues de marbre à l'aide defraises ou forets à rotation rapide, dont l’enfoncement,les positions successives, sont réglés d’après les formes,les proportions du modèle, sur lequel la main de l’ar-tiste ou le mécanisme même de la machine, comme l’atenté en 1844 M. Contzen, promène délicatement unetouche à pointe mousse, liée aux articulations d’uneingénieuse combinaison de pantographes articulés,mobiles dans les trois dimensions du relief, au moyend’un genou à la Cardan , et qui servent à diriger, àl’autre extrémité de l’appareil, le porte-foret ou burin,non sans donner lieu, il est vrai, à de légères altéra-tions de forme provenant de la vibration, du fléchis-sement des tiges du pantographe, et telles qu*bn enobserve pour le tracé des figures sur un plan parfaite-ment uni, notamment dans le cas de la ligne droite.
On se rappelle les tentatives, déjà anciennes etassez peu fructueuses, faites par divers ingénieurs ouartistes distingué*, notamment par Philippe de Girard (1830), par M. Grimpé (1839) et par MM. Barros etDecoster (1848), pour sculpter, fabriquer des bois defusil, des bas-reliefs ou autres objets similaires, aumoyen de gouges, de fraises tournantes conduites au-tomatiquement par des gabarits, des patrons en fonteou d’autres bas-reliefs découpés ou non à jour, etservant, comme dans les tours à guidocher ou à por-traits, de repoussoirs à un équipage de porte-touchesconiques, annulaires, etc., muni, ainsi que le porte-outil, de ressorts, de moyens d’avance convenables etégalement susceptibles, dans certains cas, d’êtredirigés par des pantographes de réduction, analogues