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TOURS COMPOSÉS.
TOURS COMPOSÉS.
dèle à l'habile* M. Collas, auquel sont dues de nou-velles applications de la machine à la reproduction,amplifiée ou réduite, des bas-reliefs sur des matièrestendres et plastiques, par des procédés dont il seraparlé ci après, et qui ont exigé des modifications es-sentielles dans le système de la barre porte-touche etoutil, système par trop rigide pour des matières decette espèce. D’ailleurs, si le tour à deux arbres deHulot offre l’avantage de faire éviter le changementdu creux en relief, ou réciproquement, il présente, enrevanche, l’inconvénient que la touche et le taillantn’y marchent plus rcctilignement, mais bien sur desarcs de cercle partant de chacun des centres de mé-dailles, et dont la courbure, à la vérité peu appré-ciable pour de faibles diamètres, no permet pas derenverser le sens de la rotation de l’un des mandrins,afin d'obtenir la contre-partie du profil de la médailleà copier, sans amener des altérations plus ou moinssensibles, dues au déplacement angulaire relatif desspirales tracées par la touche et le burin, sorte dedistorsion qui croît avec leur éloignement des centresrespectifs de rotation. D'un autre côté, les difficultésdu centrage des médailles étaient restées les mémosque dans l'ancien tour allemand ; et si le mécanismede la barre porte-outil permettait de régler à volontéla saillie proportionnelle du relief de la copie, aumoyen d’une petite tringle latérale à vis de réglageajustée sur cette barre et conduisant la tête de l’outildans une position telle que la ligne droite qui l'unità celle de la touche eût l'inclinaison jugée nécessairesur le plan vertical commun aux deux médailles, iln’en est pas moins vrai que, d’une part, l’égalité, l’in-variabilité, à tous les instants, de la vitesse angulairedes arbres de mandrins, d’où résultaient des inégali-tés considérables dans la vitesse même de travaildu burin aux diverses distances du centre; d’uneantre, la rapidité trop grande de la descente de labarre; enfin le prompt échauffement de l’outil enacier, travaillant pour ainsi dire ù sec, et par con-séquent susceptible de s’user, de so détremper promp-tement, ces différentes causes, dis-je, amenaient desdifficultés, des défauts d’exécution très-fâcheux,et qu’on n’évitait que bien imparfaitement en recourantix des passes successives, h des affûtages et remon-tages répétés de l’outil ; nouvelles sources de pertes detemps et de déformations qui ne permettaient pasaux arti tes de considérer les résultats comme autrechose que des ébauches en elles-mêmes peu satisfai-santes, et impropres à servir de coins pour le frappagedes monnaies ondes médaille*.
Parmi les perfectionnements qu’ont subis les tours àportraits, il en est un surtout de la plus hante impor-tance, et qui en a fait tripler, quadrupler les produits :c’est celui par lequel on a remplacé l’ancien burin àpointe d’acier fixe par une fraise à rotation rapide,dont quelques personnes attribuent la première ap-plication, en 1816, à un sieur Poterat, de Paris ,comme aussi elles accordent à M. Contnmin l’inven-tion du procédé par lequel la mobilité de la touche etdu burin le long de la barre directrice corrige les dé-fauts qu’on observait dans l’ancien système lorsqu’onvoulait obtenir, sans altération sensible, le retourne-ment symétrique de la figure, de la gauche à la droite,ou son contre-profil, en faisant tourner les mandrinsen sens opposé. Mais quels que soient les avantagesde ce dernier procédé, qui valut au tour à portraits deM* Contnmin les honneurs de l’Exposition de 1839 etune utile application à la monnaie de Munich , leur im-portance et leur mérite ne sauraient être comparés àceux des perfectionnements divers que M. Collas, versla même époque, et M. Barrère, postérieurement, ontintroduits dans le mécanisme des machines à portraits.Malheureusement, ces perfectionnements ne se trou-
vant décrits nulle part, il règne, à leur sujet, une sortede doute ou de mystère dont les estimables travaux doGnmbcy, de Grimpé et de plusieurs autres artisteshabiles ont offert des exemples d’autant plus fâcheux,que ces travaux, en leur supposant une supérioritémécanique incontestable, seront à peu près perdus pourl’avancement et le progrès industriel de notre pays.
A l’égard du tour Contamin en particulier, il fautsc contenter de savoir, d’après M. Amédée Durant,que l’outil et la touche possédaient, sur la barre, desmouvements qui leur étaient propres , et dont les arcsrespectifs avaient des centres différents ; la touche étantd'ailleurs montée sur un manchon à poupée, glissantle long de la barre, de manière à décrire un arc decercle opposé à celui que parcourt le porte-outil.
La modification la plus importante apportée parM. Collas à l’ancien tour à portraits de Hulot consiste,sans contredit, dans l’application, déjà mentionnéeci-dessus, qu’il en a faite à la réduction ou à l’ampli-fication même des bas-reliefs ou médaillons de grandesdimensions, en matière plastique destinée à des mou-lages ultérieurs. Cette application, en effet, a conduitnotre honorable et modeste artiste à allonger notable-ment la barre porte-touche et outil du tour Hulot, àla rejeter en dehors de l'établi, à une distance variableavec l’épaisseur du modèle et de la copie; ce qui per-met d’abaisser à volonté le chiffre de la réduction, etdoit s’entendre également du mécanisme à vis sansfin, etc., qui règle le mouvement de cette barre. D’unatitre coté, l’arbre horizontal à manchons filetés quimène les deux roues taraudées des mandrins verticauxse trouve ici placé an sommet de ce3 roues, de manièreà retenir constamment l’huile qui sert à en lubrifierles dentures. Enfin M. Collas, dont les premiers tra-vaux en ce genre remonteraient à 1835, a su appli-quer au système de la touche et de l’outil un méca-nisme en vertu duquel ils décrivent non plus des arcsde cercle concentriques, mais bien des parallèles ver-ticales, quand il s’agit de contre-profils d’une certainedimension, et tout cela sans ôter à l’ensemble du tourson caractère automatique primitif, attendu que lesmodelés, reproduits au besoin en plâtre, etc., sont ca-pables de résister à la pression douce et élastique de latouche qui détermine les déviations horizontales dol’outil.
Quant à M. Barrère, il s’est plus particulièrementattaché à modifier le tour à portraits, de manière à lerendre apte non plus simplement à ébaucher, maisà finir entièrement, et sans retouches subséquentes,les coins d’acier et les médaillons ou camées en pierresdures, telles que l’agate et la cornaline, dont ce méca-nicien a offert, à l'Exposition française de 1818, deséchantillons fort admirés du public, lesquels lui ontvalu les éloges mérités du jury et des nombreux ar-tistes graveurs de timbres ou de médailles, qui n’ontpas cessé depuis de recourir à l'usage expéditif de sesmachines toutes les fois qu’il est devenu nécessaired’obtenir des réductions d’une perfection suffisantequoique sans retouches.
Non-seulement M. Barrère a substitué aux anciensburins fixes, en acier trempé, des burins en diamantmontés d’après le procédé qui lui est propre (centrésdans l’instrument, dans la masse du métal) ; non-seu-lement il a pu les faire tourner sur leur axe avec unevitesse qui s'élève de deux à trois mille tours par mi-nute, eu les maintenant, ainsi que leur boite à pivotsupérieur, constamment baignés dans un liquide ra-fraîchissant. sans lequel le diamant lui-même se brise-rait en éclat* ; mais de pins, il a disposé lc3 choses demanière que les vitesses angulaires des mandrins etde la barre porte-touche et outil décroissent en ra^onréciproque du rayon des diverses branches spirales,dont la finesse et le rapprochement offrent une conti-