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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TUYAUX SONORES.

TUYAUX SONORES.

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l'embouchure. 11 est séparé du corps par une lame épaissede métal 1» ayant la forme d’un segment do cercle(fig. 3760). Cette lame prend le nom de biseau; elle est

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soudée par la partie circulaire de son contour auxparois du tuyau, la partie rectiligne est libre, et elleest coupée en talus de haut en bas. La paroi du piedqui fait face à ce talus est aplatie et se rapproche dubiseau de manière à ne laisser entre elle et le biseauqu'une fente étroite L appelée lumière . Cette partieaplatie L prend le nom de lèvre inférieure. Le corps dutuyau s’élève verticalement au-dessus du pied auquelil est soudé par les trois quarts de son contour. La par-tie du corps qui est au-dessus de la lumière est coupéeà une certaine hauteur au-dessus du biseau; elle estaplatie et terminée inférieurement par un bord recti-ligne placé juste au-dessus de la lumière.

Cette partie aplatie L’ analogue, par sa forme à lalèvre inférieure, prend lenom de lèvre supérieure. L’en-semble des deux lèvres et de la lumière forme cequ’on appelle la bouche du tuyau. C’est en effet cetteréunion d’organes qui permet au tuyau de produireun son, ou, pour employer le langage technique, deparler sous l’action du ventintroduit par l’embouchure.

Idée sommaire de la fabrication du tuyau à bouche enmétal.

Les tuyaux à bouche en métal sont ordinairementfabriqués avec un alliage de plomb et d’étain. Les pro-portions de cet alliage varient avec le soin plus oumoins grand apporté dans la construction des tuyaux.Le plomb coûte de 60 h 65 fr. les 100 kilos, tandis quel’étain coûte de 350 à 4-00 fr., mais aussi son entièremollesse en limite l’emploi. Car d’une part les tuyauxconstruits avec un alliage renfermant une trop forteproportion de plomb ont une mauvaise sonorité, d’autrepart ees tuyaux résistent mal aux travaux de l’accord,et parfois même lorsqu’ils sont de grandes dimen-sions peuvent s’affaisser sous lotir propre poids.

Voici les proportions des alliages employés clans labonne facture pour les tuyaux de montre qui garnis-sent la façade de l’orgue et par leur éclat argentinajoutent ùl’effet de la décoration ; on emploie : ■— d'é-tain fin et -jL de plomb.

Pour les corps des jeux d’anclies* étain et J de plomb.Pour les jeux de l’intérieur de l’orgue J étain et £de plomb.

Pour les pieds des tuyaux et les porte-vent on em-ploie un alliage connu sous le nom d’étoffe et qui ren-ferme ^ d’étain et £ de plomb.

L’étain que l’on emploie habituellement pour la fa-brication des tuyaux est l’étain fin de Cornouailles . Onemploie pour essayer sa pureté divers moyens fondés

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sur l’aspect que prend sa surface en se solidifiant aprèsla fusion. Si on fond une partie de la surface d ; imlingot d’étain pur avec un 1er à souder, la partie tou-chée doit après le refroidissement être luisante, blancheet unie. Dans le cas où le métal est mêlé d’oxyde, lasurface fondue est raboteuse dans une étendue plus oumoins grande; [enfin elle est mate et grise si l’étainest allié de plomb. Un des moyens les plus employéspour vérifier la pureté de l’étain est l’essai à la balle.Cette méthode consiste a fondre dans un moule uneballe d’étain dont la pureté est connue, et qui sert de type,puis àfondredans lcmème moule une balle de l’étuinque l’on vont vérifier. Si la deuxième balle pèse au-tant que la première, l’étain est pur. Si elle pèse da-vantage, il est allié de plomb; il est mélangé d’oxydesi elle pèse moins.

Pour fabriquer les tuyaux on commence par coulerl’alliage en planches d’une épaisseur appropriée àl’emploi qu’on en veut faire. A cet effet on a unelongue table parfaitement dressée, construite avec desmadriers épais que l’on assemble avec des traverses enbois et des chevilles en bois ou en fer. On recouvrecette table d’une toile de coutil bien tendue, cette toileest fixée à un châssis qui entoure la table. Sur cettetable est posée une auge ouverte à sa partie inférieureet dont trois côtés appuient exactement sur la table,le quatrième est mobile et laisse entre la table et lui unintervalle plus ou moins grand; quand l’auge est ùl’extrémité delatablc, cette ouverture est fermée parune tringle de bois fixée à la table elle-même.

L’ange est munie d’une coulisse qui glisse dans unefeuillure pratiquée dans l’épaisseur du châssis qui estfixé à la table. Quand on veut couler une feuille d’al-liage, on commence par fondre l'alliage dans une chau-dière, puis on met dans une marmite en ferla quantitéque l!on veut employer; on enlève avec soin la crassequi s’est accumulée à la surface, ce qui se fait facile-ment en communiquant à la masse un mouvement degiration à l’aide d’uue cuiller en fer; l’oxyde qui estplus léger se réunit au centre et on peut l’enlever d’unseul coup. On attend le moment où l’alliage est sur lepoint de se solidifier et commence à devenir pâteux,on le verse alors dans l’auge, puis on entraîne celle-cirapidement d’un bout à l’autre delà table. Le métal sedépose alors sous forme d’une feuille d’égale épaisseurqui se fige aussitôt. On a soin de détacher la feuille dela toile avant son complet refroidissement; sanscela la contraction qu’elle éprouve la ferait romprepar le milieu. Lorsque l’alliage est bien homogène,il est couvert sur toute sa surface de larges yeuxronds et brillants dont la teinte et la dimension varientavec la pureté plus ou moins grande do l’alliage.

Ces feuilles, une fois obtenues, sont rabotées; souventaussi elles sont écrasées soit au marteau soit au marti-net. Puis on les découpe suivant des profils tracés àl’avance et qui représentent le développement despieds ou des corps des tuyaux. On recouvre ensuite lasurface de ces diverses pièces d’un enduit formé deblanc d’Espagne mélangé avec de la colle forte dis-soute dans une assez grande quantité d'eau; enfin onroule les feuilles d’étain à la forme qu’elles doiventa\oir, et ensuite on met le métal ù nu dans les partiesqui doivent être soudées entre elles. Dans les piedscomme dans les corps des tuyaux les soudures sontfaites à la partie postérieure. On emploie ordinairementpour la soudure un alliage de ™ d’étain fin et J doplomb. Les soudures s’effectuent au moyen d’un ferde forme conique tenu avec une poignée en bois. Lesouvriers exercés font couler cette soudure qui se figeentre les deux bords de la feuille métallique en laissantun petit cordon uni et saillant. Il est bien évident queles parties du pied et du corps du tuyau qui doivent for-mer la lèvre inférieure et la lèvre supérieure ont dû

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