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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TUYAUX SONORES.

TUYAUX SONORES.

être tout d’abord aplaties et la taillées à forme con-venable. Dans les grands tuyaux on pratique à l’endroitdes lèvres deux échancrures en forme d'arcade, puison relève le métal de manière à former des rebordssaillants sur lesquels on rapporte deux pièces enforme d’écusson.

Les tuyaux h bouche sc divisent en trois groupes:tuyaux ouverts, tuyaux bouchés, tuyaux à cheminée.Dans les tuyaux bouchés on bourdons l’extrémité su-périeure est fermée par un fond en métal soudé sur lecontour du tuyau. Quelquefois on emploie pour bou-cher le tuyau une calotte cylindrique en métal quienveloppe le corps du tuyau, et pour qu’elle joignehermétiquement on a soin de coller sur le contour dutuyau un papier épais ou une mince bande de peau.Cette disposition a l’avantage de rendre l’accord dutuyau plus facile. Dans les tuyaux à cheminée la par-tie supérieure du tuyau est partiellement fermée parun fond annulaire au centre duquel s’élève un tubeplus étroit qui est la cheminée.

Enfin on construit également des tuyaux dans les-quels les corps sont coniques et vont en s’élargissantde bas en haut et de haut en bas, d’autres dans les-quels lecorps cylindrique d’abord se rétrécit ensuite enforme de fuseau; d’autres dans lesquels les corps cy-lindriques se terminent par un pavillon évasé (lig.3761 ).

3761.

Ces diverses formes ont pour objet de modifier lotimbre des tuyaux. Nous y reviendrons plus tard.

Tuyau à bouche en bois. — Les tuyaux en bois sontconstruits d’après les mêmes principes que les tuyauxen métal, seulement ils sont à section rectangulaire; lopied, au lieu d'être conique, a la forme d’un bloc à peuprès cubique; la base inférieure de ce bloc porte unconduit cylindrique P qui sert à amener le vent. L’airsort du pied par une fente étroite qui est la lumière etvient se briser contre la lèvre supérieure dont le trau-chant est placé au-dessus. Le corps du tuyau s’élèveperpendiculairement au-dessus du pied, sous la formed’un prisme creux à section rectangulaire, et c’est laface antérieure de ce prisme qui est raccourcie et cou-pée en plan incliné pour former la lèvre supérieure dutuyau.

La construction des tuyaux en bois est facile à com-prendre , elle s’exécute ainsi qu’il suit. On prendquatre planches de longueur et de largeur convenables,puis un bloc de bois destiné à former le pied. On en-taille ce bloc à l’aide de la scie et du ciseau, de façon àce qu’il soit ouvert par devant et par les côtés ; on as-semble ensuite sur ce bloc trois des planches qui doi-vent former le tuyau, et on a alors une gouttière rec-tangulaire présentant à l’une de ses extrémités une

cavité prismatique dont le fond et deux parois sontformées par la matière du bloc, et les deux autres paroispar la prolongation des parois du tuyau.

La quatrième planche est ensuite entaillée à l’une doses extrémités de manière à former la lèvre supérieuredu tuyau; on l’assemble avec les trois autres planches.Enfin on adapte sur la partie ouverte du bloc une lamerectangulaire de bois épais, c’est cette lame qui faitl’office de lèvre inférieure. 11 faut avoir soin, avantde fixer définitivement la lèvre supérieure, de creuser,tant dans cette lèvre que dans la partie du bloc qui jouele rôle de biseau, un sillon qui permette à l'air de s’é-chapper et serve ainsi de lumière. Enfin quand le tuyauest terminé on en perce le fond et on y ajuste lapartie cylindrique du pied. Il arrive souvent que lesfacteurs ajustent la lèvre inférieure avec des vis en in-terposant dans le joint une bande de peau; de cettemanière il est plus facile de corriger les imperfectionsdu tuyau. Quelquefois même la lèvre supérieure et lalèvre inférieure sont réunies en une seule pièce que l’onrapporte de la même manière sur tuyau:

Dans les petits tuyaux l’ajustement des parois se faitpar simple juxtaposition avec interposition de colleforte. Danslesgrands il est utile de pratiquer dans le boisdes feuillures, de façon que les diverses parties rentrentles unes dans les autres afin de mieux en assurer l’a-justement. On peut aussi consolider le tuyau en collantà la partie supérieure un ruban de fil que l’on enrouleautour du tuyau. Cette précaution est surtout utilepour les bourdons ou tuyaux bouchés. En effet, on sesert, pour boucher la partie supérieure de ces tuyaux,d’un tampon en bois garni de peau, que l’on enfoncedans le corps du tuyau de manière à le réduire à lalongueur convenable, et on conçoit que la pressionexercée latéralement par ce tampon peut avoir poureffet de faire éclater le tuyau.

Les anciens facteurs conseillaient de construire lestuyaux en chêne; aujourd'hui on a généralement l’habi-tude de les faire en sapin, seulement on réserve le chênepour la bouche. On a soin, du reste, de protéger lebois par une couche de peinture.

Division des jeux à bouche. — Les divers tuyaux quenous venons de décrire sont groupés dans l’orgue parsérie chromatique de 54 notes au plus, qui constituentchacune un jeu. Tous les tuyaux d’un même jeu doi-vent être embouchés de façon h présenter dans leursonorité une continuité de timbre aussi parfaite quepossible. Les facteurs ne s’assujettissent pas à unohomogénéité complète dans la sonorité d’un même jeudepuis le grave jusqu’à l’aigu. En effet, dans l’orgue,comme dans tout instrument à clavier, les diversesparties de l’échelle des sons ne sont pas appelées àjouer le même rôle; les unes serviront de base àl’harmonie, les autres devront faire ressortir le chant.On doit donc, dans toute l’étendue d’un jeu, faire va-rier les proportions des tuyaux d’une manière con-tinue, tout en se réservant de modifier dans certainesparties du jeu la loi suivant laquelle se fait le décrois-sement des diverses dimensions.

Les jeux sont ordinairement désignés d’après lalongueur du tuyau le plus grave qui est ordinaire-ment un ut. Les jeux ouverts sont en allant du graveà l’aigu. La flûte ouverte de trente-deux pieds, cellesde seize pieds, de huit pieds, de quatre pieds, de deuxpieds. A côté de ces jeux se trouvent les jeux bouchésde même intonation, dont la longueur est moitiémoindre. Ce sont le bourdon de trente-deux pieds duflûte bouchée de seize, le bourdon de seize pieds ou flûtebouchée de huit, le bourdon de huit ou flûte bouchéede quatre pieds.

Ces divers jeux, suivant leur taille et la manièredont ils sont embouchés, suivant la pression du vent,