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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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ART INDUSTRIEL.

I il)

toutes ses bizarreries, il est vrai, mais avec toute sa nouveauté el sa hardiesse : lesmontres, les châtelaines, les tabatières étaient couvertes de sculptures repoussées,émaillées, brillantes de pierreries; ce n'étaient (pie guirlandes, Amours, coquilles etrocailles contournées, ciselées en relief ou gravées, ouvrages peu classiques assuré-ment, mais d'une composition aussi animée qu'elle était, diverse, et parfaitement,combinée pour déployer toutes les ressources du talent d’artistes maintenant inimita-bles. Le piqué sur écaille, formé de petits clous d'or réunis en dessins, était empruntéà la Chine , dont l'art européen ne dépassa jamais les prodiges d'adresse et de patience.

Sons Louis XVI , la bijouterie moins productive devint froide et avare d’ornements.Comme dans les antres arts, l’exagération que l’on répudiait fut abandonnée poursuivre une voie tout opposée. Les plus beaux bijoux étaient ornés d’émaux unis ettransparents, bleus, gris de fer, opalins ; les boites en écaille noire, doublées d’or,étaient ornées de portraits ou de miniatures sur vélin. La bijouterie courante se com-posait de médaillons en losange avec des gouaches sous verre, entourés de perles, oubien de colliers à plaques réunies par des chaînons polis.

STYLES ÉTRANGERS.

Les Orientaux ne représentant jamais en relief le corps humain, les animaux, cal-cula leur (>st, interdit, par la religion de Mahomet , n'ont, pas de statuaire; mais ilsrecherchent le luxe de l'orfèvrerie et des pierres précieuses, qui semble tout à faitconvenir à l'éclat, des décorations de l'Orient.

Parmi les produits remarquables do ce genre, nous citerons en premier lieu l’or-nement des armes, luxe principal de ces nations belliqueuses au temps de leursplendeur. Nous en donnons un exemple curieux dans la représentation d'armes desMamelucks, ces souverains de l’Egypte . Nous reviendrons plus loin sur cette questionen sucrant, au sujet de l’emploi fait aujourd'hui des procédés pour damasquiner etautres qui nous viennent de l’Orient et. de l’Inde, le savant rapporteur de l'Expositionde Londres , M. le duc de Luynes.

La statuaire parait peu développée chez les Chinois et les Indous ; nous ne connaissonsleur art que par d'affreuses pagodes, ou des figures de peu de valeur. Il n’en est pas demême de l'orlèvrerie chez ces derniers, l'Exposition de 1855 nous eu présente deséchantillons remarquables; on sent que les moyens d’exécution sont peu avancés,mais le goût d’ornementation est toujours extrêmement remarquable.

On doit surtout remarquer les filigranes, genre (1e bijouterie exécutée avec des filsd’or ou d’argent, qui est né dans l'Inde et s'est, propagé dans l'Orient,. Ainsi l’expo-sition a montre des boites, des paniers, des bijoux en filigrane, couvert d’étoiles, derosaces, d’ornements de tout genre. C'est, le bijou fabriqué à profusion par les in-dustrieux ouvriers chinois, qui savent le fabriquer depuis bien des siècles avec unerare perfection. Le travail matériel ne laisse rien à désirer; les soudures sont par-faites, et ce n'est pas un petit, mérite, car le bijou en filigrane présente beaucoup de