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Sauf ccs derniers mots où maistre Estienne de la Roche a remplacé Ta formecorrecte « Algorisme » employée par Nicolas Chuquet , par la forme incorre-cte, « argorisme », les deux passages sont identiquement les mêmes.
Dans un Mémoire présenté a TAcadémie des sciences le 6 septembre 1841, M..Chasles , eu parlant du principe de la multiplicité des racines d’une équationde second degré, dit (î):
« Ce principe est exprimé- bien formellement dans le traité d’AI-» gèbre d’Etienne de la Roche, composé en 1520, dont j’ai parlé dans mon Mémoire pré-» cèdent ( Comptes rendus, t. XII. p. 572). L’auteur s’exprime ainsi: « Loudoit scavoir que» » les raysons qui se font parce canon ont pour la plus part double response. Car quant» » la racine de la reste est adjoustee a la moytie du moyen elle produit uug nombre» » Et quant elle est soubstraicte elle en présenté ung autre qui tous deux ont les pro-» » prietes quils convient avoir. Et pour tant peult on prendre lequel que Ion veult. » ».
Le passage que M. Chasles cite ici du traité ci—dessus mentionné d’Estienne dela Roche, se trouve dans l’édition de 1520 de ce traité ainsi ( 2 ) :
« ([” Lon doit scauoir que tes raysons qui se font par ce canon | ont pour la plus part dou-» ble responce. Car quant la Racine de la reste est adioustée ala moytie du moyen | elle» produyt vngnôbre. Et quant elle en est soubstraicte | elle en présente vngaultre qui tous» deux ont les proprietez quilz conuîent auoir. Et pour tant peult ou prendre le quel que» lon veult » (3).
Or, si j’ouvre le manuscrit de Nicolas Chuquet , j’y lis (4) :
t( (f Lon doit scauoir que les raisons qui se font par ce canon» ont pour la pluspart double response. Car quant la R.*
» de la Reste est adioustee a la moittie du moyen elle pro» duyt vng nombre. Et quant elle en est soustraicte elle» en pfite vng ault.® qui tous deux ont les propetez quilz» conuient auoir et pourtant peult on prandre lequel» que lon veulx. »
Cette citation et la précédente ne suffisent-elles pas pour faire reconnaître ?Mais continuons, et voyons comment travaille Estienne de la Roche , quandil sort de son rôle de copiste, Nicolas Chuquet énonçant un problème à ré-soudre, s’exprime ainsi (5) :
« Plus Je veulx trouuer deux nombres telz que adiostez» ensemble facent .10. Et multipliez lung par laultre» montent .10. »
> a lesdroit de sa semblable : £ de la multiplication faicte en resuite vng aultre nombre contenant
> entièrement le nombre multiplie autant du fois quil y» de unitez au nombre multipliant: ou contenant le nô
« bre multipliant autant de fois quil y a de vnitez au nombre multiplie.
» jj^ltem plus est necessaire de scauoir tout de cueur la multiplication dune chascune dus . 10 . figures parsoy
> mesme: £ aussi par vne chascune des aultrès,l.aqllechose est appellee le petit liuret de argorisme 3 est escript
> en la psente pagine de cest fueillet. a
(1) COMPTES RENDUS U HEBDOMADAIRES || DES SÉANCES || DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES , || PUBLIÉS 11CONFORMÉMENT A UNE DÉCISION DE l’aCADÉMIE || En date du 13. Juillet 1835. Il PAR MM. LES SE-CRÉTAIRES perpétuels || tome treiziéme.||juillet-décembre 1841, etc., page 504 , lig. 33—37,page 505, lig. 25—26. — histoire de l’algèbre I. Sur l’cpoque où l’Algèbre a été introduite enEurope . — IL Sur les expressions res et census. Et sur le nom de la Science, Algebra et Almu-ebabala Par M. Chasles. (Extrait des Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences , séancedu 6 septembre 1841), page 8, lig. 22—28.
(2) Larismethique nouellement composée par || maistre Estienne de la roche dict Villefrâcbe, etc.,Fo. 68, recto, lig. 45—49.
(3) Ce passage se trouve dans l'édition, intitulée : « Larismetique fa Geometrie de maistre jfy> Estienne de la Roche dict Ville Fran||che », etc. (Fo. 47, verso lig. 7— 10 ) ainsi:
c Lon doit scauoir que les raisons qui se font par ce eanon, ont pour la plus part double respouce: car quant* la racine de la reste est adioustee a la moytie du moyen: elle produit vng nombre: et quant elle en est soustrai-s cte : elle en présente vng aultre qui tous dent ont les propriété® quil conuient auoir. Et pourtant peult ou.
» prendre lequel que lon veult. *
(4) Fonds Français, n° 1346, feuillet numéroté 139, recto, Tig. 17—23.
(5) Fonds Français, ».* 1346, feuillet 139, verso, lig- 32—33, feuillet 140, recto, lig. t.