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Le triparty en la science des nombres / par Nicolas Chuquet ; publié par Aristide Marre
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écorce étrangère. La première pensée du quinzième siècle et son premiertravail durent donc être daffranchir la science , en lui créant, en lui don-nant une expression plus simple et plus familière (1).

Le Triparty en la Science des nombres de Nicolas Chuquet est écrit enfrançais , dun style pur, clair et concis, qui en fait un modèle de style ma-thématique; et a côté du mérite du fond, cette question de la forme a bienaussi son importance. Malgré les quatre siècles écoulés depuis la composi-tion du Triparty , il est digne de remarque combien peu la langue de Cnu-quet diflere de la nôtre. Un coup doeil sur le bref glossaire que nous don-nons ci-dessous, suffira pour rendre facile à tous la lecture de cet ouvrage.

Il convient dobserver, en commençant, que Nicolas Ciiuqüet nemploie dansson manuscrit ni apostrophe, ni accent aigu, grave ou circonflexe, ni cédille,ni trait dunion, ni même de ponctuation proprement dite. Il remplace géné-ralement par cion la terminaison latine tio des noms substantifs, que nousrendons en français par tion. Il évite ordinairement 1 emploi des consonnesredoublées, mais il névite pas de même les hiatus : Je oste , Je auoye pro-pose., Ce est, Si aura on, pour ainsi aura-ton. Nicolas Boileau . Parisien,navait pas encore dit dans son Art poétique (2) :

« Gardez qu une voyelle à courir trop hâtée

» Ne soit dune voyelle en son chemin heurtée. »

Tout dabord on sera frappé du grand nombre ditalianismes que renferme leTriparty en la Science des nombres, mais ce fait paraîtra tout naturel si lonréfléchit que la règle de la chose était pratiquée au XV.'siècle parmi les mathéma-ticiens italiens, plus que partout ailleurs, et qua celte époque la ville de Lyon étaiten rapports intimes avec lItalie . U11 poète toscan, nommé Rafaello Toscano, qui fitquelque séjour dans Lyon au XVI . 0 siècle, nous a conservé dans ses poésiesles noms et le caractère des cinquante-neuf principaux Italiens qui résidaientalors dans cette ville, parmi lesquels figurent Gondi, Bonvisi, Arnolfini, Sauli,Bandini, Burlamacchi, Capponi, Rinuccini, Cenami, Belizari, Caravaggio, Micheli,Torretino, la signora Giunti-Torreliua, Diodati, Buonaccorsi, Arrighi, Guidic-ctoni, etc. presque tous originaires de Lucques ou de Florence , et presquetous aussi amateurs déclarés des sciences et des arts. Rafaello Toscano adressa achacun d eux un sonnet en italien (3).

(1) TABLEAU 11 HISTORIQUE || DE LA H LITTÉRATURE FRANÇAISE 1) AU XV e ET XVI e SIÈCLES 11 PAR |)

J.-P. CHARPENTIER (DE S. t-preST ), || PROFESSEUR DE RHÉTORIQUE H AU COLLEGE ROYAL DE SAINT-LOUIS. |1 PARIS O MAIRENYON, LIBRAIRE !| QUAI CONTI, N° 13 |1 1835, pages 406 407.

(2) OEUVRES II DF. BOILE AU, |1 COU. ATION N ÊES SUR LES ANCIENNES ÉDITIONS ET SUR LES MANU-

SCRITS || AVEC DES NOTES HISTORIQUES ET I.ITTÉR Al RES || ET DES RECHERCHES SUR SA VIE, SA FA-MILLE ET SES OUVRAGES, Il PAP. M. BERRIAT-SAINT-PRIX ||TOMF. SECOND, || CONTENANT LES ÉPITRES,I.ART POÉTIQUE, LE LUTRIN 1| ET LES POÉSIES DIVERSES II PARIS. |) C. H. LANGLOIS , RUE DES GRÈS ,N° 10 [| DELAUNAY, AU PALAIS ROYAL II CRÉVOT, RUE DU BAC. N. 2 H MDCCC.XXX, page 181, lig. 7 8,

chant I, vers 107108.

(3) HISTOIRE 11 LITTÉRAIRE II DE LA || VILLE DE LYON , Il AVEC || UNE BIBLIOTHÈQUE |1 DES AUTEURS

lyonnois, H sacrez et profanes, H distribuez par siècles 11 Par le p. colonia de la Compagniede iesus. || seconde et dernière partie, pages 461462, page 463, lig. 1 2.