IV
INTRODUCTION 7 .
par suite la connaissance de la classe à laquelle clics appartenaient ne les taisait quetort peu connaître.
Mais quand de Jussieu classa les plantes en partant de la similitude de la graine, ou decelle du végétal à sa sortie de la graine, les divisions générales se trouvèrent alors renfermerdes plantes dont la nature intime était de même ordre. La classification ne servit plusalors à dresser seulement un catalogue, elle devint un moyen d'étude, en permettant deconnaître les propriétés générales d’un végétal, quand on a découvert la classe à laquelleil appartient.
CLASSIFICATION FAITE SUR LA BASE DES PROCÉDÉS INDUSTRIELS, CONSIDÉRÉS COMME
APPLICATIONS DES SCIENCES.
Le caractère fondamental d'une classification est d'ôtre utile comme moyen d’étude, etce n’est certes pas celui des divers systèmes qui précèdent, qui ne donnent que des cata-logues ne pouvant offrir qu’un intérêt de curiosité.
Ce caractère appartient Lien clairement au système que nous avons déjà fait pressentiret qui consiste à considérer les procédés technologiques comme des applications dessciences physiques, à ne pas séparer la connaissance des lois de la nature qui constitue lascience, de l’ utilisation de ces lois qui constitue les méthodes technologiques. C'est ce cm'aparfaitement expliqué M. Ampère dans son travail sur la classification des sciences.
« On distingue, dit-il, ordinairement les arts des sciences. Cette distinction est fondée« sur ce que dans les sciences l’homme connaît seulement, et que dans les arts il connaît« et exécute ; mais si le physicien connaît les propriétés de l’or, telles que sa fusibilité, sa« malléabilité, etc., il faut que l’orfévrc, de son côté, connaisse les moyens à employer pour« le fondre, le battre en feuilles, ou le tirer en fils, etc,; et, dans les deux cas, il y a éga-ie lement connaissance. 11 n’y a donc réellement, quand il s’agit de classer toutes les vérités<< accessibles à l’esprit humain, aucune distinction à faire entre les arts et les sciences ; les« premières doivent, comme les secondes, entrer dans cette classification ; seulement les« arts n’y entrent que relativement à la connaissance des procédés et des moyens qu’ils« emploient, abstraction faite de la dextérité de l'artiste, et non de l'instruction plus ou« moins complète qu’il a acquise, suivant qu'il est plus ou moins savant dans son art.
« Sous le rapport de la connaissance, tout art, comme toute science, est un groupe de« vérités démontrées par la raison, reconnues par l'observation, que réunit un caractère« commun ; caractère qui consiste soit en ce que ces vérités se rapportent à des objets de« même nature, soit en ce que les objets qu'on y étudie y sont considérés sous le même« point de vue. »
Rien de plus précis et de plus vrai que ce passage de l’ouvrage de M. Ampère ; au reste,|a liaison intime et l’influence réciproque des sciences sur les arts et des arts sur lessciences ne sauraient être douteuses pour personne; trop d'exemples l’ont démontré.Rappelons un exemple souvent cité des utiles applications qu'y trouvent souvent les spé-culations les plus abstraites.
Quand Platon et les géomètres de son école étudiaient les propriétés des courbes quel’on obtient en coupant un cône par un plan, on ne prévoyait pas que, deux mille ans plustard, Képler découvrirait l’identité de l’ellipse, une de ces courbes, avec les orbites décritespar les planètes autour du soleil, ni que Newton en déduirait la loi de l’attraction univer-selle, et donnerait les preuves les plus certaines de la liaison qui existe entre l'expressionde cette loi et les mouvements géométriques des astres. Or, la théorie do Newton, enpermettant de soumettre au calcul longtemps avant l’époque où ils doivent se produireles phénomènes astronomiques les plus complexes, a fourni à la navigation et à la géo-graphie les moyens d’observation les plus sûrs et les plus exacts. Tellement que Condorceta pu dire avec raison : « Le matelot , qu’une savante observation de la longitude préserve« du naufrage, doit la vie à nue théorie conçue deux mille ans auparavant par des hommes« de génie qui n’avaient en vue que des spéculations géométriques. »