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INTRODUCTION.
cessivement les deux surfaces, deux réfractions jdans le même sens, et peut êlre projelé fina-lement sur un écran. Outre que le faisceau estdévié vers la base du prisme, on trouve qu’ilse dilate dans le plan de réfraction et donnenaissance a une image oblongue, qui se ter-mine on mourant à ses deux exlrémilés. Cetteimage, issue de rayons primitivement blancs,étale aux yeux les plus vives couleurs, parmilesquelles on distingue les nuances suivantes :rouge , orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet.L’ordre dans lequel nous venons de les énu-mérer est constant, et toujours c’est le rougequi éprouve la moindre déviation. Tout rayonou tout faisceau de lumière blanche que l’onvoit se résoudre ainsi en une image coloréeporte généralement après sa transformation lenom de spectre. Le spectre solaire est celui quel’on forme avec la lumière empruntée au soleil.En réalité, il ne se compose pas seulement desept couleurs, mais bien d’une infinité de cou-leurs qui viennent se ranger d’elles-mêmes dansl’ordre de leur réfrangibilité.
Newton, qui a fait le premier cette belle ex-périence, en a conclu que la lumière blanchen’est pas homogène, qu’elle est composée d’uneinfinité de rayons qui diffèrent les uns des au-tres par la couleur et aussi par leur aptitude ilêtre plus ou moins déviés par la réfraction; cettedernière qualité, plus ou moins développée chezles rayons de différentes couleurs, est ce qu’onappelle la réfrangibilité. Quand un faisceau delumière émané du soleil traverse les espaces cé-lestes, ou bien pénètre dans des milieux réfrin-gents normalement a leur surface, il n’y a pasde raison pour que les diverses espèces derayons dont il se compose s’isolent les uns desautres; mais du moment où ce faisceau rencon-tre sur son passage la surface oblique d’un mi-lieu réfringent, celui-ci agit inégalement sur lesdifférents rayons, leur imprime des directionsvariées, et fait apparaître le brillant phénomènede la dispersion.
Ce qui prouve que dans son passage h traversle prisme la lumière blanche n’a été que décom-posée et non altérée, c’est qu’on peut la recom-poser en recevant le spectre entier sur une largelentille convergente ou sur un miroir concave,qui auront pour effet l’un et l’autre de réunir euun foyer les rayons de toutes couleurs et d’y faireréapparaître la lumière blanche.
Au lieu d’opérer la recomposition complète dela lumière, il est curieux de les combiner en-semble par parties seulement. On reçoit un spec-tre sur un système de plusieurs miroirs plansque peuvent prendre indépendamment les unsdes autres toutes sortes de positions; on enprofile pour recevoir sur quelques-uns d’entreeux les rayons dont on veut connaître l’effetrésultant, et l’on fait converger ces mêmes
rayons après leur ré-flexion sur un écran placéà proximité. Quand on fait concourir de la sorteen un môme lieu tous les rayons du spectre,on tombe sur une nouvelle manière de recom-poser la lumière blanche; mais si l’on par-tage tous ces miroirs en deux groupes dispo-sés pour recevoir la totalité du spectre, et sichaque groupe est orienté pour déterminer surl’écran un point de convergence, il en résulteradeux images colorées qui, réunies secondaire-ment ensemble, régénéreraient évidemment lalumière blanche. Quel que soit le mode de ré-partition des deux groupes de miroirs par rap-port au spectre, les couleurs qu’ils font naîtresont dites complémentaires, l’une par rapport àl’autre; et eu général on nomme ainsi deux cou-leurs susceptibles, par leur réunion, de donnerdu blanc, quelle que soit d’ailleurs leur origine.
Les teintes formées d’une partie des rayonscolorés, toutes variées qu’elles soient, ne se for-ment pas au hasard, elles obéissent à des loisdéterminées. Cela est si vrai qu’après avoir ré-pété un grand nombre de fois ces sortes d’ex-périences, on finit par acquérir la notion con-fuse de ces lois, et qu’on peut prédire à l’avancequel sera le résultat du mélange de tels ou telsrayons. Mais, pour arriver h la précision, onrencontre un obstacle insurmontable dans l’im-possibilité absolue d’évaluer numériquement nossensations visuelles. Combien donc ne doit-onpas admirer que Newton ail pu formuler unerègle empirique que nous avons rapportée à l’ar-ticle Contraste des couleurs, à l’aide de la-quelle il est permis de prévoir, comme par lefait d’une très grande habitude, les effets résul-tant d’un mélange de rayons donnés!
Couleurs propres des corps. — Puisque toutesles couleurs existent dans la lumière blanche,on admettra sans peine que les corps de la na-ture lui empruntent les teintes qui les distin-guent les uns des autres. Ceux qui renvoient in-distinctement tous les rayons tombant a leursurface sont pour nous des corps blancs, telsque le papier, la neige, et généralement tous lescorps transparents et incolores, réduits en pou-dre fine ou en filaments déliés. Les corps noirs,au contraire, sont ceux qui absorbent égalementet en abondance toutes les espèces de rayons;leur présence au milieu d’autres objets quirayonnent plus vivement fait naître celte sortede contraste que l’on rapporte ordinairement àla couleur noire. Mais les corps qui absorbentcertains rayons préférablement aux autres nous )paraissent doués de la teinte complémentaire decelle que formeraient les rayons absorbés; ainsil’on peut être assuré, en voyant un corps rouge,qu’il absorbe le vert, et, réciproquement, queles corps jaunes absorbent le violet, et les violetsle jaune. On en acquiert la certitude en prome-nant dans le spectre des corps remarquables