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XLIII
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PHYSIQUE.

X 1,1 II

par une couleur franche; on les voit alors deve-nir très lumineux quand ils sont plongés dansles rayons qui présentent le plus d’analogie avecleur teinte propre; dans les autres parties duspectre, ils paraissent presque noirs, cl le peu delumière qu’ils réfléchissent est toujours iden-tique pour la couleur aux rayons éclairants, etn’est aucunement influencé par la teinte propredu corps.

Les milieux Iransparents et diversement colo-rés présentent des phénomènes analogues. Quandune substance transparente et incolore, commele verre, l’eau, le cristal de roche, est placéecomme écran sur le trajet des rayons qui com-posent un spectre, celui-ci reste inaltéré. Mais sila substance est fortement colorée, soit en rouge,en bleu ou en vert, le spectre en la traversant sedépouille de certaines couleurs et conserve avecune intensité prédominante celles que l’on re-connaît à l’oeil dans la substance interposée;autrement dit, un verre ronge, vert ou bleu esttransparent pour le rouge, pour le vert ou pourle bleu, et se montre au contraire plus ou moinsopaque pour les autres couleurs.

Achromatisme. — Achromaliser un rayon delumière qui a élé dispersé par la réfraction, c’estle recomposer dans son étal primitif sans annu-ler sa déviation.

Si on réunit deux espèces de verre nomméesCrovvn-glass et Klint-glass, le dernier produisantune dispersion bien plus forte que le premier,on conçoit que, par des épaisseurs et formesconvenables, on pourra conlre-balancer la dis-persion. toutefois, la recomposition de la lu-mière n’est jamais obtenue, complètement aumoyen des verres que l’on possède ; l'achro-matisme n’est jamais parfait : cela lient à ceque les spectres obtenus par les prismes decrovvn et de flint ne sont pas entièrement super-posables. Certaines couleurs sont plus dilatéesdans l’un, plus contractées dans l’autre; cesspectres sont, comme on dit, irrationnels. Quandl’achromatisme a élé obtenu aussi parfaitementque possible, c’cst-ii-dire quand les rayonsronges et violets ont été ramenés au parallé-lisme, les rayons intermédiaires conservent unepetite divergence qui devient sensible à grandedistance.

Double réfraction.

Nous avons supposé que les substances h tra-vers lesquelles passait la lumière pour se réfrac-ter étaient composées de molécules équidistanteset par suite exerçant une action égale sur la lu-mière. Il n’en est pas ainsi pour la plupart dessubstances cristallisées, et alors la loi de laréfraction est plus compliquée que la loi deDescartes. Lorsque la forme primitive élémen-taire du cristal dillère du cube ou de l’octaèdrerégulier, un rayon lumineux en pénétrant dans

le milieu cristallisé se décompose en deux fais-ceaux différents; l’un de ces faisceaux suit la loiordinaire, et l’autre une loi toute différente, lors-que la forme primitive est un polyèdre semi-régulier, comme un rhomboïde, un octaèdreisocèle ;i base carrée; ces deux faisceaux suiventtous les deux des lois nouvelles quand la formeprimitive est un polyèdre tout h fait irrégulier.

Les cristaux dans lesquels on observe la dou-ble réfraction forment ainsi deux classes dis-tinctes. Si l’on taille une face plane dans uncristal de l’une ou l’autre classe, un rayon lumi-neux qui y tombera perpendiculairement se di-visera, en général, en deux faisceaux ; mais pourun cristal de la» première classe il existe uneseule direction particulière de la face plane, parlaquelle le rayon incident normal pénètre sansse diviser. Pour un cristal de la deuxième classe,il y a deux directions qui jouissent de celle pro-priété. La normale à la face particulière d’uncristal doublement réfringent pour laquelle cettepropriété est observée, ou la direction suivie parle rayon incident normal non divisé, est appeléeun axe de double réfraction. C’est pour cela qu’ondonne aux deux classes différentes de cristaux,jouissant de la double réfraction, le nom de cris-taux a un seul axe et celui de cristaux à deuxaxes.

Parmi les cristaux h un seul axe on doit par-ticulièrement distinguer la chaux carbonatéc,connue sous le nom de spath d’Islande : c’est lasubstance la plus usitée dans les expériences.

Polarisation.

Lorsqu’un rayon lumineux incident normaltraverse un cristal a un seul axe doublement ré-fringent, et a faces parallèles, il s’y partage endeux rayons réfractés d’inégale intensité. Si lesdeux rayons émergents de ce premier cristal sontreçus sur un attire cristal h faces parallèles, aussidoublement réfringent, chacun d’eux s’y bifurqueencore en deux autres, en sorte qu’il y a quatrerayons émergents du second cristal. Si donc onregarde un objet à travers les deux cristaux, onverra, en général, quatre images de cet objet.Mais si l’on fait tourner le second cristal, en lais-sant le premier fixe, on n’apercevra plus quedeux images dans quatre positions rectangu-laires pour lesquelles les deux sections princi-pales sont parallèles ou perpendiculaires entreelles.

L’intensité de lumière de ces quatre imagessera très différente, si ce n’est pour certains an-gles; d’où l'on doit conclure que la lumière quia traversé un cristal bi-réfringent a acquis despropriétés nouvelles et qui la distinguent de lalumière naturelle.

Celle-ci peut acquérir ces propriétés nouvellesaprès une simple réflexion sur des corps polis,sous de certaines incidences.