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INTRODUCTION.

II. CHIMIE INDlSriUEU.I'..

La chimie étant une science de fails qui enre-gistre les modilicalions, les combinaisons mu-tuelles des corps qui agissent les uns sur lesautres, scs résultats sont presque tous applica-bles h l’industrie; il n’y a vraiment d’exceptionque pour les corps qui ne se rencontrent quedans les laboratoires, qu’on ne sait pas encorepréparer à des prix peu élevés, qu’on ne rencon-tre pas par suite en quantités considérables.Non-seulement les résultats de la chimie sont pres-que tous applicables a l’industrie, mais encorec’est toujours immédiatement qu’ils peuvents’appliquer. Ce qu’on appelle chimie est le plussouvent une véritable science d’ingénieur, lascience pure se réduisant en réalité il un bienpetit nombre de théories, analogues à celle deséquivalents.

Malgré cette observation, les faits plus spécia-lement applicables dans certaines séries indus-trielles sont assez nombreux pour constituer devéritables sciences d’ingénieur, peu différentesde la chimie pure, mais assez considérables pourfaire l’objet des études spéciales des ingénieursqui en poursuivent les applications. Nous allonsles passer en revue.

Métaux.

L’élude des substances minérales qui se ren-contrent dans l’intérieur de la terre, forme lesconnaissances les plus importantes basées sur lachimie.

La géologie se rattache h la fois à la géographiephysique, quant a l’élude des lieux où certainessubstances sont déposées sur le globe, et à lachimie, quant à l’etude de la nature de ces sub-stances. De l’observation, elle permet de déduiresûrement (et indépendamment des hypothèsespar lesquelles ces résultats peuvent s’expliquer)s’il est possible de rencontrer une couche d’uneespèce de terrain sous une autre que l’observa-tion fait connaître; les diverses espèces de ter-rain se succédant toujours dans un ordre déter-miné par l’observation ; non qu’elles se rencon-trent nécessairement toutes, mais h ce point devue seulement que les inversions dans l’ordrede la succession sont impossibles. Ces beauxrésultats, qui permettent de conjecturer comments’est formée l’écorce du globe, constituent unordre de connaissances tout à fait fondamentalpour l’ingénieur des mines.

La minéralogie a surtout pour objet la classi-fication et la description des minéraux et, commeles sciences naturelles dont elle fait partie, ellepermet de reconnaître par l’inspection la placeque les corps étudiés occupent dans une clas-

silication et par suite leur nature. Nous avonsdéjà parlé de la cristallographie qui fournit lesmoyens les plus précieux d’atteindre ce résultat.Mais, comme nous l’avons déjà dit en traitant dela chimie, celte science fournil à la minéralogiela connaissance des éléments qui composent leminéral, de telle sorte que les progrès de celle-ciont fait négliger les méthodes spéciales de laminéralogie pour réduire à de véritables ana-lyses les essais qui permettent de fixer la natured’un minéral.

Métallurgie, docimasie. — Le but principaldes connaissances dont nous venons de parler,est d’arriver à l’extraction des métaux enfouis leplus souvent à l’état de combinaisons chimiquesdans les entrailles de la terre. La préparation duminerai, les opérations chimiques qu’on lui faitsubir dans l’industrie, forment l’objet de la mé-tallurgie; les opérations analogues faites sur unepetite échelle et par suite sans qu’il y ail alorsà s’occuper du prix de revient, pour juger desprocédés, étudier les dosages des substancesdiverses, constituent la docimasie.

Les opérations métall urgiques (en dehors de lapartie mécanique qui constitue une applicationde la science des machines) consistent essen-tiellement en un certain nombre de combinai-sons et décompositions chimiques, et surtoutd’oxydations et désoxydations. 11 n’y a donc riend’étranger à la chimie proprement dite, dans lesméthodes employées, mais seulement une appli-cation variée d’éléments déterminés, dans desconditions particulières, qui eu rendent l’éludeindispensable pour l’ingénieur des mines.

Métalloïdes — Corps organisés. — Les sectionsqui précèdent sont les seules qui, fondées sur lesconnaissances chimiques, aient été constituéesen un corps de doctrine formant science appli-quée. Ainsi les opérations qui s’exécutent surles métalloïdes et qui sont en grande partie dudomaine du fabricant de produits chimiques neforment pas un corps spécial de doctrine, bienque des observations importantes soient à noterpour la fabrication sur une grande échelle. Il enest de même pour l’exlraclion des produits durègne organique, du sucre, par exemple, bienque les usines soient le plus souvent établies parde véritables ingénieurs-chimistes.

Une exception doit être faite pour la teinture.Bien que reposant aujourd’hui sur les théorieschimiques, l’art de la teinture est bien loin den’avoir recours qu’à des théories complètes.Bien des recettes empiriques, des tours de mainparticuliers y sont nécessaires, et l’ensemble deces connaissances peut, à bon droit, être consi-déré comme constituant une science de l’ordre decelles que nous appelons sciences d’ingénieur.