Band 
A-F.
Seite
LIII
JPEG-Download
 

BIOLOGIE.

lui

VI. BIOLOGIE.

Les phénomènes île l'univers, considérés dansleur ensemble, peuvent êlre divisés en deuxgrandes classes principales : la première ren-ferme tous les phénomènes des corps bruts, laseconde tous ceux des corps organisés.

Les premiers ne dépendent que des faits géo-métriques et mécaniques, ou au moins les phé-nomènes peuvent êlre compris comme réducti-bles aux notions fondamentales sur lesquellesreposent ces sciences ; les seconds sont pluscompliqués que les précédents et dominés pareux. Les propriétés dynamiques des élémenlsanatomiques, dites propriétés vitales, diffèrentde celles des corps bruts, ou plutôt la compli-cation des causes de tout genre qui concourentà la production de chaque phénomène cl à leurmodification incessante fait que les relations ob-lenues sous la forme habituelle des premièressciences ne sont que secondaires et tout à faitinsuffisantes pour l’explication du développe-ment des phénomènes.

La différence capitale qui existe entre ces deuxordres de phénomènes réside dans cet élémentnouveau qu’on rencontre dans les corps organi-sés qu’on appelle la Pie, et qu’il importe d’abordd’analyser.

On donne le nom de vie au double phénomènedu mouvement moléculaire, à la fois général et \continu, de composition et de décomposition, que \présentent les corps organisés placés dans un mi-lieu convenable.

Celte définition est l’énoncé du seul phéno- [mène absolument et rigoureusement commun h ;l’ensemble de tous les êtres vivants; elle necom- Iprend pas la division habituelle de la vie tn or- iganique et en animale, parce que la vie animale :n’est qu’un simple perfectionnement complé- jmentaire surajouté chez certains êtres h la vieorganique ou vie fondamentale. i

Pour les actes fondamentaux dont la succès- 'sion perpétuelle caractérise la vie, la science descorps vivants se subordonne d’une manière di- jrecle et complète à la chimie, a plus forte raison !h la physique dont relèvent les conditions quirendent possibles les réactions chimiques. Ils |sont, en effet, nécessairement chimiques, puis-qu’ils consistent en une suite continue de com- ipositions et de décompositions plus ou moins :profondes. Au moment où a lieu une combinai- ,son chimique quelconque, il se passe réellement :quelque chose d’analogue îi la vie, mais aveccelle différence que le phénomène est instantanéici et cesse dès qu’il est produit ; tandis que dans !tout organisme placé dans un milieu couvena-.

ble, il se renouvelle continuellement parcellelutte régulière et permanente entre le mouve-ment de composition et celui de décomposition.

Il est même quelques cas en chimie où cer-taines circonstances de structure (quelque peuanalogues à celle des corps organisés) détermi-nent des réactions énergiques qui n’eussent puse produire indépendamment de cette structureparticulière, tels sont celles que font naître l’é-ponge de platine et certains corps poreux.

Tout corps organisé placé dans un milieu con-venable a la propriété de présenter le double phé-nomène général qui caractérise la vie, lequel semanifeste par la nutrition ou accroissement, etle décroissement de ses éléments anatomiques.Ce sont là les propriétés vitales les plus géné-rales de ces élémenls, propriétés variables pourchaque élément anatomique distinct. Ce sont au-tant de propriétés vitales élémentaires et spécialesinhérentes à chaque élément des tissus.

Connaissant donc :

1° 1 .'élément anatomique, c’est-à-dire les der-niers corps nettement déterminés auxquels onpuisse ramener les tissus organisés par sépara-tion mécanique ou isolement successif des tissusqui les constituent (I); ils possèdent un ensemblede propriétés physiques qui leur sont tout à faitpropres;

2° Le tissu composé par l’enchevêtrement deséléments anatomiques,

On est amené à considérer :

3° Les systèmes, ou l’ensemble des parties for-mées d’un même tissu;

•i° Les organes qui sont des instruments con-stitués par un ou plusieurs tissus prenant uneforme spéciale appropriée à ieur distinction;

5° Enfin, les appareils formés par une cer-taine disposition réciproque des organes consti-tuants, conformément, d’une part, à la fonctionqu’ils ont à remplir, et, d’autre part, au milieudans lequel celle-ci s’exécute.

D’après ce qui précède, on peut reconnaîtreque le but de la biologie doit êlre de chercher àrattacher constamment l’un à l’autre dans cha-que cas déterminé le point de vue anatomiqueet le point de vue de la fonction, le milieu dontl’étude appartient aux sciences physiques étantsupposé connu.

La biologie est donc la science qui étudie les.

(I) C’est surtout le mode de groupement des principes-immédiats, d’oii résultent les cléments anatomiques dansles corps organisés, et la forme primitive de chaque typecristallin dans les corps bruts, qui distingue ceux-ci des-corps organisés.