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ACIDE ACETIQUE .

ACIDE ACÉTIQUE .

Les produits de la distillation se rendent par le tuyauen tôle [/, dans l’appareil de condensation qui se com-pose. de quatre tuyaux horizontaux placés les uns au-dessus des autres, réunis par des coudes, et enveloppésde manchons en tôle ü..., dans lesquels on fait conti-tinuellemcnt circuler un courant d’eau. Cet appareil estsoutenu par une charpente en bois hh. L’eau froide ar-rive d’un réservoir A, et se rend par le tube l en m dansle manchon inférieur, puis passe successivement dansles autres manchons parles tubes verticaux 0 , 0 , 0 , et s’é-chappe enfin bouillante, par le tube recourbé p. Lesproduits condensés de la distillation, tombent par leconduit q dans le premier réservoir r, tandis que les gazinflammables sc rendent par le conduit muni d’unevalve régulatrice, sous le cylindre a ; de sorte qu’il n’estbesoin de charger du combustible sur la grille, qu’aucommencement de l’opération, la chaleur produite parla combustion des gaz non condensés étant ensuite suf-fisante pour achever la distillation. On laisse refroidirle charbon de bois pendant cinq à six heures, et on leretire ensuite par une porte pratiquée au bas du cylindre«.et correspondant à l’ouverture u du fourneau. Chaquestère de bois de sapin soumis à la distillation donne5 hectolitres d’acide pyroligneux brut. Cet acide est trèsfortement coloré en brun, très chargé de goudron etmarque 5° à l’aréomètre de Baume. Il reste dans lacornue environ 220 kilogrammes de charbon de bois, eton consomme sur la grille 1 stère de fagots et menusbranchages. Les 5 hectolitres d’acide brut, purifiés parplusieurs distillations successives, donnent 40 kilogr.de goudrons, et 375 litres d’acide pyroligneux propre àêtre livré au commerce et contenant 7 p. 100 d’acideacétique anhydre.

Les differentes qualités de bois employés dans cetteopération donnent à peu près les mômes produits enacide; mais il n'en est pas de meme relativement aucharbon ; celui-ci est d’autant meilleur que le bois em-ployé est plus dur ; et l’on a remarqué que le bois qui aété longtemps exposé àl’air donne un charbon de moinsbonne qualité que celui qui a été carbonisé peu de tempsaprès qu’il a été coupé.

L’acide brut obtenu a une couleur brune rougeâtre.11 tient en dissolution une certaine quantité d’huileempyreumatique et de goudron qui se sont formés pen-dant la distillation ; une autre portion de ces produitsy existe aussi à l’état de simple mélange. Celle-ci peuten être séparée en laissant reposer et décantant. Nousavons dit plus haut que l’appareil de distillation se ter-minait par un réservoir souterrain, où tous les produitsvont se rendre et se mêler.

L’acide pyroligneux est séparé par décantation dugoudron non dissous, et transporté dans de grandeschaudières en tôle, où on le sature, soit avec de lachaux vive, soit avec de la craie. Pendant la sa-turation, il se sépare une nouvelle quantité de gou-

dron sous la forme d’écumes, qui viennent nagerh la surface du bain, et que l’on retire avec des écu-moires. On laisse ensuite reposer; puis on décantela liqueur qui surnage. On fait ensuite évaporer 1 hdissolution saline ainsi clarifiée jusqu’à ce qu’elle aitatteint une densité de 1 ,114 (15 ü de l’aréomètre deBaumé) ; on y ajoute alors une dissolution saturéede sulfate de soude. Il se précipite du sulfate dechaux, et il reste en dissolution de l’acétate desoude. Dans quelques manufactures, au lieu desuivre ce procédé, on dissout le sulfate de soudedans l’acide pyroligneux chaud, qu’on satureensuiteavec de la craie ou avec de la chaux. Par ce moyen,on n’a pas besoin d’employer de l’eau pour dissou-dre le sulfate, et par conséquent on obtient une dissolution suffisamment concentrée sans avoir besoinde l’évaporer. Dans les dcuxmodesd’opérer, on laissedéposer le sulfate de chaux, puis on décante ladissolution d’acétate de soude qui surnage. Le résiduest lavé à part; les premières eaux de lavages sont re-passées avec la dissolution d’acétate de chaux, et lesdernières servent à laver une première fois de nouveauxrésidus. On évapore ensuite la dissolution d’acétate desoude ainsi obtenue, jusqu’à ce qu’elle ait atteint unedensité de 1,225 ou de 1,23, selon la saison. On laverse ensuite dans de grands cristallisoirs, d’où l’ondécante les eaux-mères après trois ou quatre jours, sc-ion leur capacité, et l’on obtient de premiers cristaux,fortement colorés et très volumineux, se présentant sousla forme de prismes rhomboïdaux. Les facettes de cescristaux sont très polies et leurs arêtes très vives. Leseaux mères sont soumises à des évaporations et à descristallisations successives, jusqu’à ce qu’elles ne don-nent plus de cristaux ; puis, en les évaporant à sec etcalcinant, on obtient du carbonate de soude.

Pour éviter d’établir d’une manière conjecturale lesproportions des matières à employer, ce qui est tou-jours préjudiciable, tant par suite de la perte de tempsqui en résulte, qu’à cause des mauvais résultats que lestâtonnements ne peuvent manquer de produire, on doitdéterminer d’avance, expérimentalement, les quantitésabsolument nécessaires pour la décomposition récipro-que, spécialement quand on change l’acide acétique ou lesulfate de soude précédemment employés. Mais il faut re-marquerque, quelles que soient les précautions que l’onprenne, il se perd toujours unequantité notable de sulfatede soude et d’acide acétique ; cela tient à ce qu’il restetoujours une certaine quantité d’acétate de soude oude chaux avec le sulfate de chaux qui se précipite.Celui-ci, de son côté, n’est pas entièrement insoluble,de sorte qu’il y en a toujours une certaine quantité quise concentre dans les dernières eaux mères, et qui, parl’évaporation et la calcination, donne naissance à unequantitécorrespondantede sulfate de soude, qui se trouvemélangé avec le carbonate de soude provenant de ladécomposition par la chaleur, de l’acétate de soude ; etlorsqu’on reprend ce carbonate impur par l’eau, il resteun résidu de carbonate de chaux. On pourrait supposerqu’en torréfiant convenablement l’acétate de chaux, ondétruirait complètement l’huile empyreumatique aveclaquelle il se trouve mélangé; mais cela n’est pas. Quel-ques manufacturiers préfèrent fabriquer l’acétate dosoude par une saturation directe de l’acide par l’alcali,et ils pensent que le prix plus élevé de cette dernièresubstance est plus que compensé par l’économie detemps et de combustible que ce procédé procure.

On purifie aisément l’acétate de soude par des cris-tallisations répétées ou par la torréfaction ; ce dernierprocédé, lorsqu’il est bien conduit, le débarrasse com-plètement des moindres particules de goudron. Cettetorréfaction, à laquelle on peut donner le nom de fu-sion, exige beaucoup de soin et de dextérité. On la faitordinairement dans des chaudières eu fonte, peu pro-